Par le peuple, pour le peuple…

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Thomas Gallenne
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Kaïn

À l’origine, le groupe fut créé par Steve et Yannick. Toi Éric, tu les as rejoint quand et comment?

C’était il y a neuf ans. Je jouais à l’époque comme bassiste pour La Chicane. On faisait un concert à Drummondville et Kaïn, qui lançait son premier album, faisait la première partie. Ça a été le coup de foudre musical, on s’est tout de suite bien entendu. Et comme La Chicane était en train de se dissoudre, ça a été un super bon timing.

Parle-nous du dernier album

Le vrai monde?

Cet album est à l’image de Kaïn, un album rassembleur, qui parle le langage du peuple, de l’ouvrier. On n’a jamais prétendu écrire des mots qui n’existaient pas. On parle notre langue québécoise, c’est un album sans prétention, à l’image de ce que le monde vit…

Y a rien d’inventé, c’est des petites histoires du bon peuple, le peuple qu’on va voir en tournée à travers le Québec… et on s’inspire de toutes ces histoires.

Justement, certains critiques ont

qualifié vos chansons de populistes. Que réponds-tu à cela?

Ce ne sont pas les critiques qui ont fait de Kaïn ce qu’il est aujourd’hui. On n’a pas la prétention de vouloir tout réinventer. On pourrait faire un album avec des sons interplanétaires et des paroles que les gens comprendraient plus ou moins, avoir l’air plus

intelligent, avoir la critique de notre bord. Mais c’est pas la critique qui achète les albums. Le monde chez qui on va, dans leur foyer, ont besoin de se faire parler des vraies choses de la vie. On n’a jamais «putasser» pour aller à la télévision, être dans le monde du showbusiness. On n’est pas des marchands de papier, on est des marchands de bonheur.

Quelle est votre démarche

artistique pour confectionner vos albums?

La muse du band est pas mal Steve. Le reste du groupe a écrit aussi une couple de tounes, mais le gros des chansons vient de Steve. Il fait un premier filtre guitare-voix et il est capable de savoir comment ça va sonner quand on va faire les arrangements. Pierre Duschesne (Richard Séguin, Kevin Parent), a réalisé notre dernier album. C’est un gars qui – par sa

sagesse – nous ramène à la base de la toune, car ne pas s’éloigner de la chanson, c’est ça le plus dur. Et le fait que ce soient des chansons «guitares-voix», ça les rend un peu «feu de camp», intemporelles.

Quels sont les thèmes

qui vous ont inspirés?

Avec Le vrai monde, ce sont des chansons inspirées de ce qu’on voit, de ce qu’on vit, tout en restant sur le même plancher des vaches que tout le monde. On a tous des

familles, on a pris le temps de respirer un peu. Pour la première fois, on a trouvé le titre avant même qu’une note, une parole soit composée, afin de rester «groundé».

Dans votre dernier album, on

retrouve deux chansons «rock».

Est-ce un avant-goût de ce que pourrait être votre prochain album?

Non, mais il y en a toujours dans nos albums, où on fait une petite rechute de Rock ‘n Roll (rires), car le batteur a un background métal, le chanteur a beaucoup tripé sur Nirvana, moi je suis «progressif», notre guitariste est un gars de blues, donc de temps en temps, on se paye un trip, des tounes plus rock, qui

bûchent un peu plus. Déjà que les chansons en spectacle, sont une p’tite «bite» plus rock que l’album, ça donne un peu de pesanteur aux chansons.

Donc en spectacle ça risque

de déménager un peu plus…

Oui et sans prétention, c’est notre spectacle le plus ficelé, le plus rôdé qu’on a eu. Tous les vieux succès sont encore là, on fait une belle rétrospective. On a un décor dans le concept de l’album, avec une cour arrière, une corde à linge… On veut de l’interaction avec les gens, qu’ils se sentent à la même hauteur que nous.

 

 

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