Soyons honnêtes... bien que les athlètes sont bien souvent considérés comme des demi-dieux, ils manifestent en général une bonne dose d’égoïsme pure et simple.
Certes, évoluer parmi les meilleurs de sa discipline, remporter les honneurs et fracasser les records ne se fait pas sans l’absence de certaines qualités. En premier lieu vient la passion, sans quoi tout cet acharnement manifesté par l’athlète élite n’aurait pas lieu.
Cet acharnement est conduit par la persévérance, la force de caractère qui distinguera les talents bruts des véritables champions, menant au sommet ceux qui se seront investi corps et âme.
Évidemment, qui dit activité physique dit bien souvent santé de fer. Rares seront les sportifs qui engorgeront les salles d’urgence à cause de leurs artères bouchées.
De plus, la pratique d’un sport compétitif développe une endurance hors paire, autant physique que mentale. S’entraîner des heures durant dans toutes conditions, bonnes ou exécrables, demande bien souvent à l’athlète de jouer la carte de l’endurance.
Enfin, la recherche de la victoire développe l’humilité. Savoir rester humble dans la victoire est généralement un trait caractérisant l’athlète élite. Contrairement à ce que ça peut laisser paraître, le sport de haut niveau ne regorge pas de sportifs à grande gueule, se ventant de leurs moindres exploits. L’élite ne se donne pas corps et âme pour avoir l’air bon. Il l’est déjà. Il se donne pour se dépasser et pour gagner.
Et l’égoïsme dans tout ça ?
Elle prend diverses formes, mais toutes convergent vers le même point central : l’athlète. Dans la plupart des cas, la pratique d’un sport compétitif de haut niveau n’a rien d’altruiste.
J’aime mieux rester honnête. Je l’avoue, je crois qu’à la base, si je m’entraîne pour performer à un tel niveau, ce n’est en fin de compte que pour satisfaire ma petite personne. Le nombre de concession que j’impose à ma vie et à mon entourage ne se compte plus. Et ce n’est pas toujours facile !
Combien de partys et d’activités familiales ai-je manqué pour sustenter mon besoin de performance ? Certainement trop. Parfois je suis trop fatigué pour vaguer à des activités sociales, parfois je suis sous l’emprise de ma routine d’avant course.
Le degré d’égoïsme varie d’un athlète à l’autre. J’en connais qui sont très équilibrés (bien plus que moi !) et parviennent à faire le party, à avoir de bonnes notes à l’école et à bien performer sur leurs deux roues. Par contre, j’en ai vu d’autres, quelque peu excessifs, qui allaient jusqu’à apporter leur propre nourriture lorsqu’ils sont invités à manger chez de la parenté ou des amis. Quand on parle de la bulle de l’athlète, c’en est un bon exemple…
J’oubliais presque de mentionner : certains athlètes d’exception s’entraînent dans un but altruiste. Lance Armstrong, le patron du cyclisme, en est l’exemple maître. Bien que la controverse sur le dopage et l’argent porte à remettre en question cet américain, celui-ci roule pour promouvoir sa fondation de lutte face au cancer.
Plus proche de nous, comment pourrais-je omettre de mentionner Pierre Lavoie, ce québécois qui lutte de par sa fondation contre l’acidose lactique, une maladie ayant emporté deux de ses quatre enfants. Ce dernier organise une panoplie de manifestations sportives ayant pour but de ramasser des fonds pour l’Association de l’acidose lactique. De plus, il a gagné à trois reprises le célèbre Ironman d’Hawaï, avec un record du monde en 2005. Place à l’exception à la règle. Assez altruiste le monsieur.
Avant de me rendre là, je crois que je vais commencer par penser aux autres en me consacrant un peu plus à mon entourage immédiat. Cet été, je crois pouvoir compter sur les doigts d’une main le nombre de sorties de vélo que j’ai fait en compagnie des membres de ma famille. Peut-être que d’augmenter ce palmarès à mon autre mains et à mes orteils serait un bon début…


