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Ma claque des mômans



Éric-Olivier Dallard
Publié le 16 Mai 2008
Publié le 20 Octobre 2010
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«Fils de pub»

Sujets :
Porte Ailleurs

Suite de la semaine dernière... ­

Une société scandalisée par une bataille au hockey junior. Une société «puritaine» à l’excès quand il s’agit de danger, ne serait-il que potentiel.

Ben oui, j’en ai contre l’obligation du port du casque à moto, contre la limite de 100 km/h, contre l’obligation de la ceinture de sécurité, contre l’interdiction du cellulaire au volant et de la cigarette dans les bars; j’en ai contre la pénalisation du suicide assisté et de l’euthanasie; j’en ai contre le «Mosquito», cet engin qui émet des ultrasons que seuls les ados percoivent, agressants au point de les faire déguerpir de la zone où sévit le machin; j’en ai contre le Taser-Gun et le syndicalisme… J’aime pas que l’on encadre à tout vent. J’aime pas les «mômans» quand elles font semblant de protéger, qu’elles singent l’amour avec les gestes du contrôle, à grands coups de règlements et d’interdits («C’est pour ton bien…»). J’aime pas quand l’autoritarisme le plus noir se drape de blanche vertu. (Enwoye don’, soyons sages, ne prenons pas de risque justement et prévenons les coups: quand j’écris «les mômans», c’est rien qu’une image, là; y’a des politiciens (masculins) plus «mômans» que ne le sera jamais Pauline Marois. Quand j’emploie le mot «mômans», ne faites pas semblant, vous savez très bien ce à quoi je renvoie… Dans la liste plus haut, ai-je bien mentionné que je n’aime pas non plus le politiquement correct quand il empêche de dire?).

L’on va m’opposer les coûts qu’entraînent les hospitalisations des cancéreux, des accidentés de la route… Un blessé, seulement «léger» grâce au port de la ceinture ou du casque, revient moins cher au système de santé qu’un blessé «lourd», parce qu’il ne portait rien… Parce que, c’est vrai!, j’oubliais le Fric dans l’énumération de nos nouvelles adorations… Je vais vous dire: je me rangerai derrière cet argument rationnel (les coûts engendrés) le jour où l’on aura jugulé la saignée des dépenses véritablement indécentes qui se font tout ailleurs dans le système de santé; le jour où nos «bons gouvernements responsables» cesseront de subventionner des usines à fabriquer le cancer. Car ils sont là les vrais coûts du système de santé, dans les pesticides et le Botox, dans les déchets des papetières, le compost que l’on fait avec et les carottes que l’on plante dedans. Il en faut du temps pour passer des lois là-dessus, hein?! L’on n’est pas pressés de légiférer quand la Sécurité se heurte au Fric. Alors pour révérer équitablement ces deux nouveaux dieux, on passe des lois ridicules sur la Sécurité pendant que l’on étudie (timidement) les risques reliés aux vrais Assassins. Ils sont là les véritables coûts du système de santé, dans la prolifération anarchique des réseaux sans fil et dans l’épandage massif, dans certains produits biologiques miracles et dans la connerie ambiante. Pas sur une autoroute à 130 km/h, en t-shirt, un iPod sur les oreilles et les cheveux au vent, au guidon d’une moto.

Brimer, par la loi plutôt que l’éducation, le choix, infantiliser à coups de décrets, doivent être d’ultimes recours… C’est comme la censure, vous savez, la Sécurité. Quand on se lance sur cette pente-là, l’on glisse rapidement, et de plus en plus vite; quand on se lance sur cette pente-là, il n’y a vite plus de gamins qui rentrent, sales, les mains pleines de terre et les genoux d’écorchures; le visage ensoleillé d’avoir simplement couru librement. Quand on se lance sur ces pentes-là, la sécurité et la censure, bientôt ne demeure que la crainte. … Oui, z’allez bientôt voir des kids de 5 ans portant casque avec visière, genouillères, portège-coudes, veste en kevlar, gilet de flottaison; déambulant simplement, à pied et sans courir, sur le trottoir. Avec un peu de chance et un bon lobbying des mômans, ils vont bien voter une loi là-dessus.

J’aime beaucoup les parfums – les derniers Prada (Infusion d’Iris) pour femmes est un tableau de grand maître, une toile pour les sens qui nous porte Ailleurs; pourtant, savez-vous?, l’odeur que je préfère reste celle de l’asphalte sous la pluie

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