Projet Hydro du Grand-Brûlé

Projet Hydro du Grand-Brûlé
Thomas Gallenne
Actualité

Les Laurentides réclame un BAPE

Le 12 août dernier, les mairesses et maires de la MRC des Pays-d’en-Haut ont réclamé à nouveau la tenue d’une audience au Bureau d’audience publique en environnement (BAPE) lors de leur réunion de Conseil des maires qui avait lieu justement à Saint-Adolphe-d’Howard, une des municipalités touchées par le projet de ligne à haute tension du Grand-Brûlé dérivation Saint-Sauveur, qui défraie les manchettes depuis plusieurs mois déjà. Au même moment, Hydro-Québec présentait l’avancement de son projet en publiant deux pages de publicité dans tous les journaux de la région. Une opération de relations publiques qui a fait réagir la municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard.

«Lorsque Hydro-Québec affirme qu’  »afin de réaliser le meilleur projet des points de vue environnemental, social et technique, Hydro-Québec consulte les publics concernés dès le début de l’avant-projet », on laisse croire que les citoyens ont été informés, voire qu’ils ont eu leur mot à dire sur le projet», pérore la mairesse des lieux Lisette Lapointe. Or elle rappelle que le 22 mars 2013, Hydro-Québec a tenu à Saint-Adolphe-d’Howard une réunion d’information sur trois tracés pour une nouvelle ligne à haute tension dans les Laurentides. «Le tracé dit A qui traverserait la municipalité le long des crêtes des montagnes et en particulier le long du lac Saint- Joseph, face au village, en violation évidente de la Charte des paysages de la MRC, était clairement privilégié», s’offusque-t-elle. Mme Lapointe se souvient que seuls les propriétaires directement visés par le projet avaient été prévenus de cette réunion: «D’autres propriétaires furent alertés et 175 personnes y participèrent, poursuit-elle. La consternation était vive; la réunion fut, pour utiliser un euphémisme, houleuse.»

 

 

 

Une démarche questionnée

Dans une lettre adressée à la mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard le 10 août dernier, Sarah Perreault, représentante de la municipalité au sein du comité technique régional (CTR) mis sur pied par Hydro-Québec, lançait une mise en garde quant à la rigueur, la neutralité et l’objectivité du CTR. Sa lettre faisait état de plusieurs irrégularités dans le mode de fonctionnement de ce comité. «Faut-il également souligner que certains de ses membres ont clairement affirmé ne pas avoir les compétences requises pour évaluer les impacts du projet?, poursuit Mme Lapointe. Ce qu’on demande depuis un an et demi, c’est que ce projet soit soumis aux audiences du BAPE qui évaluera de façon indépendante et éclairée tous les impacts sur la communauté et le territoire. Et on se ralliera à ses recommandations, quelles qu’elles soient. Il n’a jamais été question de refuser tout tracé quel qu’il soit ou de jouer le jeu de  »pas dans ma cour ». Ce que nous souhaitons, c’est d’en arriver à un projet comportant le moins d’impacts possible pour TOUTEla région!»

 

 

 

Les Laurentides en mode «Cohésion»

On le note: le projet n’interpelle pas seulement les municipalités touchées au premier chef par les projections de tracés de lignes à haute tension. «C’est Saint-Adolphe cette fois-ci, ce sera qui la prochaine fois? C’est important, il faut que tous les maires soient unanimes derrière vous» a lancé la mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs Monique Laroche, à l’intention de Lisette Lapointe, lors du conseil des maires de la MRC des Pays-d’en-Haut.

 

 

 

Avec l’appui de la MRC des Pays-d’en-Haut, de la Table des préfets des Laurentides ainsi que de la Conférence régionale des élus des Laurentides, Mme Lapointe note que ce sont toutes les instances politiques de la région des Laurentides qui demandent haut et fort que ce projet soit soumis à une évaluation indépendante et dont seul le BAPE est en mesure de réaliser. «Dans ce genre de dossier, Hydro-Québec est juge et partie. Peut-on balayer du revers de la main l’appui de toute une région qui réclame la tenue d’un BAPE?», demande la mairesse Lapointe. Cette dernière soutient que compte tenu des impacts majeurs sur le plan environnemental, humain, économique ainsi que sur les paysages, tout projet de ligne à haute tension qui implique l’ouverture d’une nouvelle emprise devrait être assujetti à une évaluation environnementale indépendante par le BAPE. «C’est notre souhait pour qu’aucune autre région n’ait à vivre ce cauchemar», conclut la mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard. 

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