Taper sur le mauvais clou?

Taper sur le mauvais clou?
Journal Accès
Actualité

Lettre ouverte

L’AELSA, l’Association du lac Rond, dénonce le manque de jugement de la Ville dans l’application non raisonnée d’un règlement mal conçu sur les bandes riveraines, et de passer à côté de la protection durable du lac.

Les riverains s’activent depuis 30 ans à préserver la santé du lac. Ils ont créé une bande riveraine volontaire dès 1990; ont créé une Réserve naturelle protégée à la source du lac; ils participent aux mesures du Réseau de suivi volontaire des lacs (RSVL).

Le lac Rond a présentement trois problèmes majeurs, soit un excès de sels (six fois la norme) lié au sel de déglaçage des rues; une abondance de plantes aquatiques liée aux engrais de tout le bassin versant; et un risque de contamination par des espèces envahissantes (myriophylle et méduse).

Les bons clous

Les bons clous seraient 1) de diminuer les sels de déglaçage, les remplacer, ou les capter et dérouter pour ne pas qu’ils aillent dans le lac; 2) interdire les engrais dans l’ensemble du bassin versant; et 3) de contrôler les embarcations, pneumatiques, planches, wetsuit qui transfèrent de lac en lac, pour les nettoyer de la plante myriophylle à épis. Avec ceci, il faut aussi une bande riveraine qui retient les sédiments, ceinturant l’ensemble du lac Rond, pas seulement les terrains résidentiels privés qui ne forment que 65 % du périmètre. Les études scientifiques démontrent qu’une largeur de 10 mètres est optimale et c’est la norme établie par la loi du Québec. La presque totalité des riverains résidentiels privés du lac Rond a 10 mètres de bande riveraine. La Ville, elle, n’a pas 10 mètres de bande naturalisée sur la majorité de ses terrains en bordure du lac : ni en haut de la plage ni près de la décharge. En effet, la Ville est exemptée de son propre règlement!

Par ailleurs, la Ville a fait du zèle pour les terrains privés du lac Rond en imposant un règlement plus sévère de 15 mètres, alors que les études ne montrent pas de gain significatif d’efficacité!

Le mauvais clou

Et voilà que la Ville a engagé une agente qui fait la police pour mesurer « au centimètre près », 15 mètres des terrains privés. Pour la moitié des propriétaires au lac Rond, cela prend 90 % de la distance devant leur maison! Presque de l’expropriation déguisée. Sans bénéfice réel pour le lac!

Pendant ce temps, la Ville n’arrête pas l’eau chargée de sels qui va dans le lac vers le bas des rues. La Ville ne végétalise pas le haut de la plage et près de la décharge. La Ville laisse libre accès aux embarcations non nettoyées. La Ville laisse couler des tuyaux directement dans le lac! Et la Ville refuse une subvention à l’AELSA pour l’aider à amortir l’augmentation de 200 à 372 $ pour les frais d’analyse de l’eau!

Coup de marteau! Des fonctionnaires font du zèle pour harceler des riverains sur le 15 mètres : inspections à répétition, pose de piquets, lettres avec menaces d’amende, avis d’infraction, même chez les gens à qui il ne reste plus que 10 % de terrain accessible, même chez les gens âgés malades et ceux qui ont déjà une bande riveraine substantielle. La Ville soutient qu’elle applique son règlement « de façon équitable pour tout le monde ». Et le bon jugement, lui, ne pourrait-il pas être appliqué égal à tout le monde?

Plusieurs municipalités ont aménagé leurs règlements avec différentes clauses pour distinguer les bâtiments existants, ou les terrains à haut risque avec fosses septiques, ou pour les lacs servant de prise d’eau potable. Elles appliquent alors « équitablement » des règlements appropriés aux circonstances!

La majorité des riverains privés ont déjà démontré leurs efforts et souscrivent à une bande de 10 mètres. Mettre une partie de son terrain privé au service de la santé des lacs, c’est bénéfique pour toute la communauté adéloise. Au-delà de 75 % de son terrain, c’est exagéré! Et l’imposer quand les autres efforts ne sont pas mis de concert, c’est injuste. Pour une quinzaine de maisons existantes, 15 mètres où ils ne peuvent pas tondre, ni planter à leur choix, ni sarcler, ni installer de patio, de chaises ou tables de parterre, c’est perdre 90 % de la profondeur de leur terrain! C’est abusif, inutile, cela braque les riverains et cela détourne de la réelle protection efficace du lac Rond.

AELSA dénonce la façon de faire de la Ville et de certains de ses fonctionnaires qui appliquent de façon abusive uniquement aux riverains individuels un règlement conçu sans suffisamment de discernement et qui n’appliquent pas à la Ville le même fardeau d’efforts.

Louise Lemyre, Présidente d’AELSA – Action Environnement Lac Sainte-Adèle (lac Rond)

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[+] Plus dans Actualité