Le policier Éric Deslauriers connaîtra le verdict de son procès en juillet

Le policier Éric Deslauriers connaîtra le verdict de son procès en juillet
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Homicide à A.-N.-Morin

 Il y a près d’un mois se concluait le procès d’Éric Deslauriers, policier de la Sûreté du Québec accusé de l’homicide involontaire de David H. Lacour, âgé de 17 ans au moment du drame. Les évènements à l’origine de l’instance sont survenus le 22 janvier 2014, alors que le policier repère dans le stationnement de l’école secondaire Augustin-Norbert Morin une voiture rouge de marque Mazda déclarée volée. Au volant de celle-ci se trouve Lacour.

Fort de 20 ans d’expérience sur la patrouille, Éric Deslauriers décide de bloquer la sortie du stationnement à l’aide de son véhicule, évitant ainsi toute possibilité de fuite, fréquente dans les cas de vol de voiture.

Puis, se rapprochant du véhicule volé, il ordonne au jeune d’en sortir, pistolet au poing. Les secondes qui suivent sont cruciales. Semblant d’abord manifester son intention de collaborer, Lacour appuie sur l’accélérateur, le policier se trouvant alors à l’avant et vers la gauche de la voiture. Ce dernier ouvre le feu, un projectile se logeant dans le coude de la victime, un second dans son cou, le blessant mortellement.

La question, en l’espèce, est de savoir si Deslauriers a, compte tenu des circonstances, agi de manière raisonnable.
La procureure de la Couronne, qui tente d’obtenir la condamnation du policier, estime que ce dernier a tiré sur Lacour afin d’empêcher la fuite de celui-ci, et non afin de se protéger du véhicule qui se dirigeait dans sa direction. Un tel comportement n’est, selon elle, pas raisonnable.

Du côté de la défense, on estime justement que le policier s’est défendu légitimement, les deux coups de feu étant la seule option, dans les circonstances, pour assurer sa survie. On croit donc que le comportement de David Lacour a provoqué une situation d’urgence dont la seule issue était l’utilisation du pistolet.

Cette théorie est appuyée par Bruno Poulin, enseignant à l’école de police de Nicolet et témoin au procès. À son avis, le jeune Lacour a créé un « danger imminent » en appuyant sur l’accélérateur. Dans de telles circonstances, un policier doit viser l’individu à l’origine du danger, pas le véhicule.

Au sens du Code criminel, l’homicide involontaire est un comportement via lequel un individu cause la mort d’un autre, de manière directe ou indirecte. À la différence du meurtre, une telle infraction se définit par son caractère involontaire. Autrement dit, on tue quelqu’un sans en avoir l’intention, mais le comportement à l’origine de la mort est illégal dû au fait qu’il puisse causer des lésions corporelles.

Le jugement sera rendu en juillet prochain. Si Éric Deslauriers est reconnu coupable, il est passible d’une peine d’emprisonnement à perpétuité. Comme une arme à feu a été utilisée, la peine minimale est de quatre ans de pénitencier.

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