Et si c’était vrai?

L’école secondaire Augustin-Norbert-Morin, à Sainte-Adèle, a été le théâtre de la simulation grandeur nature d’un accident mortel causé par la négligence d’un jeune intoxiqué. PHOTOS : Michel Kieffer
Et si c’était vrai?
Valérie Maynard
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Fêtons en toute sécurité

L’école secondaire Augustin-Norbert-Morin, à Sainte-Adèle, a été le théâtre de la simulation grandeur nature d’un accident mortel causé par la négligence d’un jeune intoxiqué. Intitulée Fêtons en toute sécurité, la simulation orchestrée par l’agent Pascal Buda, policier intervenant en milieu scolaire de la MRC des Pays-d’en-Haut (Sûreté du Québec), en était à sa troisième édition. Et s’est avérée dangereusement efficace.

La mise en scène s’est déroulée en plusieurs temps et s’adressait exclusivement aux quelque 200 élèves de la 5e secondaire. « Dans quelques semaines, ces jeunes vivront leur bal des finissants. L’exercice vise à les mettre en garde », explique l’agent Buda.

Après la présentation d’une vidéo et d’une pièce de théâtre où le personnage central, un jeune homme, décide de prendre sa voiture malgré sa consommation d’alcool, l’irréparable se produit. Invités à se rendre à l’extérieur de l’école, les jeunes se sont retrouvés, littéralement, au cœur d’une scène de crime. « Le jeune homme en question venait de créer un face-à-face. La conductrice de l’autre voiture était grièvement blessée et la passagère était décédée. »
Sur place, de vrais policiers, de vrais pompiers, de vrais ambulanciers et, surtout, de vraies manœuvres d’intervention.

En arrière-plan, les étudiants, subjugués par ce qui se tramait sous leurs yeux, avaient les émotions confondues entre le réel et la mise en scène. « Certains riaient, d’autres pleuraient. On a eu toutes sortes de réactions. »

Bien sûr, il s’agissait d’une simulation. La « morte » et la « blessée » étaient respectivement jouées par les comédiennes Lilli-Ann DeFrancesco et Marie Denoncin. Les autres comédiens, Augustin Sall-Duchaine, qui jouait le « suspect », Janik Duplantie, Frédéric Perreault et Alice Riopel complétaient la distribution.

Funérailles

Les élèves ont ensuite été invités à assister aux funérailles, les organisateurs ayant poussé la note jusqu’à exposer la « morte » dans un vrai cercueil. « La vue du cercueil est venue chercher les jeunes, on l’a senti. Plus personne ne riait. Tout le monde était silencieux », raconte l’agent Buda. C’était aussi le but recherché. Provoquer la réflexion pour éviter que cet accident ne survienne dans la réalité. « On veut que les jeunes profitent de leur bal. Mais on ne veut pas qu’ils prennent le volant s’ils ont consommé. » Difficile de mesurer l’impact d’une telle démonstration ou de savoir si les émotions provoquées auront été suffisamment fortes pour empêcher les jeunes de prendre le volant s’ils ont consommé.

L’agent Buda croit que oui. « Quand la comédienne Lilli-Ann, celle qui a joué la ‘‘morte’’, est montée sur scène à la fin de l’exercice, bien vivante, tout le monde s’est mis à applaudir. » Dans la vraie vie, les victimes n’auront pas droit à cette chance.  Outre la Sûreté du Québec, les services d’incendie de Sainte-Adèle et Saint-Sauveur, Ambulance Cambi et, bien sûr, l’école A.-N.-Morin (personnel et direction), plusieurs partenaires ont été impliqués dans cette démonstration, entre autres les Clubs optimistes de Sainte-Adèle, Sainte-Anne-des-Lacs, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Saint-Sauveur, Expert Médic SST pour l’ambulance, Les Sentiers Cimetière Naturel pour le cercueil et Remorquage Lefebvre pour les véhicules endommagés.

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