5 hectares protégés à perpétuité

Par Simon Cordeau
5 hectares protégés à perpétuité

Un don de Claire Tremblay et de David Billeter permettra de protéger à perpétuité un terrain 538 196 pieds carrés, près du chemin Masson et à proximité de la frontière avec la municipalité de Sainte-Lucie-des-Laurentides.

Le terrain deviendra une aire protégée de conservation volontaire, gérée par l’Institut des territoires (IDT). « C’est nous maintenant le propriétaire, et nous sommes responsables de nous assurer que ce terrain-là reste protégé à perpétuité », explique Isabelle Marcoux, géographe et cofondatrice de l’IDT.

En accord avec le souhait de Mme Tremblay et M. Billeter, l’aire protégée ne sera pas accessible au public. « Les propriétaires demeurent toujours à proximité. Cela fait des années qu’ils s’occupent de leur forêt. C’est vraiment l’idée de créer une cloche de verre au-dessus, pour assurer que les processus écologiques ne soient pas modifiés par les êtres humains. »

Un acte philanthropique

Il a fallu un bon deux ans de discussions avec les propriétaires pour que ce don se réalise, raconte Mme Marcoux. « C’est un dossier qui doit se travailler tranquillement. Il faut s’assurer qu’on respecte ce que les propriétaires veulent et établir un lien de confiance. […] C’est un long processus, et c’est sûr que ce sont des dossiers délicats à négocier. Quand les propriétaires donnent leur terrain, ils ont droit à un avantage fiscal, mais ce n’est jamais aussi avantageux que s’ils vendaient le terrain. »

Parfois, les propriétaires peuvent recevoir une offre d’achat qu’ils acceptent, et le projet de conservation tombe alors à l’eau, raconte Mme Marcoux. « C’est beaucoup de confiance et d’écoute. On leur explique comment ça crée des retombées collectives, pour toute la communauté. Donner son terrain, c’est vraiment un acte de philanthropie. C’est important de bien valoriser les personnes qui font ces gestes-là », insiste Mme Marcoux.

Conserver pour les générations futures

L’Institut des territoires existe depuis maintenant cinq ans, mais débute ses activités de conservation depuis peu. « En général, les organismes de conservation reçoivent des subventions et des dons. Nous, on offre des services professionnels, comme une entreprise privée, mais on a le statut d’organisme de bienfaisance. »

L’OBNL travaille étroitement avec les municipalités pour développer des plans de conservation du territoire, pour planifier des pistes cyclables, pour valoriser des parcs et des espaces verts, etc.

« C’est à partir de ces surplus qu’on peut mettre en œuvre nos activités de conservation. »

Il y a des coûts importants rattachés à la conservation, même si l’organisme négocie avec les propriétaires pour que ceux-ci fassent don de leur terrain. Par exemple, la valeur écologique du territoire doit être évaluée par un biologiste, qui déterminera les types de plantes et d’arbres présents, qui délimitera les milieux humides, etc. « Il faut surveiller l’aire protégée. Et il faudra payer des taxes foncières sur ce terrain-là », illustre Mme Marcoux. Elle ajoute qu’un montant important doit être mis de côté, afin que la conservation soit assurée pour les générations futures.

Des lois qui aident

Mme Marcoux note que les lois pour protéger l’environnement, dont la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques adoptée en 2018, ont une influence concrète sur la mission de protection d’organismes comme l’IDT. « Ça nous donne un coup de main. Maintenant, c’est beaucoup plus difficile de se construire dans ces milieux humides. Donc il y a des gens qui nous appellent, qui voulaient développer leur terrain, mais qui maintenant préféreraient plutôt le donner. […] Les mesures de protection du territoire sont très efficaces pour nous. »

Les aires protégées couvrent 8,5 % de la superficie de la région des Laurentides. Il existe 33 désignations juridiques ou administratives différentes pour les aires protégées au Québec, adaptées selon le territoire, la biodiversité et les intentions de conservation.

 

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