La vérité sur nos habitudes financières

La vérité sur nos habitudes financières
Martine Laval
Actualité

Pierre Senez, expert-comptable et fondateur du cabinet de Montréal depuis 30 ans et du cabinet de Sainte-Adèle depuis deux ans (nouvellement déménagé dans l’enceinte de l’ancienne Banque Nationale de Sainte-Adèle), possède une vaste expérience. Spécialisé dans le domaine artistique, il n’en rencontre pas moins des personnes de tout acabit. Il nous donne ici son avis sur des points qui intéressent tout un chacun.

Quel est l’état financier des gens en général, M. Senez?

Beaucoup de personnes ne sont pas prêtes monétairement pour leur retraite. Arrivées à 45 ou 50 ans, elles n’ont pas accumulé l’argent qu’elles auraient voulu pour pouvoir arrêter de travailler à 65 ans. Mais je les rassure, avec cette constatation bien tangible de par mon métier de comptable, que la retraite se prépare pour beaucoup entre 45 et 55 ans, et même entre 50 et 65 ans. Et le plus étrange est que ces dernières réussissent à en accumuler parfois plus dans les dix dernières années!

Voici un constat qui en soulagera certainement plusieurs!

Entre 20 et 50 ans, qu’on le veuille ou non, il y a eu mariage, maison, enfants, divorce, remariage en certains cas, autre maison, etc. Entre 50 et 65 ans, il se produit un genre de relâchement, il s’installe une certaine quiétude, et c’est là que les gens accumulent.

Puis, il y a ceux qui ont économisé toute leur vie (faible pourcentage) et qui se retrouvent dans une problématique autre : ils ont tellement de REER et d’argent accumulé que je leur déclare qu’ils ne pourront sûrement pas tout le dépenser, car ils mourront bien avant! Je les encourage donc à profiter pleinement de leurs épargnes.

L’évidence est que plus on vieillit, plus la capacité à dépenser diminue. À 80 ans, les voyages et les sorties au resto ne se font plus de la même façon ni au même rythme.

Il risque donc d’y avoir un bel héritage à léguer. Y a-t-il plus d’exemples de personnes qui ont travaillé toute leur vie et se retrouvent sans le sou à 70 ans, ou de personnes qui au même âge, et même avant, meurent avec des REER plein les poches?

Je ne suis pas un grand économiste, mais j’ai mon opinion sur le sujet suite aux constatations que je fais en tant que comptable ayant une clientèle d’un certain âge! Que chacun en tire sa propre conclusion.

Les gens vivent-ils selon leurs moyens?

Pas du tout! Tout le monde est surendetté! Cartes de crédit, grosse hypothèque, grosse voiture, grosses dépenses!

Dans le milieu très aisé que je connais bien par le biais de mon travail, on a de l’argent, des biens et on fait la grande vie, mais on est très hypothéqué, on est beaucoup sur l’emprunt.

Parmi eux, environ 20 % ont des millions, sans dettes.

Les « riches » ne sont peut-être pas le modèle à suivre, mais dans une clientèle plus « ordinaire », vit-on aussi au-dessus de ses moyens?

Je n’en connais pas beaucoup qui ne vivent pas au-dessus de leurs moyens.
Ceux que je connais et qui le font sont de deux sortes : ceux qui vivent selon leurs moyens, mais vivent « serrés » sans pouvoir dépenser plus.

Et ceux qui vivent selon leurs moyens, prudemment, économisant selon leur revenu.

Il faut savoir que les personnes qui ont toujours eu l’habitude d’économiser ne peuvent pas, rendues à l’âge de la retraite, commencer à dépenser frivolement. Habituées, elles continuent d’économiser : voyage le moins cher, chambre d’hôtel la moins chère, etc., et contrairement, celui qui a toujours voyagé cher va continuer à le faire en payant sur un, deux ou trois ans.

Quels conseils donneriez-vous pour être plus confortable et moins stressé financièrement?

Je crois qu’il faut profiter de ce qu’on a gagné, auto, maison, etc., mais il faut avoir un plan B, car c’est stressant de se retrouver à tel âge, et sentir qu’on est obligé de travailler encore plus vieux.

Le plan B, c’est de continuer à profiter de la vie et des efforts qu’on a mis à se la construire pour être bien, mais mettre de l’argent de côté. Pas pour en laisser en héritage nécessairement, mais pour avoir le choix de pouvoir arrêter de travailler au moment opportun.

Mes conseils sont très orientés sur la qualité de vie. Je ne peux pas dire à quelqu’un de commencer à dépenser ou à économiser, mais je peux lui faire voir qu’il n’y a pas le même nombre d’années devant… pour se stabiliser. On a de la chance de voir bien des gens dans la soixantaine, au travail et heureux de l’être.

C’est possible et c’est tant mieux. Le plus malheureux est pour ceux qui travaillent physiquement et pour qui c’est devenu difficile à cause du corps qui ne suit pas aussi bien.

Donc, bâtir un plan B, pour une meilleure qualité de vie.

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