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La vie, c'est du sport!

Quand le moteur est brisé

Publié le 30 Novembre -1

Quand la strap de votre moteur de char est brisée, ça vous pompe les nerfs ? Eh bien moi aussi quand mon engin brise ça me frustre, et encore plus lorsque c‘est un des deux pistons rasés me faisant office de jambe qui montre des signes de faiblesse.

Cet hiver et ce printemps, ma préparation physique pour la saison de course imminente s’est déroulée sans embûche. Lors des cinq saisons précédentes, j’ai été victime des risques du métier. L’année dernière, j’étais bon pour être ramassé à la petite cuillère après une saison surchargée. J’ai perdu pied sur la corde raide, une véritable surchauffe…En manque de prestone !

Il y a deux ans, je suis sorti de la période hivernale hyper motivé et en super forme. J’avais mis la barre haute, assez pour prendre la décision de participer à ma première course en sol américain au mois d’avril. Résultat : une chute assez banale s’est transformée pour moi en une entaille assez profonde au genou et en une visite du système de santé américain.  Laissé en bonne compagnies de mes deux nouvelles amies, de charmantes béquilles, je dus me contraindre à deux semaines sans marcher pour un mois complet sans vélo.

En 2008, lors de ma première saison à courir chez les élites, j’ai fait une mononucléose en plein milieu de l’été. De quoi ralentir les ardeurs pour un bon mois à me languir cloué au divan à recharger la batterie.

De son côté, la saison 2007 s’est terminée avec une fracture du métacarpe de l’annulaire de la main droite (Un os qui apparemment ne s’appuie pas sans mal sur une poignée de vélo lorsqu’il est en mauvais état). Lors d’une sortie automnale, les doigts de ma main ont plié dans le mauvais sens, toujours suite à une chute banale. En fait, c’est souvent du à une chute banale, et jamais à quelque chose de grandiose et de spectaculaire. Un peu comme Elvis Graton qui se casserait le nez en tentant de déplier sa chaise longue.

Pour 2006, j’allais être initié aux joies des défaillances de la mécanique humaine. À ma dernière saison à courir chez les juniors, j’ai été victime de gros problèmes de dos. Encore une fois (bien que la première), je dus renoncer à pédaler pour un gros quatre semaines, suivant les recommandations d’un médecin qui me suggérais d’arrêter le vélo de montagne pour le reste de ma vie. Allez suggérer ça à un gars de 17 ans qui partage sa vie entre son vélo et sa blonde… De quoi virer marabout pour quelques temps.  

Pour 2011, je dois dire que je commençais à être inquiet, puisqu’il ne m’était toujours rien arrivé. Qu’est-ce qui aurait pu mettre un terme à ma préparation qui jusqu’alors se traduisait par un seuil d’amélioration assez respectable ?  Et bien je suis maintenant soulagé, j’ai récemment été fixé. J’ai eu mon bobo saisonnier.

Qu’est-ce qui ne m’était pas encore arrivé au fil des saisons ? Et bien voilà : un gentil petit muscle des ischio-jambiers, de manière soudaine et anodine, m’a soudainement fait part de son mécontentement face à une surcharge de contraction que je lui aurais imposée. Il semblerait contrarié, le cuistre. Bref, il s’agit d’un ridicule claquage. « Ce n’est pas si pire que ça, trois quatre ou cinq jours de repos et le tour sera joué.» (C’est moi en train d’essayer de me convaincre)

Alors voilà, je dois attendre d’être rétabli pour exécuter mon art à son plein potentiel. C’est suite à un entraînement assez intense en Virginie la semaine dernière que ce muscle a commencé à me chatouiller. L’erreur fut de continuer à l’utiliser malgré tout. Comme si vous tentiez d’appuyer à fond sur l’accélérateur en tapant sur le tableau de bord avec fougue pour replacer la soit disant «strap de char».

Je dois donc délaisser l’entraînement intense pour quelques jours et me contenter de quelques bonnes vieilles sorties de cyclotouriste, tranquille sur l’accélérateur. Ça fait partie de la vie d’athlète.

Avec ces sorties pépères, je conjugue spa, étirements, massage et ostéopathie. La vraie vie, quoi. De plus, j’ai la chance d’avoir mon ostéopathe personnel à la maison, alors je ne me plains pas. Je peux me fier à ces compétences que possède ma mère dans le domaine, qui viennent se rajouter à toutes ses qualités qui me comblent en tant que fils. (Je l’ai déjà dit, je suis loin de me plaindre !)

Le repos faisant également partie de la chose. Je ne peux que sortir en meilleure forme de ce léger bobo. Ce n’est pas une petite semaine de brake syndicale qui va me ralentir pour le reste de l’été ; je vais en sortir frais comme une rose pour le dernier petit camp d’entraînement avant la véritable saison de course. À la fin du mois, je m’absente à nouveau pour une escapade de 4 jours en Ontario avec l’Équipe du Québec afin de m’exercer sur les sentiers de nos voisins, avec en prime une compétition provinciale en guise de mise en jambe. Ce sera une très bonne préparation pour la Coupe Canada qui s’y tiendra au mois de juin.

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