Nous sommes tous racistes

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La chronique à Mimi

J’ai grandi dans un milieu plutôt raciste, mais mes parents ignoraient qu’ils l’étaient. Par exemple, mon père disait qu’il n’avait rien contre les Noirs, mais qu’il préférait, et de loin, qu’aucune de ses quatre filles en marie un. Un jour, j’ai entendu ma mère s’offusquer que l’une de nos voisines, qui aurait pu faire la une des magazines tellement sa beauté frappait, tombe amoureuse d’un tout petit Chinois qui, à ses côtés, avait l’air d’une virgule. Réagissant à son propos, elle m’avait répondu que même les oiseaux volaient avec leur espèce. Côté racisme, ça s’arrêtait là.

Si j’ai choisi ce sujet, c’est à cause d’un festival afro-féministe réservé aux femmes noires qui a créé toute une polémique en France. Qu’il y ait eu des changements ou non à la suite du tollé ne change en rien l’idée du racisme à l’envers. S’il eut fallu qu’un tel événement soit pensé uniquement pour les femmes blanches, la terre aurait tremblé, et pour cause. Ce qui irrite mon côlon (et je suis polie), c’est que dès que l’on ose parler du sujet, on risque la lapidation.

On est tous racistes à des degrés plus ou moins différents. Vous qui me lisez, vous êtes dans le tas. Me recevez-vous cinq sur cinq? Parce que le mot racisme signifie une profonde intolérance envers une catégorie déterminée de gens différents de nous. Mon texte vise davantage les gens de race noire. Je trouve qu’ils ont eu et ont encore une vie très difficile. Nous, les Blancs, nous devenons mauves de colère, rouges de timidité, verts quand on tombe malades, jaunes par les nausées, roses de plaisir et nous sommes les premiers à dire qu’un Noir est un homme de couleur.

Qu’est-ce qu’un Noir avec le quotient d’un orang-outang? Un surdoué. Je recommence : qu’est-ce qu’un Blanc avec un quotient d’un orang-outang? Un surdoué. Et pourtant, ma première blague (si c’en est une) ne passerait jamais avec mon rédacteur en chef ni avec la presse en général.

Un jour, un Noir demande à Dieu pourquoi sa peau était si sombre. Parce qu’elle te protège du soleil de la jungle. Et pourquoi j’ai de longues jambes? C’est pour mieux t’enfuir contre les animaux sauvages, répondit Dieu. Mais pourquoi suis-je si frisé? C’est pour que tes cheveux ne s’accrochent pas aux branches des arbres lorsque tu cours. Coudon, as-tu bien d’autres questions à me poser? Une dernière : Dieu, pourquoi je vis à New York?

C’est écrit noir sur blanc. Le racisme n’est même pas une opinion. Et tant que la couleur de la peau sera plus importante que celle des yeux, nous ne connaîtrons jamais la paix. Dommage, en ce sens, que l’Homme ne soit pas daltonien.

***

L’ami Couillard

Personnellement, je n’aimerais pas du tout avoir déjà été l’amie de Philippe Couillard et de me faire renier publiquement. Lorsqu’il s’adresse aux médias, il parle et ment, d’où le nom de parlement. Hélas, ce n’est pas le seul parlementeur que je connais! Je ne lui prête pas d’intentions, je les lui donne. C’est quand même effarant de réaliser à quel point cet homme renie ses connaissances. On pense à feu Arthur Porter et maintenant à Marc-Yvan Côté. La justification n’est que le début du mensonge. Pourquoi ne pas avoir dès le début admis que, ben oui, il a été chum avec ces derniers. Nonnn! Il s’est contenté de s’embourber dans un tissu de mensonges accompagnés d’un sourire aussi contrefait qu’un chèque sans fonds. Je concède à M. Couillard la force de sa verve, il se sert des mots comme d’une fausse monnaie. C’est un excellent orateur ballotté par les flots de sa propre éloquence. C’est sa force et j’aime son langage châtié sauf qu’il s’en sert comme une arme. Alors là, même quand il parle, il fausse. Et parfois, ses réponses à l’Assemblée nationale paraissent aussi arrogantes que trois points d’exclamation qui se suivent. Danger! Vous avez cru à sa dernière trouvaille sur l’identité québécoise? Il n’en avait même pas parlé à son propre caucus ou si peu!

Faudrait juste lui rappeler que la plus haute branche n’est pas toujours le perchoir le plus sûr.

C’est Goethe qui affirmait que le meilleur gouvernement est celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes, soit exactement le contraire de nos chers libéraux.

Des commentaires? Contactez Mimi Legault à mimilego@cgocable.ca 

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2 Comments

  1. gad

    15 juin 2017 à 14 h 28 min

    Sur la chronique a MIMI

    ‘RACISME===une profonde intolérance envers une catégorie déterminée de gens différents de nous’.

    Votre definition est tres simpliste. Vous ne donnez aucun contexte historique. Pr vs le racisme=haine.

    Quand on dit que les juifs ont bcp d’argent, les noirs un gros sexe s’agit-il de haine ou de degout?

  2. Michel McArthur

    17 juin 2017 à 8 h 01 min

    Bonjour, j’ai lu votre article « Nous sommes tous racistes. Je commence par dire qu’à chaque fois qu’il y a des gens qui sont persécutés pour ce qu’ils sont, il faut réagir, Que ce soit les homosexuels, les femmes, etc… aujourd’hui c’est le racisme. Je ne suis pas raciste, je n’ai pas « une profonde intolérance envers une catégorie déterminée de gens différents de nous ». Je suis pas du même avis que vous.. Essayer de normaliser le racisme est inacceptable. Imaginez un titre qui ce lit, « Nous croyons tous que les femmes sont inférieures aux hommes ». Une chance que nous évoluons mais il faut évoluer plus vite contre les injustices, ne pas les accepter et encore moins se sentir une victime (…Dommage, en ce sens, que l’Homme ne soit pas daltonien……). Il n’y a qu’une race; La race humaine!

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