Les Laurentides dont je rêve

Les Laurentides dont je rêve
Josée Pilotte
Espace griffé

Quand la Ville de Sainte-Adèle m’a demandé d’être une «sorte de porte-parole» de sa soirée d’information, au début je me suis dit que ce n’était pas mon rôle de faire ce genre de truc. C’est délicat comme éditrice de journaux de prendre position dans des dossiers aussi politiques.

Mais comme il est question de patrimoine collectif, je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas m’impliquer.

Pour moi, c’est ce type de débat où il est question du bien commun qui me fait vibrer. Et entre vous et moi, il est plutôt rare de nos jours de voir nos politiciens se mouiller jusqu’au cou pour bâtir et protéger un patrimoine tel que le projet du mont Loup-Garou.

Vous n’êtes pas sans connaître mon attachement profond pour la région et pour le plein air. Le plein air, j’y crois, j’en mange et j’ai toujours profité de la formidable tribune que peut être mon journal pour crier haut et fort cet attachement et pousser un coup de gueule quand je sentais qu’on pilait sur mes sentiers…

Rappelez-vous, il y a un peu plus de 10 ans, le fameux dossier du kilomètre 21. Il était question d’un promoteur qui voulait faire passer une rue en sectionnant, encore, le parc linéaire. Les élus de l’époque ne voyaient pas l’enjeu d’un tel massacre. Nous avions alors pris position dans ce dossier afin de faire voir à nos élus qui avaient une vision à très court terme (en fait, ils n’avaient pas de vision pantoute) afin de montrer l’importance de préserver l’intégralité de ce joyau qu’est le P’tit Train du Nord. Car si on les avait écoutés, on ne parlerait plus aujourd’hui d’un parc linéaire, mais bien d’une ligne en pointillé.

En 2008, Accès a initié «Les Laurentides dont je rêve», un grand remue-méninges collectif pour exprimer une vision, des valeurs communes. Et le plein air, les sentiers en faisaient partie. On est revenu à la charge en 2009, en pleine campagne électorale municipale. Nous avons invité tous les candidats à se prononcer sur ces valeurs à protéger. Tout le monde nous regardait comme si on était des fous. On se faisait traiter d’«élitistes» par nos élus qui avaient une vision plus «béton» que verte de notre avenir.

Or, 10 ans plus tard, ces idées ont fait des petits. Il y a du chemin qui a été parcouru. J’ai juste à penser à la création d’organismes dédiés au développement de sentiers comme la SOPAIR, PASS ou Plein air Saint-Sauveur, le renforcement de PASA Plein air Sainte-Adèle, des précurseurs. Il y a aussi Héritage plein air du Nord à Sainte-Anne-des-Lacs…

Sinon, la MRC des Pays-d’en-Haut a fait un grand pas, elle s’est commise en adoptant sa première politique de protection et de pérennisation des sentiers. Des villes et des municipalités posent des gestes concrets dans ce sens, comme Morin-Heights en décembre dernier, alors qu’elle acquérait, en collaboration avec Conservation Canada (CNC), la fiducie foncière Sainte-Adèle et, en collaboration avec le Club Viking, près de 320 acres de terrains sur lesquels passent justement des pistes de ski de fond du club Viking.

La Ville de Sainte-Adèle veut acquérir plus de 200 hectares dans le secteur du mont Loup-Garou. Un projet qui démontre la détermination de nos politiciens de préserver ce joyau qu’est cette nature, qui détermine en quelque sorte notre ADN.

Nadine Brière, mairesse de Sainte-Adèle, se lance dans le vide afin de proposer à ses citoyens de faire l’acquisition de 200 acres de terrain.

Elle a de l’audace et de la vision, et ça, chez Accès, on aime bien ça, surtout quand il est question de plein air. Nous sommes nombreux à utiliser nos sentiers. On les roule, on les court, on les marche… Mais par-dessus tout, on les respire, on décompresse nos vies folles.

Nadine Brière nous propose un terrain de jeu incroyable afin de pratiquer nos sports préférés. Nos sentiers et forêts sont le poumon, le pourquoi nous avons adopté les Laurentides. Mais ces lieux sont pour la plupart privés ou menacés, on ne va pas se le cacher.

Alors vous comprendrez que notre société a besoin de plus de Nadine Brière pour avoir la vision, voire un peu de folie en arrière de la cravate pour mettre sur la table de tels projets afin que NOUS en profitions tous demain.

Je ne voulais pas m’impliquer ni prendre position, mais c’est plus fort que moi.  Alors oui, j’endosse le rôle de porte-parole, car c’est le genre de projet qui découle d’une vision, de notre attachement à cette nature et qui me tient à cœur!

Soyez-y, gens de Sainte-Adèle, osez, faites-vous entendre, rêvons ensemble nos Laurentides… Ensemble, on peut faire la différence!

C’est un rendez-vous demain, le 7 juin, 19h, à la place des Citoyens!

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