Nadine Homier règle ses Bêtes états d’âme la peinture

Nadine Homier règle ses Bêtes états d’âme la peinture
Martine Laval
Culture

Nadine Homier, 42 ans, rééquilibre ses émotions et découvre un nouveau sens à sa vie.

Alors qu’elle vit une année difficile, c’est par le biais de la peinture, un art qu’elle n’a jamais pratiqué, que Nadine Homier, 42 ans, rééquilibre ses émotions et découvre un nouveau sens à sa vie. L’exposition de ses Bêtes états d’âme, toiles qui seront vendues par encan silencieux, aura lieu du 15 au 17 septembre de 11 h à 19 h à la gare de Piedmont, et contribuera à financer son voyage humanitaire pour redonner au suivant les bienfaits qu’elle a récoltés de cette démarche thérapeutique.

Quelle démarche Nadine! Est-ce votre première incursion dans le monde de la peinture?

Oui, de façon tout à fait autodidacte, à coup d’essais-erreurs, beaucoup par émotions.

Dans ma vie de tous les jours, je travaille en cinéma et crée des effets spéciaux par ordinateur, mais lors de ma démarche, j’ai eu envie d’un autre genre de création. J’ai choisi la toile, la peinture et les pinceaux. J’avais besoin de faire sortir mes émotions refoulées depuis trop longtemps, et comme quelqu’un écrirait ses émotions dans un journal intime, moi j’ai eu besoin de créer des images.

La création de ces toiles fut très thérapeutique. Ce sont les états d’âme de toutes les bibittes dans ma tête. Je les ai expulsées une à une pour les coucher sur toile et ainsi me libérer de leur emprise. Une sorte de thérapie personnelle.

Un voyage à l’intérieur de moi… car il faut puiser en soi pour trouver le courage de se regarder sans jugement et d’accepter ce qui nous habite.

Le courage aussi d’entrer dans une zone d’inconfort et de plonger vers l’inconnu.

Comment votre démarche a-t-elle débuté?

Il y a un an et demi, nous étions un petit groupe au travail qui avait décidé de faire des ateliers créatifs. On s’imposait un thème et une grandeur de toile, on se donnait un mois pour créer, puis on se faisait une soirée au cours de laquelle on dévoilait nos œuvres. C’était très édifiant.

Une de mes créations était une femme avec des dreadlocks (boudins de cheveux entortillés) dans lesquels des bibittes étaient emmêlées. Cette toile me parlait beaucoup. Non seulement elle me ressemblait, mais je me sentais moi aussi emprisonnée avec plein de bibittes dans la tête. J’ai alors réalisé à quel point je ne me sentais pas bien.

Quand l’artiste peintre Marie-Claude Aubry a vu mes toiles et qu’elle m’a dit : « Nadine, tu étouffes. Tes toiles parlent clairement. Tu ne te sens pas bien », j’ai réalisé l’ampleur de mon mal-être. J’ai compris que je devais sortir une à une les bibittes que j’avais dans ma tête, et qu’alors, j’irais mieux, respirerais mieux et retrouverais éventuellement le bonheur.

Les autres toiles qui ont suivi représentaient chaque fois un animal ou un insecte qui dépeignait une émotion. Je réalisais alors comment je me sentais dans cette émotion. Je tentais de la comprendre et de la sortir, ou de mieux vivre avec.

Ça va mieux?

(Rires) Oui! Je vais mieux, mais le chemin se poursuit. Il reste encore des choses à travailler. C’est un long cheminement.

La vente de vos toiles se déroulera sous forme d’encan silencieux et servira à financer votre voyage humanitaire en Inde, organisé par Rachel Lapierre du Book Humanitaire. Vous m’expliquez?

On vit dans une société très matérialiste et individualiste et suite à ce que j’ai vécu, j’ai pris conscience que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation de biens matériels, mais plutôt dans le partage. J’ai donc décidé de m’en aller dans cette direction pour tenter de retrouver le bonheur. Je n’ai jamais fait de bénévolat de ma vie et je crois que ça m’apporterait beaucoup. Quand on donne, le sourire de l’autre rend tellement heureux. J’ai donc commencé à donner plus de choses et de mon temps pour essayer d’aider les gens.

Comme je prendrai une pause de peinture suite à mon exposition, je donnerai tout mon matériel artistique à un artiste démuni de Saint-Jérôme qui, suite à un accident vasculaire cérébral, s’est retrouvé paralysé du côté droit et a dû apprendre à utiliser son côté gauche.

Je lui offrirai, afin qu’il puisse recommencer à créer et peut-être vivre de son art.
Puis, à l’automne, je partirai deux semaines en Inde avec Rachel Lapierre du Book Humanitaire où nous irons aider les enfants de la rue. Ensuite, je partirai trois semaines en Thaïlande, sac à dos, pour décrocher, vivre autre chose et retrouver la base de la vie.

Et pour l’encan silencieux?

Sachez que les toiles ne sont pas dispendieuses. La plupart sont à moins de 100 $. Pour certaines, le prix de base ne couvre même pas le coût du matériel en peinture, toile, cadre, etc. Pour moi, c’est d’abord et avant tout une démarche thérapeutique dont je me départis pour mieux avancer.

Bêtes états d’âme, de Nadine Homier.

Gare de Piedmont du 15 au 17 septembre de 11 h à 19 h.

 

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2 Comments

  1. Winston McQuade

    12 septembre 2017 à 20 h 50 min

    Bonne chance Nadine
    Winston McQuade

  2. Suzanne Homier

    14 septembre 2017 à 3 h 20 min

    Nadine, tu as toute mon admiration. Tu es une bonne personne.
    Je suis certaine que tu réussira dans la vie. J’aurais tellement aimé voir tes toiles. Bonne chance.

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