Les quadistes veulent établir leur kilomètre zéro à Sainte-Adèle



Éric-Olivier Dallard
Publié le 8 Février 2008
Publié le 20 Octobre 2010
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Sujets :
Association Tourisme Laurentides , Fédération québécoise des clubs , FQCQ , Québec , Sainte-Adèle , Route des Laurentides

L’organisme Loisirs Laurentides cherche l’appui des gens d’affaires de la région pour concrétiser le sentier permanent de véhicules hors route exigé par Québec. Le tracé envisagé prendrait naissance à la sortie du Mont-Gabriel. Certains rêvent même d’y installer le plus gros centre de location de quads au Québec.

L’invitation de mardi a eu peu d’écho dans la communauté d’affaires. En effet, moins d’une dizaine de personnes étaient présentes à la rencontre. Tour à tour, les délégués de la Table de concertation sur les véhicules hors route des Laurentides (TCVHRL) ont tenté de les convaincre de la nécessité d’établir un tracé qui relierait une fois pour toutes les axes est-ouest et nord-sud. «L’ancien conseil de ville de Sainte-Adèle a rejeté notre projet du revers de la main, a lancé Gabriel Moreau, membre de la Table et directeur régional de la Fédération québécoise des clubs de quads du Québec (FQCQ). Ayez une ouverture d’esprit! La ville pourrait être la porte d’entrée des VTT au Québec, ça mettrait Sainte-Adèle sur la map. Là, on prend les gens de l’Outaouais et on les envoie directement dans Lanaudière sans profiter des retombées économiques.»

Pour l’ex-policier, c’est la motoneige qui a permis de développer le tourisme au Québec. Il demeure convaincu que le quad pourrait en faire autant compte tenu de sa popularité croissante. À la région donc, de saisir la manne.

L’argent, argument numéro un

Les dépenses en tourisme sont de 504 M $ par an, a renchéri la directrice des services administratifs et du service aux membres de l’Association Tourisme Laurentides (ATL), Isabelle McCann. Les activités de motoneige rapportent à elle seule 56 M $ contre 46 M $ pour le quad, ce qui constitue le tiers des retombées touristiques hivernales, a-t-elle précisé. «Le paysage des Laurentides est notre avantage numéro un. Il faut poursuivre les travaux de la Table et trouver des solutions gagnant-gagnant».

Le président de la Chambre de commerce de Sainte-Agathe, Daniel Desjardins, est de ceux qui appuie les quadistes. Il admet toutefois que le dossier n’a pas la faveur des élus. Mais pour le maire de Sainte-Marguerite et vice-président de la TCVHRL, André Charbonneau, la question ne se pose pas. «Quand vous venez chez nous il y a une réalité que vous ne devez pas oublier. La motoneige fait partie du décor depuis 30 ans et on est loin d’être contre. Si vous n’êtes pas contents, vous n’avez qu’à déménager.»

Les partisans du quad auront fort à faire pour trouver l’argent nécessaire qui servira à concrétiser leur projet. «La ministre Boulet a proposé 4 M $ pour toute la région, mais juste ici, on évalue les coûts à 3,8 M$.», a déploré Gabriel Moreau. Conscients du travail à faire, les membres de la TVHRL et les quadistes de la région entendent poursuivre leurs revendications jusqu’à ce qu’ils trouvent une oreille attentive à leur projet. «Les gens se plaignent des délinquants, mais nos membres ont tous les cheveux gris. Si l’activité était mieux encadrée, il n’y aurait plus de délinquants. Et qu’on ne me parle pas d’environnement. Un moteur quatre temps pollue moins que mon pick-up et un gars qui part de Montréal pour venir faire de la raquette dans le coin dépense plus d’essence que moi», a plaidé Gabriel Moreau.

Les impacts

L’étude publiée par Desjardins Marketing Statégique, en août 2004, mentionne qu’il «serait sans doute opportun de procéder à une évaluation environnementale stratégique sectorielle de la pratique du quad afin de la caractériser selon les types de milieux qui sont affectés ou pourraient l’être si la pratique se propage. (…) Une expertise plus précise peut aussi être développée en faisant des études environnementales complémentaires d’évaluation et de suivi des sentiers existants afin d’identifier les impacts réels et de déterminer les moyens d’y remédier ou de les atténuer. (…) une saine gestion ne peut être possible que si l’on comprend les relations entre l’utilisation récréative et les capacités de l’environnement naturel à absorber les impacts.» À l’heure actuelle, les Laurentides comptent plus de 10 000 membres. Leur fédération envisage éventuellement d’ouvrir les sentiers aux amateurs de moto.Le nombre de membres a quintuplé en 10 ans. On compte 300 000 véhicules en circulation.

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