Dénoncer l’intimidation

Dénoncer l’intimidation
Journal Accès
Chroniques

La maltraitance est devenue le sujet de l’heure et les CHSLD ne sont pas les seuls endroits où le phénomène existe. En fait, toute personne vivant à l’extérieur d’un CHSLD qui vit des inquiétudes ou qui a des doutes face à certaines situations mettant en jeu son bien-être physique ou moral, comme les aînés démunis, isolés socialement ou géographiquement, vivant de l’abus, de la négligence, de l’intimidation et de l’insécurité, subissent la maltraitance.

Derrière chaque porte, il y a une petite histoire. Comment réagir si l’on soupçonne ou constate qu’un être cher est vulnérable et intimidé? Fermer les yeux n’est pas la solution et, avec le temps, ce silence devient lourd et apporte avec lui un sentiment de culpabilité. Dans le fond, quel est le plus important : se sentir coupable ou sauver la vie d’une personne que l’on apprécie? Pourquoi se taire?

Les appels concernant une situation de maltraitance sont faits en grande partie par l’aîné maltraité ou par un membre de sa famille. Les trois quarts des appelants sont des femmes qui vivent chez elles et, quelquefois, cohabitent avec leur abuseur.

Dans les MRC des Laurentides et des Pays-d’en-Haut, l’organisme reconnu depuis 23 ans pour son intervention en maltraitance est Prévoyance envers les aînés des Laurentides. Le cœur de Prévoyance est son réseau de sentinelles. Suite à une formation continue, ces personnes sont habilitées à apporter soutien, assistance et accompagnement aux aînés éprouvant des inquiétudes. Ces bénévoles écoutent et guident lainé vers la ressource la plus apte à résoudre son problème. Chez Prévoyance, les appels proviennent souvent des services de police, du CISSS et des institutions financières, mais tout le monde peut faire un signalement, soit un ami, un parent, un voisin et, évidemment, la personne elle-même. La démarche est faite en toute confidentialité. Vous pouvez rejoindre Prévoyance envers les aînés au 1 844 551-6032 et sur Internet : www.prevoyanceaineslaurentides.org.

Par exemple, une dame de 84 ans communique avec Prévoyance envers les aînés des Laurentides car elle vit une situation très difficile avec son petit-fils qui vient la visiter chaque début de mois, lorsqu’elle reçoit son chèque de pension de vieillesse. Il est très gentil avec elle, mais à chaque visite, il lui fait savoir qu’il éprouve de graves difficultés financières, qu’il ne peut payer son loyer et que s’il se fait mettre à la porte, il sombrera à nouveau dans la drogue. Chaque mois, sa grand-mère lui donne 500 $ pour le dépanner, mais c’est une somme dont elle a besoin puisqu’elle vit déjà modestement.

La grand-mère ne veut pas porter plainte officiellement à la police, car elle ne veut pas dénoncer son petit-fils et ne veut surtout pas avoir à témoigner contre lui. De plus, elle a peur de perdre la seule visite qu’elle a de sa famille. La sentinelle de Prévoyance lui propose donc une rencontre avec un policier communautaire qui accepte de venir rencontrer la dame sans prendre de plainte officielle.

Lorsque le petit-fils revient voir sa grand-mère le mois suivant, il est surpris et inquiet de constater la présence d’un véhicule de police chez elle. Lorsqu’il entre dans la maison, il aperçoit sa grand-mère en train de prendre un café avec le policier. Ce dernier expliquera au petit-fils les conséquences financières de ce manque à gagner pour sa grand-mère et de la possibilité pour le jeune de devoir faire face à des accusations criminelles.

Le petit-fils, ayant pris conscience des conséquences de ses abus, s’excuse auprès de sa grand-mère qu’il vient toujours visiter, mais sans vouloir lui soutirer de l’argent.
Régulièrement, Prévoyance est à la recherche de sentinelles et de professionnels pouvant conseiller nos bénévoles. L’organisme est présentement en campagne de financement. Les dons sont acceptés sur le site de Prévoyance (« Contactez-nous – faire un don ») ou sur haricot.ca (section « Communautaire »), un site de sociofinancement reconnu et sécuritaire. De plus, un souper-bénéfice aura lieu le mercredi 21 juin 2017 à l’École hôtelière des Laurentides, à Sainte-Adèle.

Avec la maltraitance viennent des mots qui expriment une dure réalité : effrayer, terroriser, menacer, angoisse, forcer, contraindre, fragilité, sévices, molester, brutaliser, agressivité. Que ressentez-vous? Pourtant, vous pourriez vivre le calme, la douceur, l’écoute et le respect. Vous ou un être cher vit un abus? Pourquoi attendre? Appelez! Le tout reste confidentiel et vous n’êtes plus seul à supporter cette souffrance.

Suzanne St-Michel est membre de la Table des Aînés et de son comité de communications, membre du C.A. de Prévoyance envers les aînés et de la Rencontre de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[+] Plus dans Chroniques

  • Ça me fait plaisir… vraiment?

    Chronique 55+ Suzanne St-Michel, collaboration spéciale Cet article sur le plaisir n’en sera pas un de « recettes » parce que je n’en ai aucune sur le sujet. Je vois tellement de personnes pour qui le plaisir est compliqué et la vie tellement plate. Pourquoi certaines personnes n’ont-elles aucun projet sauf de tout critiquer...

  • Le cadeau de la littératie financière

    Chronique d’un X Jean-Claude Tremblay À cinq ans, je répondais au téléphone et je faisais visiter les...

  • Déménager ou rester là? Un jour, la question se pose…

    Diane Baignée, collaboration spéciale Au moment où cette question nous habite, quelles sont les avenues possibles? Malgré...

  • Nous sommes tous racistes

    La chronique à Mimi J’ai grandi dans un milieu plutôt raciste, mais mes parents ignoraient qu’ils l’étaient....

X