Les Laurentides: une région fleurissante



Publié le 25 Août 2010
Publié le 20 Octobre 2010
 

Plantation et saisie de cannabis

Sujets :
Sûreté du Québec , Service de police de Saint-Eustache , Services municipaux , Territoire des Laurentides , THC , Mirabel

À deux pas de votre maison vient d’aménager un nouveau voisin. Il a acheté, ou loue, une résidence dans un quartier tranquille. En promenant votre chien vous remarquez que depuis que la maison est vendue il n’y a pas de signes de vie à l’intérieur. Toutefois, des véhicules viennent et circulent régulièrement pendant la journée. Les fenêtres sont obstruées. L’aménagement paysager est également laissé à l’abandon. Une idée vous vient à l’esprit: est-ce possible que la maison serve pour la plantation de cannabis? «On retrouve souvent des plantations de cannabis dans les résidences ou encore dans des commerces désinfectés», souligne Benoît Richard, porte-parole et agent informateur pour la Sûreté du Québec.

Sur le territoire des Laurentides, l’ensemble des Services municipaux sont actifs pour contrer la production de cannabis. Une responsabilité souvent partagée par les services municipaux, la Sûreté du Québec ainsi que la Gendarmerie royale du Canada dans les cas de production en laboratoire. «Il faut savoir que le cannabis qu’on retrouve actuellement sur le marché n’a rien à voir avec le cannabis des années 70 dans sa composition. Avant, on avait l’habitude de retrouver 3% de THC. Aujourd’hui on parle plutôt de 20% de THC», explique le porte-parole de la Sûreté du Québec.

Le phénomène d’amélioration du produit est également en croissance pour ce qui est de la culture du plant de cannabis. «Il faut savoir que la qualité du plant elle-même s’est améliorée sur le marché», ajoute Benoît Richard, indiquant que la température, la qualité d’eau sont des impacts sur les zones où les contrevenants décident lancer leur culture.

Plus au Sud À Mirabel, le Service de police est très actif dans le dossier de perquisitions de cannabis. Le nombre de terre agricole de même que l’étendue de son territoire implique une double surveillance. «Le cannabis dans les Laurentides est de très bonne qualité. Il est souvent destiné pour le marché du Sud-Est américain, ou encore pour l’Ouest canadien», explique Pierre Morel, préventionniste et relationniste communautaire à Mirabel.

Les $ de la drogue…

En moyenne les différents corps policiers des Laurentides font entre 10 et 15 perquisitions par année. Les récoltes varient entre 200 000$ et 1,5 millions $. Un nombre qui semble diminuer dans le Sud des Laurentides. «En moyenne, on ouvre le même nombre de dossier par année», explique M. Richard. «On retrouve souvent des plantations de cannabis dans des maisons à louer ou encore dans un sous-sol complètement aménagé pour la production», explique un policier de Blainville. À Saint-Eustache, le Service de police a remarqué une augmentation du nombre de producteur en période de crise économique. «Bien souvent: on remarque que les contrevenants ne consomment pas eux-mêmes. L’odeur qui se dégage de la maison est également un signe», explique Normand Brulotte du Service de police de Saint-Eustache, indiquant que beaucoup de petits producteurs se lancent dans l’aventure sans évaluer le coût des équipements. Une facture salée s’ils n’arrivent pas à écouler la marchandise rapidement.

Parmi les observations des services policiers, il semble qu’une tendance se dessine pour des contrevenants d’origine asiatique. À Blainville, notamment, plus de la moitié des arrestations impliquait une personne asiatique. Ce qui laisse présager la présence de groupes organisés. «On remarque également que les producteurs vont s’installer dans le Nord de la région», indique Pierre Morel du Service de police de Mirabel.

Au niveau de la Sûreté du Québec, il faut savoir que depuis environ 10 ans différents programmes ont été mis en place contre les producteurs de cannabis. «Il existe notamment le projet boutures qui est là pour aider les producteurs maraîchers à éradiquer les groupes désirant utiliser les terres agricoles pour la culture de cannabis», explique Benoît Richard.

Rappelons également qu’Hydro-Québec travaille avec les Services de police municipaux ainsi que la Sûreté du Québec dans les cas de surconsommation d’électricité.

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