Cher père Noël

Cher père Noël
Omalley

Ça fait longtemps que je t’ai écrit, la dernière fois pour vrai, pas celle sous le couvert de ma fille Clara… Ça doit dater d’il y a trente ans.

C’est la faute à St-Aubin, il m’a raconté une histoire pas possible prétextant que t’existais pas.

Ma foi en ton existence a été ébranlée pendant plusieurs années et du coup, mon enthousiasme envers Noël en a pris pour son rhume.

Malgré tout, j’ai rêvé à la mère Noël en talons hauts à plusieurs reprises.

Tu sais comment j’ai horreur du shopping au Costco, des matantes semi-chaudes, et des conversations vides pour ne pas choquer personne.

J’ai eu un flash, devant cette corde à linge où mère Noël faisait sécher tes habits hier, me disant que Noël sans toi c’était triste et qu’en plus, t’étais la personne idéale à qui me confier.

Plusieurs pensent que j’ai été sage cette année, mais ils ne savent pas tout, c’est loin d’être le cas.

Tu penses peut-être que je vais te parler du bac de vidanges auquel j’ai mis le feu en y jetant les cendres du foyer.

Du gin-tonic que j’ai avalé un mardi matin dans mon carton de café, de la passe du coyote que j’ai simulé en voiture à maintes reprises.

Mettons ça au clair : je ne fais jamais mon lit, donc ça ne compte pas non plus.

Je te fais grâce de ces petites folies qui me rendent si attachant.

Je veux plutôt déballer mon sac, du genre…

Qu’il m’est arrivé de faire semblant d’écouter, juste avant de manquer de patience et pis là maudit que je ne me sens pas fier.

D’oublier que la vie nous est prêtée, et de me laisser envahir par le travail, par l’ambition, par les défis professionnels.

D’essayer de compétitionner avec les petits jeunes pleins de testo à la boxe, et de me faire brasser la boîte solidement.

De sentir une enclume sur mon cœur et de m’être braqué plutôt que de me montrer vulnérable… mauvais réflexe.

Ça en fait pas mal sur mon dossier, n’est-ce pas?

N’aie crainte, je ne m’assoirai pas sur tes genoux. En revanche, je propose, afin d’expier mes bêtises :

– d’offrir à tes rennes le restant de la dinde de ma mère?

– ou de prendre un ou deux lutins pour l’été (je suis certain qu’ils seraient de bons jardiniers)?

Sinon, je saurai distraire la fée des glaces durant ses vacances, comme si elle perdait son imagination loin de sa baguette magique!Après tout ça, s’il te prenait l’envie de me faire un cadeau, je me permets de te soumettre quelques idées :

– deux heures de plus chaque jour pour que j’arrive dans tout ce que j’ai envie de faire; je te promets de ne pas les utiliser pour le travail!

– une fiole de cette poudre magique pour transformer les cons en cafards.

– m’allumer une étoile dans le ciel pour que j’y place ces gens qui n’ont pas le cadeau de la santé.

– un jeu sérieux auquel j’aimerais devenir champion : la résilience.

En tout cas, je promets de me changer en gamin pour quelques jours, à l’écart du boulot.

Et de porter un de tes bonnets afin de proclamer mon attachement affectif envers ton royaume. Après tout, certains revêtent des costumes beaucoup plus tristes sous toutes sortes de prétextes religieux.

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