La pomme d’Adam:



Alain Messier
Publié le 14 Février 2009
Publié le 20 Octobre 2010
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Saint-Valentin, priez pour nous

Sujets :
La Presse , Saint-Laurent , Saint-Valentin , Nouvelle-France

La lecture et l’étude des actes notariés du 18e siècle en Nouvelle-France nous révèlent bien des surprises et bien des connaissances qui nous permettent de comprendre comment nos ancêtres survécurent, comment ils s’étaient adaptés à leur nouveau pays. Les testaments nous apprennent quels étaient leurs biens, les liens familiaux, le mode de vie, la moyenne d’âge au décès, en résumé, une mine de renseignements pour le chercheur pour qui l’histoire et la culture ne sont pas des mots inutiles.

Ainsi apprenons-nous que les gens qui habitaient le faubourg Saint-Laurent léguaient des pommes lors de leur décès! Des barils de pommes, d’énorme quantité de pommes. L’un d’entre eux ne lègue pas moins que 7000 barils de pommes à sa descendance. On peut ainsi mesurer l’importance des vergers, des récoltes, ainsi que de l’utilisation des pommes. On les mangeait bien sûr, mais aussi on produisait le cidre que nos ancêtres originaires de Normandie savaient aussi bien y faire en plus des fruits et desserts sucrés. Mais ce faubourg Saint-Laurent où était-il? Il faut tout d’abord savoir qu’à l’origine le mot faubourg s’écrivait en deux mots: faux et bourg, car au 18e siècle le bourg c’est la ville fortifiée, un gros village, l’ancêtre de la ville. Mais que vient faire le faux dans ce bourg? Et bien voilà, au Moyen Âge lorsque l’on voulait éloigner les prostituées du bourg, c’est-à-dire du gros village fortifié, afin d’éloigner le mal... on conduisait les prostituées en bordure, au bord du village, ce qui devenait un faux bourg, c’est aussi l’origine du mot bordel, en bordure, pour peu on les borderait...

L’extérieur du bourg, le faux bourg, deviendra la banlieue telle que nous la connaissons de nos jours.

Pour ce qui en est du faubourg Saint-Laurent, il était situé à l’extérieur même de la porte du même nom puisque la ville était fortifiée, la porte se situerait aujourd’hui près de l’édifice du journal La Presse, tandis que son faubourg s’étendait jusqu’à la rue Sainte-Catherine près de Saint-Laurent, là où maintenant les prostituées ont remplacé les pommiers...

Curieux parcours, il n’y a plus de vergers, mais on croque la pomme allégrement...

Au Québec il y a une expression savoureuse; «chanter la pomme» c’est-à-dire courtiser une femme pour obtenir la pomme! Celle qui est devenue la pomme d’Adam coincée dans la gorge et qu’une certaine Ève lui présenta...

Saint-Valentin priez pour nous.

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