Tom Fermanian

Tom Fermanian, propriétaire d’un des plus vieux cinémas indépendants du Québec. PHOTO: Thomas Gallenne
Tom Fermanian
Thomas Gallenne
Culture

Tom est dans l’ambiance d’Hollywood, avec la reproduction d’un Oscar en main. PHOTO: Thomas Gallenne

Tombé dans la potion étant petit

Saviez-vous que sur huit salles présentant des films au Cinéma Pine, cinq (et bientôt six!) sont en lice aux Oscars 2018? Cette programmation de prestige, on la doit à Tom Fermanian, propriétaire des lieux. Il connaît l’industrie comme le fond de sa poche, mais aussi et surtout, les goûts de son public, un public de cinéphiles. Et comme dit Tom, en matière de qualité, le public ne se trompe jamais. Lumière sur « l’artiste »!

90e cérémonie des Oscars

Je l’évoquais en introduction, les amateurs de cinéma sont gâtés en ce moment puisqu’on retrouve, sur les écrans du Pine, pas moins de six films qui se retrouvent en nomination aux Oscars, dont la soirée se déroulera le 4 mars prochain. Et le public ne s’y trompe pas. « On est un des rares cinémas, sinon le seul de la région, à en présenter autant, affirme Tom Fermanian. On a un public qui a une culture cinématographique. Certains nous demandent pourquoi on présente des films en anglais alors qu’on est au Québec. Je regrette, mais mon public unilingue anglais représente 2 à 3 % de ma clientèle. La majorité de ma clientèle francophone veut voir les films en version originale. »

Tom évalue à 40 % environ sa clientèle provenant de Sainte-Adèle et Saint-Sauveur. Les autres clients seraient composés de villégiateurs et touristes, ainsi que de gens venant de Val-Morin, Val-David, Sainte-Agathe, voire Saint-Jovite et Mont-Tremblant. Car le prochain cinéma au nord de Sainte-Adèle est… à Mont-Laurier!

Revenons donc à la cérémonie, et aux lauréats. Quels sont les pronostics de Tom Fermanian concernant l’Oscar du Meilleur film? « Selon moi, cela devrait se jouer entre The Shape of Water et Three Billboards Outside Ebbing, Missouri. Mais je vais en savoir plus bientôt », me lance-t-il avant d’aller chercher la liste complète de tous les films en lice, ainsi que de celle des acteurs et actrices et j’en passe. Et son préféré à lui? « Dunkirk », répond Tom sans hésitation. Ah, tiens! « Pour sa représentation cinématographique, car sur grand écran, c’est grandiose. »

Le Pine : une institution dans nos Laurentides

Le père de Tom, Philippe Fermanian, commence les projections de longs-métrages à la salle paroissiale de Sainte-Adèle à partir de 1941. Et c’est en 1948 qu’il fonde le Cinéma Pine, avec sa première salle, à l’angle des rues Sainte-Adèle et Morin. « C’est probablement la plus ancienne salle de cinéma ayant opéré sans interruption, sous la même administration et la même adresse au Québec », me lance Tom fièrement. Certes, il y a des cinémas plus anciens comme le Capitole à Drummondville, construit en 1937 dans le style Art déco, ou le Corona érigé en 1912, converti depuis en théâtre. Mais ils ont soit changé de main ou de fonction. « Et il faut se souvenir que des salles, il y en avait un peu partout dans notre région, dans des petits villages, poursuit-il. La télé est arrivée en 1952 et s’est démocratisée en 1957. Mon père avait ramené une télévision des États-Unis, mais on ne captait qu’une chaîne : la WCAX, émettant de Burlington, au Vermont. »
Très jeune, Tom commence à travailler dans le cinéma de son père. On est vers la fin des années 60. « On habitait en haut du cinéma », se souvient celui qui succèdera à son père en 1977, lorsque ce dernier prend sa retraite. Dans la décennie suivante, Tom va commencer l’expansion du cinéma familial en ajoutant jusqu’à cinq salles. Puis, en 1995, il va construire trois nouvelles salles dans le complexe 2, sur la rue Valiquette.

En sept décennies, le Cinéma Pine en a vu passer du monde. Des générations de clients. Certains racontent même à Tom que leurs grands-parents se sont rencontrés au Cinéma Pine! Et l’avenir, alors? À l’heure de la télé sur commande, des séries populaires et Netflix… comment il l’entrevoit?

« L’avenir? Je le vois positivement. Pourquoi? Tout le monde a un poêle et un frigo, non? Pourquoi le monde va au restaurant, alors? Pour sortir, pour changer de l’ordinaire. De voir un film sur grand écran, en groupe, ça décuple les émotions. Et jusqu’à preuve du contraire, ça reste la sortie la moins chère. »

Les films en nomination aux Oscars 2018 projetés au Pine

Three Billboards/Trois affiches
Darkest Hours/Les heures sombres
The Shape of Water/La forme de l’eau
Call Me by Your Name
The Post
Phantom Thread/Le fil caché

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Thomas Gallenne

Directeur de l'information

[+] Plus dans Culture

X