Les Verts contre les Rouges

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Lettre à Josée Pilotte

Madame Pilotte, vous êtes propriétaire éditrice du journal Accès, vos vues et vos visions sur le plein air sont bien connues de tous et je vous félicite de prendre position dans le dossier politique du mont Loup-Garou, dont vous êtes en plus la porte-parole.

Cependant, un retour journalistique va nous permettre de comprendre bien des choses.

Dans un premier temps, vous faites paraître en première page une photo de Nadine Brière, notre mairesse, en haut du mont Loup-Garou. Les valeurs véhiculées y sont très louables, car elles font partie des 36cordes sensibles des Québécois, tels l’amour du plein air, l’amour de la nature… Une vision verte plus que béton de notre avenir.

Une semaine plus tard, il fallait s’y attendre, vous faites publier un éditorial de votre part qui prend position dans une pleine page: «Les Laurentides dont je rêve». Dans cet article, vous parlez haut et fort du mont Loup-Garou comme d’un patrimoine collectif. Savez-vous ce qu’est un patrimoine? «Une propriété transmise par nos ancêtres.» Nos ancêtres nous ont transmis quoi, au juste?
Vous avez une formidable tribune qui est devenue politique dans ce dossier. Allez-vous la partager avec ceux qui ne désirent pas se porter acquéreurs de cette montagne?

«Des élus qui n’ont pas de vision pantoute», aujourd’hui, ce sont des élus qui se disent que la Ville est riche, qu’elle peut capitaliser sur son réseau d’égouts et s’engager dans des dépenses somptuaires, à coup de cinq millions par-ci et cinq millions par-là.

Au bout du compte, qui va payer, encore? Qui va sacrer en voyant l’augmentation de son impôt foncier? Qui va devenir rouge de colère?
Tantôt, vous parlez de joyau; toutes les montagnes sont des joyaux, nous sommes entourés de montagnes, allons-nous toutes les acquérir? Vous parlez d’ADN; on n’a pas le choix, c’est viscéral, il faut les acquérir sinon on va mourir. On ne pourra plus respirer si on n’achète pas le mont Loup-Garou, moi j’appelle cela «charrrrier» le monde, Mme Pilotte.

De plus, ces milieux marécageux ne sont nullement dans la mire des promoteurs immobiliers, mais il faut craindre le pire, il faut faire peur au monde (comme dans le dossier du complexe sportif, on va perdre nos subventions), il faut faire vite, « il est minuit moins quart ». On brandit souvent la menace du gros méchant loup ou du bonhomme Sept-Heures.

Mme Pilotte, vous vendez du rêve. Vous vous servez de votre stratégie publicitaire pour que la Ville, qui appartient à Nadine Brière, achète le mont Loup-Garou. Un peu de pommade par-ci, un peu de pommade par-là, et on voit surgir une mousse verte virulente. Vous allez réussir à la manipuler, comme vous manipulez l’information. En avons-nous les moyens ne devrait pas être la question fondamentale pour les citoyens de Sainte-Adèle. En avons-nous vraiment besoin?

C’est triste à dire, mais Sainte-Adèle n’est pas simplement une ville endettée, je dirais une ville surendettée. Dans le passé, nous avons fait des choix politiques, il faut les assumer. Maintenant, il faut se serrer la ceinture, réduire l’impôt foncier, couper dans le gras. Il faut gérer la décroissance.

Bien à vous, Messieurs Les Verts, vous voulez faire une contribution, aller chercher des subventions, mais de grâce, ne venez pas surcharger encore les citoyens de Sainte-Adèle dans leur compte de taxes.
La semaine prochaine, la Une du journal sera facile à deviner: «Sainte-Adèle dit oui au mont Loup-Garou».

Je regrette, Mme Pilotte, je trouve désolant et manipulateur de votre part que vous utilisiez votre statut de propriétaire de journal afin de vendre et vanter un projet particulier de la mairesse Brière qui, à mon avis, devrait penser à la collectivité citoyenne, pas seulement à un groupe dont elle fait partie. C’est drôlement cher payé!

Hier encore, ici même, une centaine de citoyens sont venus se battre contre cette même mairesse pour conserver leur petit boisé, dans le quartier Vallée du Golf. C’est leur petit mont Loup-Garou à eux pour faire du plein air, c’est leur quartier, leur milieu de vie, leur ADN.

Hier, où étaient les APÔTRES du plein air pour venir les appuyer? Par contre, le lendemain, c’est en abondance qu’on les a vus sortir à la grande messe du plein air pour leur montagne. En fait, il ne manquait que notre valeureux curé Daoust pour bénir cette auguste cérémonie.

Mme Pilotte, vous entrez dans le monde merveilleux de la politique, vous avez donné votre point de vue d’éditorialiste, bravo! Allez-vous maintenant être assez fair-play pour publier ce texte dans votre journal ou cantonner l’information à votre seule ligne de pensée? Au fait, j’allais oublier, pouvez-vous me dire où se situe le mont Loup-Garou?

Pierre Lafond
Conseiller municipal, Ville de Sainte-Adèle

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