Annonces en transport : Sainte-Adèle reste sur sa faim
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
À la suite des annonces gouvernementales prévoyant plus de 491 millions de dollars en investissements en transport dans les Laurentides d’ici 2028, la mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière, cache difficilement sa déception.
Si elle reconnaît le contexte budgétaire difficile du gouvernement du Québec, elle estime que les besoins de sa municipalité et de la MRC des Pays-d’en-Haut demeurent largement sous-estimés.
« On comprend le principe que le gouvernement n’a pas d’argent. On le voit en santé, en éducation, puis maintenant en transport », affirme-t-elle en entrevue. Malgré cette réalité, l’élue souligne que les annonces ne répondent pas aux enjeux criants du territoire, notamment en matière d’entretien routier.
Plusieurs problématiques, mais pourtant
Selon Mme Brière, peu de mesures concrètes concernent directement Sainte-Adèle, alors que la ville doit composer avec d’importantes problématiques sur des axes routiers majeurs comme la route 117 et l’autoroute 15. « On a quand même des lacunes importantes. On peut investir sur nos routes secondaires, mais si le centre-ville fait dur, ça se ressent partout sur le territoire », résume-t-elle.
La mairesse rappelle que ces infrastructures relèvent du ministère des Transports, une réalité parfois mal comprise par les citoyens. « Les gens ont l’impression que la 117 appartient à la municipalité. Pourtant, moi aussi, quand je vois des nids-de-poule, je dois appeler au 511 comme tout le monde », explique-t-elle, ajoutant effectuer elle-même des signalements presque quotidiennement depuis la fin de l’hiver.
Elle souligne également que la croissance démographique de la région ne semble pas se traduire par une hausse équivalente des investissements. Ville de centralité pour la MRC, Sainte-Adèle voit passer un important volume de circulation provenant des municipalités voisines, sans bénéficier d’un soutien accru. « On ne sent pas qu’il y a plus d’investissements chez nous qu’ailleurs », constate-t-elle.
Des dossiers importants
Parmi les dossiers prioritaires figure notamment le pont Alary, à Mont-Roland, qui nécessite des travaux jugés urgents. Bien que la structure soit encore sécuritaire selon les évaluations ministérielles, son état général inquiète. La mairesse demeure toutefois optimiste quant à une éventuelle annonce liée à une enveloppe budgétaire encore non attribuée pour la réfection des ponts.
Malgré sa déception, Mme Brière évite de pointer du doigt les acteurs politiques. Elle estime plutôt que la situation reflète un enjeu plus large touchant l’ensemble du Québec. « Collectivement, il n’y a plus d’argent nulle part. Il va falloir se poser des questions comme société sur les services qu’on veut et comment on veut les financer. »
La mairesse affirme vouloir poursuivre les représentations auprès du gouvernement afin d’améliorer la sécurité et la qualité des infrastructures routières locales.