Le quotidien après 5, 10 ou 25 ans de retraite

Le quotidien après 5, 10 ou 25 ans de retraite
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Chronique aînés

Suzanne St-Michel, collaboration spéciale

Lors d’une soirée-bénéfice où je ne connaissais personne, je me suis retrouvée pour le repas à une table de retraités, moitié hommes, moitié femmes, qui se fréquentaient depuis longtemps.

Après les présentations d’usage, ils m’ont demandé depuis combien de temps j’étais à la retraite. Quand je leur ai répondu deux ans, ils sont tous partis à rire; je leur ai alors posé la même question. Réponse : 19, 24 et 28 ans! La discussion très animée qui s’ensuivit portait sur les différences dans le quotidien entre un jeune retraité et un retraité « expérimenté ».

Dès le départ, certaines données orientent nos échanges : vivre seul ou en couple – si en couple, est-ce que les deux sont retraités ou bien un des deux travaille?

Quel est le niveau d’endettement du couple, l’état de santé de chacun? Quel est leur style de vie, actif ou passif? Aiment-ils les voyages, les restos, les loisirs? Sont-ils intellectuels ou plutôt manuels ou bien encore les deux? Pour les frais de subsistance, quel est le niveau de leurs besoins de base en termes de nourriture, logement, vêtements, auto…?

Mais le facteur le plus important demeure la santé, car ce dernier influence tout le reste; tu as beau être millionnaire, si l’un des (ou les) deux conjoints ne peut pas en profiter, qu’est-ce que ça donne? Avec le vieillissement, l’équilibre entre l’autonomie physique et financière devient primordial.

À ce moment, je réalise que ma retraite peut durer plusieurs décennies et que cette portion de ma vie sera loin d’être monotone, stable et sans surprises; différentes phases seront déclenchées par une série d’événements heureux et malheureux.

En général, de 60 à 75 ans, nous sommes très actifs sur le plan social (par exemple, avec le bénévolat) et personnel avec les voyages, les restos et les activités physiques et sportives. De 70 à 85 ans, nous sommes certes moins actifs, mais la vie est tout aussi intéressante. On réduit les sorties, et les besoins de consommation changent puisque les soins de santé prennent plus de place et nous commençons alors à rechercher une résidence répondant à notre degré d’autonomie. En dépassant les 80 ans, nous revenons au plus important : la simplicité. Le quotidien dépend de notre état de santé et varie énormément d’un individu à l’autre.

Par exemple, je me souviens qu’au souper-bénéfice, je leur ai demandé s’ils se préparaient toujours des repas élaborés. Si on est en couple, la réponse est affirmative, mais pour les personnes seules, le souper se limite souvent à un bol de céréales ou une soupe accompagnée d’une gâterie sucrée, peu de vaisselle et c’est vite fait!

Finalement, la qualité de vie des retraités dépend tellement de facteurs différents, de leur philosophie de vie et surtout de leur état de santé physique et mental, qu’il est presque impossible de déterminer un canevas qui s’applique à tout le monde. Pendant longtemps, j’ai pensé qu’on vieillissait comme on avait vécu.

Aujourd’hui, je pense la même chose et j’ajoute qu’un petit bonheur chaque jour est essentiel à ma vie comme un sourire, chanter très fort sur un air qu’on aime, s’offrir un bouquet de fleurs à l’occasion, appeler un ami, nourrir les oiseaux et mes chats. N’oubliez pas que VOUS choisissez votre petit bonheur au quotidien même après 20 ans.

 

Suzanne St-Michel est membre de la Table des Aînés et de son comité de communication et membre du C.A. de Prévoyance envers les aînés et présidente du C.A. de la Rencontre de Ste-Marguerite-du-Lac-Masson.

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