Scandales et corruption

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La chronique À MIMI

Mimi Legault

L’ex-député provincial et ancien chef de police de Montréal, Jacques Duchesneau, vient d’être nommé inspecteur général de la Ville de Saint-Jérôme pour mener une lutte à temps plein contre la collusion et la corruption. J’applaudis devant cette initiative et, en même temps, je me dis qu’on en est rendus là. J’ai fait rire une amie qui m’a ramené rapidement les deux pieds sur terre. Car, selon sa propre expérience, le système des enveloppes brunes existe depuis belle lurette. Elle-même travaillait pour le bureau d’un grand avocat à Montréal.

On parle des années 60. Il est question ici des filles de joie. « Lorsqu’il y avait une descente, la première partie de mon travail était de savoir quel groupe avait été arrêté. Mettons que c’était celui de Mme Marie (non fictif), je devais communiquer avec le pimp attitré au bordel. Ce dernier me remettait trois enveloppes : une pour le juge, une autre pour le cautionnement et la dernière pour l’avocat. Les jeunes filles étaient alors relâchées. Elles devaient simplement se présenter devant le tribunal municipal. Si elles avaient la chance de tomber dans l’œil du juge, elles avaient un contrat en vue, car elles avaient des recommandations à lui faire en privé. » Ne vous étouffez pas en lisant ces propos, ils sont véridiques. J’ai, bien sûr, suivi les travaux de la commission Charbonneau. J’étais tellement dégoûtée des propos de certains qu’il m’arrivait d’avaler une Gravol. L’un après l’autre, chacun venait vomir sa filouterie. Ta gueule, mon oncle. Tant de mensonges éhontés que j’écoutais avec mon air d’oison bridé.

La corruption, ce manque de dignité, cette absence de scrupules, cette exploitation des gens sans défense me hantent chaque fois qu’il en est question. À quel moment de sa vie cette gangrène naît-elle dans le cœur de l’homme? D’après ce que je vois, la conscience des gens égale l’épaisseur de leur portefeuille. L’autre jour, un politicien se targuait d’avoir la conscience nette, peut-être était-ce parce qu’elle n’avait jamais servi! Et si tout simplement, elle n’existait pas chez certains. Qu’on leur en greffe une! Ce qu’il y a d’épouvantable de nos jours, c’est que les collusions et corruptions se multiplient tant, que le danger est que ceux qui écoutent les nouvelles les grands yeux fermés finissent par s’habituer aux scandales. Un de plus, un de moins… Heureusement, la vérité est comme du pop-corn, un jour ou l’autre, elle finit par éclater.

*********

La caricature dans le journal Le Courrier du Sud du 8 mars dernier montrait Philippe Couillard vêtu d’une djellaba en train de lancer des cailloux à son ex-députée Fatima Houda-Pepin. Le premier ministre avait-il le droit d’être offusqué? Certes. L’avait-il de demander à l’un de ses sbires de contacter la haute direction de TC pour démontrer son dissentiment? C’est un NON en lettres majuscules! On nomme ça faire de l’ingérence. Or, ce dernier vante la démocratie à tout vent. Des fois, je dis bien des fois, il m’arrive de mettre dans la même chambre, mais pas dans le même lit, Couillard et Trump. Ce dernier, avec ses coups de gueule, attaque à plein régime les médias et, l’autre, poissé dans sa cape linguistique qui, sous des mots impeccablement bien dits, finissent par atteindre la même cible : ébranler la liberté d’expression d’une façon tellement subtile pour le premier ministre qu’il faut décaper ses paroles pour apercevoir le vernis qui l’habite. J’observe beaucoup l’attitude de M. Couillard et lors de sa rencontre avec les journalistes concernant l’affaire Fatima, son sourire paraissait congelé alors que l’ire le rongeait.

Je me suis demandé pour quelle raison le journal avait fini par retirer sa caricature sur le Web puisqu’elle avait auparavant été acceptée. La réponse résidait dans un petit paragraphe du Journal de Montréal, 14 mars 2017 : TC (Transcontinental) a lancé un cri du cœur au début du mois à l’Assemblée nationale pour dénoncer le projet de loi 122 qui priverait les hebdos locaux d’une importante source de revenus en abolissant l’obligation de publier les avis publics dans les journaux. Piteux comme un pitou repentant face à son maître, le journal a admis que la caricature était déplacée et de mauvais goût. Voyez? Il est précisément là le vrai scandale.

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