Un projet qui dérange à l’îlot Alary

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
Un projet qui dérange à l’îlot Alary
(Photo : Nordy)

Un groupe de citoyens, représentant ceux des secteurs de l’îlot, de l’avenue et de la place Alary de Saint-Sauveur, rencontreront ce vendredi le maire Jacques Gariépy, afin d’échanger des idées au sujet de la possible venue d’une caserne de pompiers dans ce secteur boisé.

Les habitants des environs ont été nombreux à visiter l’hôtel de ville, le lundi 20 septembre dernier, lors de la tenue d’une séance ordinaire du conseil municipal. La première période de questions du public, qui suit toujours le point d’information d’ouverture du maire, a duré pas moins de 50 minutes, avec une majorité de questions axées sur le secteur Alary.

« Je rencontrerai en effet cinq ou six représentants du groupe, vendredi. Ils me feront part de leurs demandes. Le but de l’exercice est d’apporter des points de discussion concernant la possible voie de contournement, pour l’hypothétique établissement d’une nouvelle caserne. Les citoyens ont semblé surpris du projet. C’est sûr que je vais voir avec eux si quelque chose peut être fait », a souligné M. Gariépy, en entrevue téléphonique avant l’assemblée municipale.

Selon une esquisse préliminaire du projet, sur laquelle figure le logo imprimé de la ville et qui circule parmi la population, l’ancien chemin forestier de feu Georges-Simms serait utilisé comme prolongement de la rue de l’Héritage, vers l’actuel garage municipal et l’écocentre. Or, une voie de contournement de la nouvelle caserne proposée, ayant la forme d’un arc-en-ciel, ferait passer le possible chemin à proximité de résidences et de chalets.

« Ce croquis n’est qu’une hypothèse parmi d’autres. Il n’y a pas de décision officielle quant à une relocalisation des pompiers. En fait, la construction d’une caserne ne figure même pas au plan triennal des immobilisations pour 2021, 2022 et 2023. Il est prématuré d’invoquer une décision finale, car elle n’existe pas », a réitéré M. Gariépy.

Un citoyen présent à la réunion du conseil, M. Pierre Charbonneau, a pour sa part émis un autre point de vue.

« Quand vous expropriez officiellement une partie de terrain du secteur, Monsieur le Maire, c’est signe que ce sont plus que des hypothèses de construction. D’autant plus que le citoyen conteste cette expropriation devant les tribunaux. »

Sécurité

Pour le directeur général de Saint-Sauveur, M. Jean Beaulieu, tout est une question de sécurité et de fluidité.

« On veut avant tout enlever la présence des camions lourds sur l’avenue Alary. Il ne faut jamais oublier qu’il y a déjà eu un accident mortel à l’intersection de la rue des Érables et de la route 364. Pour accéder à cette dernière artère, tu as le temps de jouer une partie de cartes avant d’avoir un espace sécuritaire pour t’engager. S’il y a une éventuelle voie de contournement, ça nous permettrait d’installer des feux de circulation à la nouvelle intersection. Mais encore là, le ministère des Transports a des réserves sur cette éventualité. »

Une installation de feux de circulation, si elle est permise, pourrait se chiffrer dans les sept chiffres comme budget d’installation.

« La Ville nous parle d’un surplus de 5 millions de dollars à leur budget. Qu’elle fasse les pressions nécessaires à Québec et qu’elle débloque la somme pour des feux de circulation. Une vie fauchée en est une de trop. Et de toute manière, établir une voie de contournement à la fin d’un boisé et à proximité de maisons, c’est mauvais tant pour le bruit que pour la valeur des terrains. Et de toute manière, sans nommer de noms, les pompiers nous disent que ce serait un lieu imposé par la municipalité, et non leur propre choix, de s’établir en pleine forêt. Et qu’on cesse de nous lancer de la poudre aux yeux : ils travaillent là-dessus depuis 2018, au génie de la ville », a avancé le candidat à la mairie Robert Gravel.

Pour sa part, le candidat au poste de premier citoyen Luc Leblanc suggère autre chose. « À qui une voie de contournement à l’écocentre servirait-elle ? Pourquoi ne pas déboucher un accès vers Saint-Gabriel-Est, ou complètement à l’autre bout du Sommet de la Marquise, vers Saint-Sauveur en-haut ou encore à la rivière à Simon ? Un lourd camion à incendie qui arrive d’urgence au bas de la côte à la route 364, est-ce sécuritaire avec des camions de voirie qui circulent à proximité ? Il y a plusieurs possibilités sur la table. Les gens ont demandé depuis plus de deux mois cette rencontre avec le maire. À ce que je com-prends, on manque d’informations », a évoqué l’ancien conseiller.

« De plus, pour une couverture bien répartie qui inclut Piedmont, pourquoi ne pas installer la caserne à l’ancien club Vidéotron, un site nettement plus central ? », a ajouté M. Leblanc.

« Ça ne fonctionne pas ainsi », a rétorqué le maire Gariépy. « Le ministère de la Sécurité publique évalue ça selon un système de points, par rapport à la proximité de la densité de la population. Si on s’installe à l’ancien Vidéotron, avec quelle rapidité pourrions-nous intervenir à un brasier au lac des Becs-Scies, à la montée Saint-Elmire, au lac Shaw ou au lac Prévost ? Il faut penser au schéma d’urgence et à couvrir tout le territoire adéquatement », a-t-il achevé.

Partager cet article
S’abonner
Notifier de
guest
2 Commentaires
plus ancien
plus récent Le plus populaire
Inline Feedbacks
View all comments
ALAIN DAVIAULT
ALAIN DAVIAULT
26 jours

Tout cela pour un nouveau camion incendie !!

Alain Daviault
Alain Daviault
25 jours

Ne soyons pas aveuglés en rapport avec les propos de Robert Gravel. Pourquoi se dit-il aspirant candidat ! Probablement, une polémique découlant de ses aspirations et désirs depuis l’annonce de sa candidature, d’ailleurs toujours pas officielle. Son annonce était-elle un engagement politique ou simplement un acte de résistance à reconnaitre la vérité sur sa situation et son implication à réunir des aspirants (es) candidats, afin de former une équipe pour les élections du 7 novembre 2021.