Piedmont : Bilan des 100 premiers jours à la mairie pour Bernard Bouclin
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
Après 100 jours à la mairie de Piedmont, Bernard Bouclin dresse un bilan empreint de prudence et de méthode. « Ça a passé vraiment rapidement », confie-t-il d’entrée de jeu.
Entre l’adoption du budget, la réorganisation administrative et des dossiers sensibles comme l’urbanisme et la gestion de l’eau, le nouveau conseil a été occupé. Mais pour le maire, l’essentiel était vraiment de jeter des bases solides, avec rigueur et transparence.
Dès son arrivée en poste, l’équipe a dû composer avec le départ de la directrice générale et revoir certains fondements organisationnels. « On a pris le temps de bien comprendre les dossiers, de structurer du mieux possible et de placer des bases durables », explique M. Bouclin. L’objectif était d’éviter les annonces précipitées et privilégier des décisions réfléchies, en concertation avec l’administration municipale.
Transparence et urbanisme : des dossiers délicats
La transparence faisait partie des engagements électoraux du maire. Selon lui, elle doit devenir un réflexe. « Quand ça fait partie de l’ADN du conseil, dire la vérité, c’est plus simple. » Il reconnaît toutefois que certaines décisions peuvent être difficiles à entendre pour les citoyens. « Des fois, l’information est plus ou moins facile à accepter. Mais ça permet ensuite de travailler ensemble à des solutions. »
Le dossier de l’urbanisme demeure l’un des plus complexes. Le plan d’urbanisme a été adopté, mais sans l’ensemble de ses règlements, une situation « assez unique au Québec », souligne-t-il. Le conseil a demandé un délai au ministère concerné afin de s’approprier les enjeux et de rencontrer les citoyens touchés.
Plutôt qu’une consultation formelle, la Ville prévoit organiser des séances d’information pour expliquer les orientations et le calendrier à venir. « Le plan d’urbanisme appartient aux citoyens pour les 15 ou 20 prochaines années. Il faut que tout le monde puisse y adhérer », insiste le maire.
Environnement et moratoire
L’environnement occupe aussi une place centrale dans ce début de mandat. Un inspecteur en environnement a été ajouté à l’équipe afin que cette préoccupation soit intégrée dès la conception des projets, qu’il s’agisse de travaux publics, d’urbanisme ou d’entretien des parcs.
Le conseil a également adopté un moratoire sur les nouveaux développements dans le périmètre desservi par le réseau d’aqueduc. Une « grosse décision », affirme M. Bouclin, mais jugée nécessaire dans un contexte de saturation des infrastructures. En parallèle, la municipalité travaille à réduire les eaux parasitaires envoyées aux étangs d’épuration, ce qui permettrait d’augmenter la capacité du réseau.
La gestion de l’eau s’inscrit aussi dans les discussions avec la Ville de Saint-Sauveur, partenaire au sein d’une régie intermunicipale. Plusieurs ententes devront d’ailleurs être modernisées au cours des prochains mois.
Sécurité routière et qualité de vie
Parmi les gestes posés, le conseil a demandé au ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) de réduire la vitesse sur le boulevard des Laurentides (route 117) afin d’améliorer la sécurité des piétons et des commerces riverains. Des discussions sont aussi en cours concernant les inondations récurrentes sur le chemin Hervé.
La municipalité a par ailleurs lancé sa politique Municipalité amie des aînés (MADA), acquis un terrain en vue d’un éventuel carrefour gériatrique social et inauguré une centrale de prêt d’équipement au parc Gilbert-Aubin pour favoriser l’accès gratuit aux activités de plein air.
Un travail d’équipe
Passé du rôle de conseiller à celui de maire, Bernard Bouclin admet avoir ressenti une part d’inquiétude. « Devant l’inconnu, c’est normal. » Il mise toutefois sur une approche décentralisée, redonnant vie à plusieurs comités et répartissant les responsabilités entre les six conseillers.
« Le travail se fait à sept. Le maire donne des orientations, mais chacun s’implique dans ses dossiers. » Cette dynamique, combinée à une administration décrite comme engagée et proactive, permet selon lui d’avancer « moins vite, mais plus loin ».