Le syndrome d’Alice

Le syndrome d’Alice
Thomas Gallenne
Chroniques

Sous le toit de l’Échelon

Tranche de vie
Par THOMAS GALLENNE

Je pose ma casquette de rédacteur en chef et de journaliste pour vous parler directement avec mon cœur. Non pas que je ne le fais pas d’habitude, mais dans le cadre rigoureux journalistique, on parle des faits avant tout. Les sentiments a priori n’ont pas leur place. Sauf que je veux vous donner mon impression, non pas basée sur des faits simplement, mais sur des constatations et surtout du ressenti. Dans cette époque qui baigne dans le cynisme, c’est une bouffée d’air frais, de la poudre de Fée Clochette que j’ai reçue en plein visage!

« Après cinq ans de travail assidu, l’Échelon des Pays-d’en-Haut vient de faire l’annonce officielle de la réalisation de Sous le toit de l’Échelon, un projet de logement communautaire de trente appartements pour les personnes qui vivent avec des difficultés reliées à la santé mentale. »

Ça, c’est un extrait du communiqué officiel. Pas de quoi fouetter un chat pour un journaliste qui couvre l’actualité régionale depuis bientôt huit ans.

Mais lire un communiqué et aller sur place, c’est deux mondes.

Et j’ai découvert une réalité que j’étais à mille lieues d’imaginer.

Louise Guertin, présidente de l’Échelon, m’a servi de guide. Dès les premiers instants, j’ai été impressionné par les lieux. Des locaux aérés, spacieux, lumineux, décorés avec goût, sans fioriture ni prétention aucunes. Avec une large fenestration donnant sur les espaces verts environnants.

Une cuisine collective de type commercial en stainless, pour la popote qui sera consommée sur place ou que les membres peuvent emporter chez eux; des espaces collectifs spacieux et invitants; des matériaux de recouvrement sélectionnés avec soin; des logements de type trois et demi fonctionnels, répondant aux standards de sécurité; des locaux administratifs à l’avenant… Bref, tout semble avoir été songé et cela paraît.

Et là, je n’ai parlé que du bâtiment en tant que tel, mais il y a aussi les aménagements extérieurs, la pergola, la petite fontaine et la sculpture végétale… Symbolique. La chenille devenant papillon.

Bon, c’est bien beau le béton, mais il y a l’humain. Parlons-en! Toute cette vibration, cette harmonie, ne tombent pas du ciel. Cela a pris une vision puis la volonté de la réaliser. Et lors de ma visite, j’ai rencontré des personnes formidables, investies, volontaires, coopérantes. Ce bâtiment est le résultat d’un travail acharné durant cinq ans, autant des membres du conseil d’administration, des intervenants du milieu que des membres eux-mêmes, les entraidants. « Il fallait aussi bien penser à la philosophie du projet qu’aux coûts », m’a expliqué Lise Lapointe, vice-présidente de l’Échelon et trésorière de Sous le toit de l’Échelon.

Ce projet m’a touché et m’a redonné un certain espoir. Il m’a touché, car j’y ai vu plus que quatre murs et un toit. J’y ai vu un lieu qui symbolise l’entraide, l’amour de soi et de son prochain. Un lieu qui transpire la dignité humaine. Un lieu où les membres prennent en main leur vie. Et l’espoir que l’on peut mener un projet à bien en respectant les cadres temporels et financiers. Est-ce parce qu’il a émané de la base, du milieu lui-même (approche bottom-up), qu’il a réussi dans ce cas précis? Voir la réussite de ce projet, c’est y répondre, et j’espère qu’il fera école.

« Ici, c’est un milieu de vie où les gens vont grandir. »

Effectivement, c’est drôle. Je suis ressorti de ce lieu un petit peu plus grand que quand j’y suis entré.

L’Échelon des Pays-d’en-Haut

Installé depuis un an à Sainte-Adèle, l’Échelon des Pays-d’en-Haut est un organisme communautaire alternatif combinant, en un même lieu, un centre de jour et un organisme d’habitation. Son centre de jour reçoit depuis 1993 les adultes ayant des problèmes en santé mentale. Ses activités visent à offrir un soutien et à maintenir l’espoir au quotidien. L’art se révèle un outil de choix pour retrouver le chemin vers un bon équilibre de vie.

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[+] Plus dans Chroniques

X