Fabien Cloutier porte plusieurs chapeaux et s’« Assume » !

Fabien Cloutier sera à la salle André-Prévost de Saint-Jérôme le 16 novembre, et au Patriote de Sainte-Agathe le 2 décembre.
Fabien Cloutier porte plusieurs chapeaux et s’« Assume » !
Martine Laval
Personnalité

Lorsqu’on lit la bio de Fabien Cloutier sur son site, on réalise qu’il porte plusieurs chapeaux qui lui vont tous bien et pour lesquels il reçoit maints honneurs. Bien difficile alors d’en rajouter! fabiencloutier.com résume si bien l’homme. Pourquoi alors ne pas plutôt explorer quels rôles, parmi tous ceux qu’il joue, l’inspirent davantage et le rendent si créatif. Un jeu de questions-réponses auquel il se prête avec plaisir.

Entre acteur au cinéma et dans des séries télé, comédien au théâtre, et maintenant humoriste, seul sur scène, quel rôle choisissez-vous, polyvalent Fabien Cloutier?

Je n’en choisis pas un, parce que j’ai envie de faire les trois! Oui, une partie de l’année ce sont les tournages que je mets de l’avant, mais j’aurai toujours besoin de monter sur scène.

C’est une grande liberté, un grand plaisir. Jouer avec d’autres et se laisser diriger par un metteur en scène me plaît aussi, tout comme tourner pour la télé ou le cinéma. En ce moment, je suis chanceux, je fais les trois! Mais j’espère que, pendant les années à venir, je pourrai continuer de porter plus d’un chapeau, parce que je suis bien dans les trois.

Entre écriture et mise en scène?

Je dis l’écriture, car lorsque je fais de la mise en scène, c’est souvent sur mes projets personnels, en théâtre ou en humour.

Diriger les acteurs me donne l’impression de poursuivre le geste d’écriture jusque sur scène et ça me plaît. Je suis toutefois un auteur avant d’être un metteur en scène.

Entre écrire une série télé, du théâtre, un livre ou un spectacle d’humour, qu’est-ce qui est le plus aisé, le plus entraînant?

J’aime beaucoup écrire des dialogues, faire parler différents personnages, mais tout dépend des idées que j’ai envie de mettre de l’avant. Quand j’ai écrit mon spectacle Assume, c’est parce que j’avais envie de continuer à faire de la scène, seul, et que je voulais mettre de côté mes personnages de Scotstown et Cranbourne. Écrire pour être lu c’est l’fun, mais écrire quelque chose qui doit être dit et entendu l’est encore plus.

Être chroniqueur à Plus on est de fous plus on lit sur les ondes de Radio-Canada première, c’est parce que vous êtes un auteur, un mordu de lecture, un féru de la littérature?

En fait, mon livre Trouve-toi une vie est le recueil des chroniques sur les régionalismes québécois qui sont arrivés après les chroniques sur les proverbes qu’on m’avait demandé de préparer pour cette émission.

Comme beaucoup d’auditeurs nous proposaient des expressions québécoises, j’ai alors exploré la chose et j’y ai trouvé un terreau très fertile dans lequel je me suis vraiment beaucoup amusé. J’ai dû abandonner ce plaisir lorsqu’est venu le temps de créer mon spectacle, mais qui sait, l’occasion repassera peut-être. J’aurais bien envie d’écrire des chroniques sur notre langue. Ça me passionne, tout simplement.

La description de votre spectacle Assume se lit comme suit : « pourfend la bêtise, charge contre la stupidité, brassage collectif ». À quoi s’attendre?

J’aurais envie de dire brassage collectif, mais il faut parfois aussi remettre en question nos petites habitudes individuelles, nos choix personnels quotidiens avant de parler de collectivité.

On peut parler au public avec des nous et des vous, mais il y a un tu qui frappe plus fort parce que plus direct. Oui, il y a un désir de remettre en question certaines choses, mais n’oublions pas que nous sommes ici dans un univers d’humour où le Fabien Cloutier sur scène joue avec l’exagération. C’est au public de se poser les questions, de comprendre et d’accepter les propos lancés.

L’humour est une arme à manier avec finesse et délicatesse. L’humoriste assume ses lignes qui sont parfois plus costaudes, le spectateur assume que ça va peut-être rire de lui, de ses proches, rire des choses dont on rit moins souvent, et qu’il y a des zones de langage plus cru. Tout ça doit être fait avec délicatesse et finesse… pour asséner le coup de poing au bon endroit. C’est là que le spectateur est invité à mesurer le 1er et le 2e niveau de lecture qui existe dans un spectacle. J’offre un contenu au spectateur, et je lui fais confiance pour aller chercher ce qu’il y a dedans.

Après plus de 100 représentations d’Assume, comment réagit le public?

On me trouve parfois un peu cru, mais on me dit comprendre ce qu’il y a derrière. On me dit que je fais de l’humour intelligent – qui n’est pas de jouer seulement sur des sujets sérieux et importants -. Et puis, on me dit aussi rire simplement parce que c’est juste drôle, sans 2e ou 3e degré.

On me demande aussi quel message je veux passer, auquel je réponds qu’il peut parfois y avoir des messages dissimulés à travers des numéros, mais ce n’est pas nécessairement mon but, car si je voulais vraiment passer des messages, je ferais des conférences, pas un spectacle d’humour. Ce sont les joies du métier que de semer des petites choses, mais il est difficile de présumer sur quoi le spectateur va accrocher. Certains ressortent avec plus de matériel que d’autres, puis il y en a qui ont juste passé une bien belle soirée et se sont bien divertis.

Fabien Cloutier sera à la salle André-Prévost de Saint-Jérôme le 16 novembre, et au Patriote de Sainte-Agathe le 2 décembre. www.fabiencloutier.com

 

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