Cyberdépendance : Comprendre et agir !

Cyberdépendance : Comprendre et agir !
Sandra Mathieu
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Depuis la diffusion du documentaire-choc Bye d’Alexandre Taillefer à Radio-Canada le 5 décembre, le terme Cyberdépendance fait couler beaucoup d’encre. C’est aussi un point de départ pour trouver des pistes de solution et s’organiser autour de cet enjeu sociétal de taille.

« Bien que la cyberdépendance ne soit pas encore reconnue dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), parce que les conditions cliniques demandent plus d’études, on retrouve les critères en appendice du manuel », explique Dre Karine Igartua, présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ).

Elle ajoute que des similarités sont observées avec la dépendance aux substances (alcool, drogue, etc.) telles que l’effet de sevrage, la difficulté à contrôler le jeu et l’interférence avec les activités de la vie quotidienne. Cette dernière ajoute que, selon les plus récentes statistiques, la cyberdépendance serait plus prévalente chez les jeunes hommes de 12 à 20 ans.

Le psy des internautes

À la sortie de son ouvrage Les Accros d’Internet en 2004, le psychologue de Sainte-Agathe Jean-Pierre Rochon avait prédit que son livre aurait l’effet d’une bombe et il a d’ailleurs été sur toutes les tribunes à cette époque. Malgré le fait que certains aspects ne sont pas traités puisque la notion d’accessibilité n’était pas la même et l’usage du téléphone intelligent n’était pas encore présent à l’époque, il souligne que son ouvrage est encore très pertinent.

« La cyberdépendance peut être affective, sexuelle et/ou ludique, précise-t-il. Le diagnostic en est un d’obsession-compulsion qui est symptomatique et donc relié à l’émotivité, à une faible estime de soi, à la peur du jugement. Il est donc clair que la cyberdépendance n’est pas le véritable problème. »

Par où commencer?

« Si on parle des jeunes, les parents doivent avant tout s’informer et être conscients que la cyberdépendance existe, souligne M. Rochon, pionnier dans le domaine. Les jeunes sont dans le déni, c’est leur mécanisme de défense, mais les parents doivent ouvrir la discussion et rester vigilants et aux aguets des symptômes comme l’opposition à l’autorité, la baisse des notes ou la non fréquentation de l’école, l’isolation, l’oisiveté, la baisse de la pratique d’activités sportives et sociales, le changement du comportement, le manque d’hygiène, la perte d’appétit et la hausse du nombre d’heures devant l’écran. »

Un documentaire comme Bye fait selon M. Rochon bouger les choses et il garde bon espoir que la société s’organise. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette l’a souligné clairement au début décembre lorsqu’il a annoncé l’injection de 35 millions de dollars par année grâce à la création d’un programme public de psychothérapie : ce secteur est dans l’angle mort du système de santé.

Prévention et formation

De son côté, M. Rochon proposera prochainement aux commissions scolaires un programme de prévention de la cyberdépendance. Il souligne également l’importance de la formation continue auprès des intervenants de tous les milieux.

Pour sa part, la Dre Marie-Anne Sergerie, Ph.D., psychologue spécialisée en cyberdépendance tient un blogue très complet sur le sujet. Elle fait état de façon claire de la définition et des composantes à considérer pour déterminer si l’usage est problématique.
cyberdependance.ca

 

La plateforme YOUHOU! permet aux intervenants scolaires de sonder, de façon confidentielle et régulière, le niveau d’engagement et de bien-être d’élèves du secondaire.youhou.life/about

Les centres du Grand chemin offre des services d’information, de repérage, de détection et de traitement de la cyberdépendance. www.legrandchemin.qc.ca

Association québécoise de prévention du suicide
1 866 APPELLE (277-3553)

Avant de craquer1-855-CRAQUER (272-7837)

Tel-jeune1-800-263-2266 ou Texto : 514-600-1002

Pour visionner le documentaire Bye : ici.tou.tv/bye

Jean-Pierre Rochon: www.psynternaute.com

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Sandra Mathieu

Chef de pupitre par interim/journaliste indépendante   Curieuse, passionnée et hyperactive, j’ai fait de la planète mon terrain de jeu et j’ai choisi les Laurentides comme pied à terre! Je multiplie les voyages, les aventures et les découvertes ici et ailleurs. Normalement journaliste indépendante, je pose mes valises jusqu’à l’automne pour jouer le rôle de chef de pupitre et ratisser les recoins de notre belle région. Je partage mes rencontres et les réponses à mes innombrables questions en mots et en images pour informer, inspirer et faire réfléchir. J’ai la chance de travailler avec des collaborateurs qui ont à coeur l’accès à l’information de qualité. Détentrice d'un certificat en journalisme, d'une majeure en communications et d'une licence en management touristique, je cumule plus de 20 ans d'expérience dans les domaines des communications, du tourisme, de la gestion culturelle et de l'événementiel. Je collabore à Accès depuis plus de deux ans.

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