À «boute» la Superwoman?

Par Josée Pilotte
À «boute» la Superwoman?

« Comme le retour du balancier, autant le monde était à l’image de l’Homme, les femmes au XXe siècle ont enclenché la marche vers leur émancipation et leur liberté. Mais on doit reconnaitre que malgré notre grande liberté, nous sommes toujours prisonnières de certaines contraintes qui mettent en péril notre propre équilibre. »

Ah les femmes!

On en mène large vous ne trouvez pas? Ce n’est pas pour rien qu’à côté du mot SUPER dans le dictionnaire il soit écrit FEMME. Je rigole, mais à peine. Je nous trouve bonnes de mener de front notre carrière, notre vie de couple, notre vie de famille, notre jogging du samedi matin, les boîtes à lunch, les parties de hockey de l’un, les cours de danse de l’autre, les rendez-vous chez le coiffeur pour être toujours au top du top bref: la femme parfaite!

En 60 ans, les femmes de tous les horizons en auront parcouru du chemin vers l’émancipation. Nous sommes les héritières de ces femmes du XXe siècle qui ont révolutionné la place de la femme dans le monde occidental, même s’il y a encore beaucoup de jobs à faire dans le reste du monde. On n’a qu’à penser aux deux guerres mondiales qui malgré leurs heures sombres, ont permis aux femmes de prendre leur place en remplaçant les hommes partis au front pour faire tourner l’économie. On n’a qu’à penser aux femmes militantes qui ont permis d’aller chercher le droit de vote en 1940 au Québec. On n’a qu’à penser à la pilule contraceptive dans les  années 60 qui a permis à la femme de se rapproprier son corps. On n’a qu’à penser à Thérèse Casgrain, à Lise Payette, à Janette Bertrand pour prendre la mesure de la place des femmes dans notre société. Elles ont dû en brûler des torchons pour qu’aujourd’hui nous ayons droit à toute cette liberté d’être, de penser et de s’exprimer. Grâce à elles, nous avons pris notre place à part entière. Mais malheureusement il reste des batailles à gagner, du chemin à parcourir quant à l’atteinte de l’équité salariale, à de meilleures conditions de travail, etc.

On constate encore aujourd’hui que les emplois les moins bien rémunérés sont majoritairement occupés par les femmes.

Malgré nos acquis, en 2014, on en est rendu où, nous, les femmes?

Chose certaine, les faits parlent d’eux mêmes: on score mieux à l’école. On occupe des postes avec toujours plus de responsabilités. On est carriériste comme jamais.

On est beaucoup plus active, on n’a jamais fait autant de sport que maintenant. On a même le temps de faire «1,69 enfant», ce qui n’est pas rien pour des femmes qui en ont plein les bras! On vit plus longtemps que les hommes. Presque 5 ans quand même!

On est les «Queens» du multitâche. On rajeunit à partir de 40 ans. On fait des burn-out, des crises cardiaques tout comme les hommes. On est indépendante financièrement.

Bref: on est docteure, pompière, garagiste, policière, astronaute, et même Première ministre. On est tout ce dont on a rêvé d’être, «sky is no limit» pour les femmes occidentales.

 

Je sais, je sais ce n’est pas tout à fait vrai…

Mais n’empêche qu’on a toutes les tribunes pour parler de la condition féminine et je crois que ce n’est qu’une question de temps pour que toutes les femmes de la planète puissent s’exprimer et vivre librement. Si c’est une réalité peu probable dans l’immédiat, elle demeure souhaitable dans le futur.

On n’a qu’à entendre le débat sur la Charte pour réaliser qu’on évolue, peut-être pas dans le sens qu’on le souhaiterait – cachez-moi ce voile – certes, mais qui aurait cru qu’il y a à peine dix ans, des femmes manifesteraient sur la place publique pour revendiquer le droit de porter le voile. On est rendu là en 2014.

 

Comme le retour du balancier, autant le monde était à l’image de l’Homme, les femmes au XXe siècle ont enclenché la marche vers leur émancipation et leur liberté. Mais on doit reconnaître que malgré notre grande liberté, nous sommes toujours prisonnières de certaines contraintes qui mettent en péril notre propre équilibre. Au final, nous sommes toutes à la recherche de la même chose: le bonheur.

 

Mais cette quête se fait à quel prix?

Avant, l’Homme était la principale barrière pour les femmes, d’atteindre leur liberté. Aujourd’hui la question est de savoir si ce n’est pas la femme elle-même, qui dans sa quête d’en vouloir et d’en faire toujours plus, ne devient pas sa propre ennemie?

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