Info, sexe et préjugés… pour aînés seulement

Info, sexe et préjugés… pour aînés seulement
Diane Baignée
Santé la vie

Encore victime de censure en 2018, la sexualité des aînés demeure toujours un sujet tabou. Sans prétention, ce texte désire ouvrir la porte aux aînés qui croient que la tendresse et l’amour peuvent encore les faire vibrer… et que la sexualité est l’une de ses plus belles expressions.

Dans mon remue-méninges de sujets à saveur d’été, j’ai cru que celui-ci insufflerait le goût de l’amour, de la sensibilité et laisserait place au désir toujours en quête de s’éveiller.

Tout débute par le processus d’apprivoisement de ces moments en coulisse, même en âge avancé. Je dirais SURTOUT en âge avancé. De fait, la fougue de la jeunesse étant atténuée, elle laisse plus de temps pour explorer l’intimité. Qu’en pensez-vous?

Sexualité, bonne pour la santé

Troquons le mot « sexe» pour «sexualité» et pourquoi pas, «sensualité», qui est cet état qui éveille le désir des sens avec douceur. Plus juste et réaliste. Faut voir maintenant comment marier sensualité et sexualité en âge avancé.   

Dans ses bienfaits, les échanges sensuels permettent d’alléger l’âme. Ils induisent un état d’engourdissement des maux et font même oublier le temps. Des scientifiques le disent: la sexualité est bonne pour la santé globale, peu importe l’âge. On évoque qu’une vie intime satisfaisante augmente l’espérance de vie, offre un plus grand bien-être psychologique et physique. Si active, la sexualité préviendrait les infections, les maladies et boosterait le système immunitaire. Parce que le corps se détend, la sexualité agit sur la douleur, hausse le niveau d’endorphines, hormone du bien-être.

Oui, me direz-vous. Mais faut-il que des conditions le permettent? J’avoue.

Préjugés persistants

Néanmoins, encore aujourd’hui, on ne s’attarde guère à la sexualité de nos ménopausées et andropausés (oui, l’andropause existe!). Les préjugés au regard de la sexualité naissent en grande partie des personnes aînées elles-mêmes, de leurs enfants et même du personnel soignant. Faut-il se doter d’une permission sociale pour poursuivre sa vie sexuelle?

Bref, ce n’est pas parce que nous sommes moins productifs sur le marché du travail que la libido et le désir prennent leur retraite aussi. Eh non! Toutefois, meilleure est notre santé, plus grandes sont les chances que notre réponse sexuelle soit positive.

Le hamster et ses antidotes

Il faut d’abord éliminer les cailloux dans l’engrenage. Commençons par évincer les attentes de performance, les stéréotypes, les je-ne-suis-plus-capable, les je-ne-suis-plus-désirable et toutes autres pensées destructrices qui sprintent dans notre tête comme un hamster dans une roulette qui ne mène nulle part. J’ajouterais qu’en fond d’écran, on ne doit pas se prendre trop au sérieux. Une bonne bouffée de rire de temps en temps détend l’atmosphère.

Par la suite vient le temps de l’acceptation de son corps. Celui modifié par le temps. Cette étape est cruciale. N’oublions pas que les pires limites sont celles que l’on s’impose. Ensuite, il faut un ou une partenaire (je vous laisse choisir) que l’on affectionne et dont les sentiments et intentions sont réciproques, question de permettre un contexte optimal. Les temps ont changé, mais les préliminaires demeurent une voie facilitante. Ceux-ci peuvent prendre l’allure de taquineries s’étalant sur plusieurs jours. L’acte sexuel tel que présenté dans les films XXX n’est pas tellement à conseiller. Sa reproduction risque de vous faire vivre des irritants. Allez donc vers un modèle plus léger.

Après tout, faisons appel à la créativité. Communiquez vos attentes, craintes, fantaisies et appréciations, et permettez-vous de récidiver.

Si vous êtes en couple, optez pour une Prise 2 et réanimez le tout.

Cependant, si vous êtes à la recherche du bon partenaire de vie, cette étape pourrait être un peu plus laborieuse. Mais restons optimistes ! La sexualité des aînés dérange

On n’est pas sortis du bois avec l’épanouissement sexuel de nos seniors.

Comme des adolescents, des aînés doivent se cacher pour vivre des échanges amoureux, sexuels, sensuels, surtout ceux qui vivent en résidence. Il n’a pas si longtemps, avoir 80 ans passés et parler d’amour ou de sexualité s’arrimait à être pervers, dégoûtant ou indigne. Et que dire de la culpabilité provenant de l’éducation judéo-chrétienne ?

Personne n’est obligé à une vie sexuelle active. À chacun sa formule pour être heureux. Toutefois, si le cœur vous invite à partager des moments d’intimité avec un être aimé, ne vous laissez pas freiner par votre hamster !

À l’automne de votre vie, pourquoi ne pas avancer à petits pas en savourant chaque seconde du temps? Et pourquoi, du même coup, ne pas redéfinir le décor de notre intimité?

Allez hop!

Diane Baignée est travailleuse sociale en pratique autonome.

diane.baignee@gmail.com

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