La fin d’une époque ou le début d’un Renouveau?



Publié le 20 Juin 2008
Publié le 20 Octobre 2010
Stéphane Gendron RSS Feed
Sujets :
House , Département de la Justice fédérale des États-Unis , Ambassador Hotel , Los Angeles , Virginie , Memphis

Is there a doctor in the House? s'est écrié David Steiner, un jeune avocat autrefois au Département de la Justice fédérale des États-Unis ayant démissionné pour se joindre à la campagne présidentielle de Robert F. Kennedy.

Peu après minuit, le 5 juin 1968, Robert F. Kennedy était assassiné dans les cuisines de l'Ambassador Hotel à Los Angeles. Une simple croix blanche marque depuis ce temps l'emplacement de son inhumation au cimetière national d'Arlington en Virginie, près de son frère. Récemment, l'Ambassa-dor a été démoli pour faire place à une école publique. Depuis ce temps, certains comme la BBC ont dévoilé des informations accablantes concernant la participation meurtrière possible de la CIA.

Lors des funérailles de RFK, le Sénateur Edward M. Kennedy avait rendu hommage à son frère en ces termes: «My brother need not be idealized or enlarged in death beyond what he was in life. He should be remembered simply as a good and decent man, who saw wrong and tried to right it, saw suffering and tried to heal it, saw war and tried to stop it.»

Deux mois auparavant, le grand Martin Luther King était assassiné sur les marches du motel Lorraine à Memphis.

Deux géants de la politique: disparus / rayés de la carte.

Le Discours, la Rhétorique et l’Émotion, l’Inspiration, la Dénonciation et l’Engage-ment social. Le Dévouement à l’État et la Communauté. Voilà des valeurs et des images disparues de notre société depuis la mort de ces géants des années 60. Les années grises des années 70, nous vivons une période léthargique et de désillusion.

Pour le Québec qui n’a jamais connu ce leadership inspirant – sauf pour René Lévesque – la médiocrité de nos leaders n’a fait qu’accroître notre cynisme vis-à-vis sa classe politique. Gouverné aujourd’hui par le maître de l’illusion et de l’immobilisme: Jean Cha-rest, que nous reste-t-il comme alternative? Mario Dumont, le Réverbère au mercure et Pauline Marois la Castafiore de l’île Bizard? À l’échelle fédérale, le choix demeure tout simplement pathétique depuis le départ du flamboyant Pierre E. Trudeau.

Heureusement, il nous reste Barack Obama. Souhaitons tous son élection afin que nous puissions enfin – peut-être – revivre ces grands moments que nos parents ont pu vivre avec tant d’inspiration.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Bruno Marquis
    - 22 Novembre 2010 à 11:53:48

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que M. Gendron idéalise lui aussi l'ancien président américain John F. Kennedy. Cette idéalisation, qui nous présente une fausse image de l'histoire, n'est malheureusement bien sûr pas sans conséquence. Ce sont de tels mythes sur les hommes et les décisions politiques et sur l'histoire qui nous font accepter les inégalités et les injustices entre les gens et les populations. Ce qui nous a mené à l'occupation de l'Afghanistan - au profit des transnationales - et à la crise alimentaire mondiale ne découlerait-il pas, en fin de compte, de la difficulté des populations des pays plus riches à différencier le vrai du faux? Je me permets ici de citer sur Kennedy et sur cette période de l'histoire quelques paragraphes de l'excellent ouvrage d'Howard Zinn, "Une histoire populaire des États-Unis" - ouvrage qui a entre autre reçu le prix des Amis du Monde diplomatique : " En 1960, le budget militaire (américain) était de 45,8 milliards de dollars (49,7 % du budget global). Cette année-là, John F. Kennedy, fraîchement élu à la présidence des États-Unis, augmenta immédiatement les dépenses militaires. Selon Edgar Bottome (The Balance of Terror), l'administration Kennedy augmenta le budget de la Défense de 9 milliards de dollars en quatorze mois. En 1962, prétextant de craintes parfaitement injustifiées sur les progrès militaires de l'Union soviétique - de prétendus « fossés » en termes d'armements stratégiques —, les États-Unis s'assurèrent une suprématie nucléaire écrasante. Ils possédaient alors l'équivalent de mille cinq cents bombes du type Hiroshima, bien plus qu'il n'en fallait pour détruire toutes les grandes villes de la planète. Pour expédier ces bombes, l'Amérique possédait un peu plus de cinquante missiles balistiques intercontinentaux, quatre-vingts missiles sur les sous-marins atomiques et quatre-vingt-dix missiles sur des bases outre-mer, mille sept cents bombardiers capables d'atteindre l'Union soviétique, trois cents bombardiers de combat sur des porte-avions et mille porteurs supersoniques. L'Union soviétique était manifestement à la traîne avec cinquante à cent missiles intercontinentaux et moins de deux cents bombardiers à grande autonomie. Mais le budget militaire des États-Unis continua de grimper, ainsi que l'hystérie et les profits des entreprises qui profitaient de la multiplication des contrats d'armement. L'emploi et les salaires grimpèrent également suffisamment pour maintenir un nombre non négligeable d'Américains dans la dépendance de l'industrie de guerre. En 1970, le budget militaire américain atteignait les 80 milliards de dollars et les entreprises impliquées dans la production militaire faisaient des bénéfices colossaux. Deux tiers des 40 milliards dépensés pour les systèmes d'armement allaient directement dans les caisses de douze ou quinze géants industriels dont la seule raison d'être était de remplir les contrats militaires passés avec le gouvernement. Le sénateur Paul Douglas, économiste et président du Joint Economie Committee du Sénat, remarquait que les « six septièmes de ces contrats ne font l'objet d'aucun appel d'offres. [...] Prétextant la nécessité de garder le secret, le gouvernement choisit une entreprise et dresse avec elle un contrat au cours de négociations plus ou moins secrètes ». C. Wright Mills, dans son livre sur les années 1950, The Power Elite, range les militaires parmi l'élite, aux côtés des politiciens et des entrepreneurs. Ces éléments étaient de plus en plus intriqués. Un rapport sénatorial démontra que les cent plus importantes entreprises américaines travaillant pour l'industrie de l'armement et détenant 64,7 % des contrats en ce domaine employaient plus de deux mille anciens officiers de haut rang de l'armée américaine. Dans le même temps, les États-Unis tissaient, au moyen de l'aide économique accordée à certains pays, un réseau de domination économique à travers le globe et renforçaient ainsi leur influence politique. Le plan Marshall de 1948, qui accordait 16 milliards de dollars d'aide économique sur quatre ans aux pays de l'Europe de l'Ouest, avait pour objectif de reconstruire des marchés pour les produits américains. George Marshall (d'abord général puis secrétaire d'État) déclara : « II est absurde de penser qu'une Europe laissée à elle-même [...] demeurerait aussi ouverte au commerce américain qu'elle a pu l'être par le passé. » Mais le plan Marshall possédait également un objectif politique. Les partis communistes italien et français étaient relativement puissants. Les États-Unis décidèrent d'user du pouvoir de l'argent et de faire pression pour faire en sorte qu'ils ne participent pas aux gouvernements nationaux. Lorsque le plan se mit en œuvre, le secrétaire d'État de Truman, Dean Acheson, déclara : « Ces mesures de soutien à la reconstruction ne sont qu'en partie motivées par des sentiments humanitaires. Votre Congrès a autorisé et votre gouvernement applique aujourd'hui ces mesures de soutien à la reconstruction principalement pour des raisons d'intérêt national. » À partir de 1952, l'aide fournie aux pays étrangers devint de plus en plus clairement destinée à instaurer des pouvoirs militaires dans les pays non communistes. Au cours des dix années qui suivirent, sur les 50 milliards de dollars d'aides fournis par les États-Unis à quatre-vingt-dix pays, seuls 5 milliards étaient destinés au développement économique non militaire. Lorsque John F. Kennedy prit ses fonctions, il inaugura l'Alliance pour le progrès, un programme d'aide destiné à l'Amérique latine, en insistant sur les réformes sociales et l'amélioration des conditions de vie. Mais il s'avéra qu'il s'agissait avant tout d'une aide militaire afin de maintenir au pouvoir des dictatures de droite et de leur permettre d'écraser les révolutions. Entre l'aide militaire et l'intervention militaire, il n'y avait qu'un pas. Ce que Truman avait déclaré au début de la guerre de Corée à propos de la « loi de la force » et de la « force de la loi » fut sans cesse contredit par ses actes et par ceux de ses successeurs. En Iran, en 1953, la CIA parvint à renverser un gouvernement qui avait décidé de nationaliser la production du pétr5ole. En 1954, au Guatemala, un gouvernement légalement élu fut renversé par l'invasion de forces composées de mercenaires entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua et soutenues par des avions de combat américains pilotés par des Américains. Cette force d'invasion installa au pouvoir le colonel Carlos Castillo Amas, qui avait reçu auparavant une formation militaire à Fort Leavenworth (Kansas). (...) Une fois installé au pouvoir, Castro commença à mettre en place un vaste système éducatif, des plans de logement et une réforme agraire en faveur des paysans sans terre. Le gouvernement confisqua plus de 400 000 hectares de terres à trois entreprises américaines, dont la United Fruit. Cuba avait besoin d’argent pour financer ses programmes sociaux. Les États-Unis ne comptaient pas lui en prêter, pas plus que le Fonds monétaire international, dominé par les États-Unis, car le pays refusait de se soumettre aux critères de "stabilisation" qui contrecarraient le programme révolutionnaire mis en place. Lorsque Cuba signa finalement un accord commercial avec l’Union soviétique, les compagnies pétrolières américaines refusèrent de raffiner le pétrole brut fourni par l'URSS, Castro nationalisa alors ces compagnies. Les États-Unis cessèrent d'importer le sucre cubain dont dépendait totalement l'économie de l'Île et l’Union soviétique accepta immédiatement d,acheter les 700 000 tonnes de sucre dont les Américains ne voulaient plus. Cuba avait changé et la politique du bon voisinage n'était plus à l'ordre du jour. Au printemps 1960, le président Eisenhower autorisa secrètement la CIA à armer et à entraîner des exilés cubains anticastristes au Guatemala en vue d'une future invasion de l'Île. Lorsque Kennedy prit ses fonctions, au printemps 1961, la CIA avait armé et entraîné mille quatre cents exilés cubains. Il poursuivit le plan d'Eisenhower : le 17 avril 1961, les forces entraînées par la CIA avec la participation de quelques Américains débarquaient à la baie des Cochons, au sud de cuba, à 150 kilomètres de La Havane. Ils espéraient provoquer un soulèvement populaire mais le régime castriste tait apprécié. Il n'y eut pas de soulèvement et les forces de la CIA furent repoussées par l'armée de Castro. Toute cette affaire de la baie des Cochons ne fut qu'un tissu d'hypocrisies et de mensonges. L'invasion constituaient à l’évidence une violation de la charte de l'Organisation des États américains que les États-Unis avaient signée et qui stipulait que "nul État ou groupe n’était en droit d’intervenir, directement ou indirectement, pour quelque raison que ce soit, dans les affaires intérieures et extérieures d’un autre État". Quatre jours avant l’invasion, à cause de reportages parus dans la presse sur les camps secrets d’entraînement de la CIA, le président Kennedy tint une conférence de presse au cours de laquelle il déclara qu’il "n’y aurait pas, sous aucun prétexte, la moindre intervention à Cuba de la part des forces armées américaines ". En effet, le débarquement fut le fait de Cubains, mais tout avait été organisé par les États-Unis et des avions américains pilotés par des Américains participèrent à l’opération. Kennedy avait donné son accord pour l’utilisation d’avions anonymes afin de soutenir les forces d’invasion. Quatre pilotes américains trouvèrent la mort au cours de ces événements; leurs familles n’apprirent jamais la vérité à leur sujet. Le succès de la coalition libérale-conservatrice, dans sa tentative de créer un consensus anticommuniste national, est particulièrement visible dans l’attitude de certains des principaux journaux du pays qui coopérèrent avec l’administration Kennedy pour tromper le public américain sur l’affaire de Cuba. Le New Republic était sur le point de publier un article sur l’entraînement des exilés cubains par la CIA quelques semaines avant l’opération. L’historien Arthur Schlesinger put se procurer des copies du texte avant publication et les montra à Kennedy, qui demanda que l’article ne soit pas publié. Le New Republic obtempéra. James Reston et Turner Catledge, du New York Times, renoncèrent à leur reportage sur l’invasion à la demande du gouvernement. Arthur Schlesinger, toujours lui, qualifia l’attitude du New York Times d’acte patriotique. Pourtant, ajouta-t-il, « rétrospectivement, je me demande si, dans le cas où la presse se serait conduite de façon irresponsable, elle n’aurait pas épargné au pays un désastre ». Ce qui semblait déranger le plus Schlesinger et d’autres libéraux pendant la période de consensus autour de la guerre froide n’était pas que les États-Unis interviennent contre les mouvements révolutionnaires dans d’autres pays, mais bien que ces opérations soient rarement couronnées de succès. "

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