Une institution tire sa révérence

Une institution tire sa révérence
Thomas Gallenne
Actualité

Sports Denis Parent

Thomas Gallenne – Sports Denis Parent. Derrière le nom d’une entreprise familiale qui a fait sa marque dans la Vallée de Saint-Sauveur, il y a un couple soit Denise et Denis Parent, des employés ayant à cœur leur métier et des générations de clients fidèles. Après 43 années de bonheur et de passion, faute de relève, cette institution ferme ses portes.

Denis Parent, à quand remonte la décision de fermer?

La décision a mûri l’automne dernier et s’est concrétisée début janvier. On n’a pas de relève et on va liquider nos inventaires. On va vendre au public. C’est le public qui nous a supportés durant 43 ans, alors c’est le public en premier. On ferme nos deux boutiques, soit celle de Piedmont, sur le bord de la 117, et celle à Saint-Sauveur, au chemin du Lac-Millette.

Vous dites ne pas avoir eu de relève… Vous n’aviez aucun enfant, neveu ou nièce d’intéressés à reprendre l’entreprise?

Non malheureusement, on a épuisé toutes les ressources de ce côté-là.

On se souviendra du cahier spécial 40 ans que le journal Accès a fait sur votre entreprise en 2013. Que de souvenirs, n’est-ce pas?

Effectivement. Nous avons commencé en 1973, au pied du mont Olympia. J’étais avec ma femme et quelques employés. C’était une très petite entreprise.

On pourrait dire que vous avez connu un peu l’âge d’or des Laurentides, de ce coin-là?

Qui ça l’âge d’or, moi ou le commerce? (rires)

Non, je parlais plutôt de l’industrie. L’industrie du ski en général qui aurait connu une sorte d’âge d’or durant vos années actives. Vous avez dû connaître de belles années?

Que des belles années, Monsieur! Que des belles années!

Parmi les touristes, les résidents, vous avez eu une clientèle, voire des générations de clients fidèles?

Absolument! On a aujourd’hui des grands-parents avec les petits-enfants qui viennent et ils étaient des clients de la première heure.

Ça doit vous faire un petit pincement au cœur, de laisser aller votre « bébé »?

Oui, absolument. Vous avez bien compris la situation… Ce n’est ni par manque d’intérêt ou de passion que nous prenons notre retraite. C’est pour laisser la place aux plus jeunes et, après 43 ans, je crois qu’on a bien servi et la retraite sera d’autant plus douce.

Parlant de retraite, vous m’avez l’air en forme… Quels sont vos projets?

J’ai 67 ans, ma femme 63, et ce ne sont pas les projets ni la forme physique qui manquent!

Et que comptez-vous faire à court terme?

Je vous le dirai un coup que ce sera fait. Je ne suis pas un gars qui fait des projets, des plans d’avance. Le risque est trop grand d’être déçu.

Vous demeurez dans la région?

Nous sommes basés à Saint-Sauveur, au mont Habitant et on a un chalet à Lac-des-Seize-Îles, où on passe quand même beaucoup de temps.

Si vous aviez un résumé à faire de vos 43 ans dans le commerce de détail d’articles de ski, ce serait quoi?

En résumé, ce furent 43 ans fort agréables. 43 ans de passion dans le ski, donc c’était tout naturel de vendre des skis. Alors oui, c’est avec un pincement au cœur qu’on prend notre retraite, mais on va pouvoir fêter enfin Noël comme tout le monde, car ça faisait 43 ans qu’on ne fêtait pas Noël. Alors, on va pouvoir profiter du temps des Fêtes, être avec notre famille, nos petits-enfants. On a deux enfants et un petit-enfant, bientôt deux. Le premier a 3 ans et demi, le deuxième naîtra fin juin.

Si vous aviez un conseil à lancer à un jeune qui veut se lancer en affaires, ce serait quoi?

Je lui dirais qu’il faut foncer et de croire en ses capacités et croire en sa passion. Surtout.

Un dernier mot?

Remercier notre clientèle fidèle… C’est ce qu’on est en train de faire présentement. On a une liste d’environ 300 noms de clients qu’on connaît depuis des lunes et qu’on appelle personnellement.

 

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