Les employés inquiets pour leur avenir

La rumeur de la vente, voire de la fermeture du « nouveau » Rona de la rue principale
Les employés inquiets pour leur avenir
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Rachat ou fermeture du Rona corporatif à Saint-Sauveur?

Jean-Claude Tremblay, collaboration spéciale

La rumeur de la vente, voire de la fermeture du « nouveau » Rona de la rue principale court depuis déjà un bon moment. Pour les quelques lecteurs qui ne seraient pas encore au courant, sachez que Lowes Canada, propriétaire de Rona, est en négociations avec la famille Dagenais (Rona Dagenais) pour la vente du Rona de la rue principale, celui qui a remplacé l’ancienne bannière Marcil.

En effet, plusieurs sources confirment que la famille bien connue à Saint-Sauveur, serait sur le point de mettre la main sur l’emplacement de la rue Principale, ce qui cause l’émoi parmi la population, à commencer chez ceux qui travaillent au dit magasin.

Des employés anxieux et tenus à l’écart

Je me suis entretenu avec des employés qui sous le couvert de l’anonymat, m’ont confirmé l’incertitude ainsi que l’omerta qui règne présentement au magasin de la rue Principale : « Les patrons ne nous disent rien, et pendant ce temps, il y a plein de collègues qui ont quittés soit pour aller chez Rona Dagenais ou ailleurs… », a dit une employée, inquiète de perdre son emploi.

« Il n’y a pas eu de rencontre officielle et on ne doit rien dire… mais tout le monde ici est au courant des rumeurs, on voit le monde partir et la clientèle aussi, on suppose que la fin est peut-être proche », m’a confié un autre employé. On m’a même rapporté que le stress suivait les travailleurs, bien malgré eux, jusqu’à la maison : « ma famille est inquiète, car cet emploi c’est notre gagne-pain – qu’est-ce qui va arriver si je me retrouve à la rue ? », m’a-t-on communiqué, avec désarroi.

Selon ce que l’on m’a rapporté, environ 25 % des employés auraient déjà quitté pour Rona Dagenais et d’autres iront bientôt les rejoindre.

Des inquiétudes en domino

Le Rona de la rue principale à Saint-Sauveur, c’est des employés, certes, mais c’est aussi des partenaires et des fournisseurs de services. La bannière Marcil était reconnue pour son importante clientèle d’entrepreneurs et de professionnels, et après avoir parlé à plusieurs, l’inquiétude est palpable. « Qu’est-ce qui va arriver avec mon compte, mes commandes, et ma marge de crédit ? », a confié un entrepreneur de la région, sous le couvert de l’anonymat. « Moi je faisais toujours affaire avec la même équipe aux matériaux, et j’étais en plein chantier quand ils sont partis – qu’est-ce que je fais maintenant? », s’interroge un autre.

Les ventes seraient sérieusement en baisse selon des personnes bien placées, cette situation aura des répercussions au-delà de Saint-Sauveur, à commencer par l’ancienne bannière Marcil de Saint-Jérôme, car les deux emplacements étaient en synergie commerciale.

Réaction de François Marcil : émotions partagées

Appelé à réagir sur l’affaire qui s’apprête à secouer la région, l’ancien grand patron des magasins Marcil, qui chapeautait 17 emplacements, n’en revient simplement pas. « Je trouve ça tellement triste pour les employés… c’est une famille. Ce qui est certain, c’est que depuis que Rona a remplacé mes anciennes bannières, l’âme originelle n’est plus là », lance l’entrepreneur. C’est non sans amertume qu’il a accueilli cette nouvelle, celui qui dit avoir de sérieuses réserves sur la récente stratégie de Lowes Canada, qui a décidé de remplacer la marque Marcil par celle de Rona. « Autant que ça m’a fait mal de voir disparaître la bannière que j’avais travaillé si fort à bâtir, autant je suis content que mon nom ne soit plus associé à une telle affaire! »

Une stratégie commerciale déconnectée de la réalité locale

Le modèle d’affaires Marcil, je le connais bien, il a été fondé sur la proximité et la cordialité du service. Un service directement collé sur les besoins de ses clients, de la circulaire unique à l’approvisionnement des stocks, le tout, servi à la sauce authentique et familiale. Or, sitôt le retrait de la mythique bannière effectué, le siège social de Lowes Canada, propriétaire de Rona, a décidé de jouer au dieu des affaires en décidant de ce que le client allait dorénavant avoir besoin. Au lieu de miser sur une certaine continuité, le géant a plutôt décidé de changer sa garde-robe, en enfilant son long manteau corporatif, chic et raffiné, mais sans pertinence.

Son meilleur argument lors de la transition aura été de louanger le fait que les magasins Marcil allaient dorénavant avoir plus de produits sous le nom Rona. Ce n’est tellement pas ce que les clients voulaient entendre. Le meilleur argument était pourtant bien simple à articuler, il fallait simplement miser sur ce qui a fait la renommée de Marcil : ses employés.

Je suis toujours perplexe quand une corporation prend des décisions assises dans un édifice situé à plus de 70 kilomètres de son profit. Je le suis davantage lorsqu’elle décide de changer une recette gagnante, en tentant de mettre dans la gorge des consommateurs des laveuses-sécheuses et des tracteurs à gazon, dans un centre où la force est le service personnalisé et les matériaux.

Un message au bureau chef de Lowes Canada, propriétaire de Rona

Malgré toutes mes années en conseil en management, j’ai rarement été témoin d’une approche aussi irresponsable vis-à-vis des êtres humains qui jour après jour, se donnent au travail. Cher Lowes, votre attitude est cavalière et inacceptable. Non seulement vous n’agissez pas en bon citoyen corporatif, mais vous détruisez de la valeur au lieu d’en créer, en maintenant volontairement des employés, partenaires et fournisseurs dans le doute et la crainte. Toute la ville est au courant de cette situation qui commence à sonner de plus en plus comme une chanson des Colocs, où une véritable « bombe s’apprête à tomber sur la rue principale ». Avant que l’histoire ne vire au vinaigre, je vous saurais gré de parler à vos employés, de les rassurer et de leur expliquer ce qui se passe. Faites leur confiance, ils sont capables de comprendre – je l’ai vu dans leurs yeux, ils veulent juste faire partie de la solution.

On peut être en désaccord avec une décision d’affaires, mais ça s’explique. Ne pas vouloir nuire aux négociations en cours, ça se comprend aussi. Mais garder des pères et mères de famille, des étudiants et autres employés et partenaires dédiés dans le néant, contribue à détruire leur moral et par la même occasion, votre propre marque de commerce qui par ailleurs, commence sérieusement à manquer d’amour.

En conclusion

Je souhaite que la respectée famille Dagenais, propriétaire de l’autre Rona, impliquée dans les discussions avec Lowes, prenne la balle au bond et use de leadership en calmant le jeu. Je ne m’attends pas à grand chose d’une corporation comme Lowes, mais en revanche, je m’attends à de la transparence des entreprises locales, qui ont prospéré grâce à la communauté.

Nous suivrons attentivement le dossier, mais d’ici là, chers lecteurs, je vous invite à faire preuve de bonne humeur et de compassion en visitant le commerce de la rue Principale.
Montrons-leur notre support en cette période de turbulence, je soupçonne qu’ils en auront bien besoin.

L’inquiétude est palpable non seulement parmi les employés de Rona mais également parmi la clientèle d’entrepreneurs et de professionnels.

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1 commentaire

  1. Luc Schambier

    9 mai 2018 à 22 h 02 min

    Ne touchez pas à mon Marcil, pas de Rona 🙁

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