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Aqueduc et égouts : toujours une dépense importante

Par Simon Cordeau

L’aqueduc et les égouts comptent pour la dépense la plus importante, et de loin, dans le Programme triennal d’immobilisations (PTI) de la Ville de Sainte-Adèle. On prévoit des dépenses de 6,8 M$ en 2022, de 15,8 M$ en 2023 et de 10,8 M$ en 2024. « C’est toujours comme ça. On a tellement un grand réseau à Sainte-Adèle, il y a beaucoup d’entretien et de modifications à faire », explique la mairesse, Michèle Lalonde.

Ces montants se situent dans la moyenne des années précédentes, nous confirme le directeur général de la Ville, Simon Filiatreault. Il précise que des dépenses liées à la voirie sont incluses dans ces chiffres.

« Quand on fera les travaux de réfection de la rue Valiquette sud, par exemple, ça comprend les canalisations et l’ajout d’un égout pluvial, mais aussi la réfection de la chaussée, sa fondation et les trottoirs. Tout entre dans la même enveloppe, mais le déclencheur, c’est l’aqueduc et l’égout », explique-t-il.

Le PTI : un plan de match

« Ça, ce sont tous les besoins. Idéalement on ferait tout ça, mais ce ne sera pas la réalité », nuance Mme Lalonde. Elle rappelle que plusieurs travaux sont conditionnels à des subventions gouvernementales.

Michèle Lalonde, mairesse de Sainte-Adèle. Photo : Archives

Selon les cas, ces subventions couvrent de 65 % à 80 % des dépenses pour l’aqueduc et l’égout, explique M. Filiatreault. Dans le cas de la rue Valiquette sud, dont la réfection est prévue cette année, c’est environ 40 % des dépenses totales (qui comptent aussi celles pour la voirie).

État du réseau

Durant la séance du conseil municipal de décembre dernier, M. Filiatreault a laissé entendre que le réseau d’aqueduc était à capacité, ce qui empêchait le développement de nouveaux logements à court terme. Questionnée, Mme Lalonde amène une nuance importante.

« Il y a des secteurs où le réseau d’aqueduc est surchargé, mais ce n’est pas partout. Lorsqu’on reçoit une demande de projet, c’est quelque chose qu’on étudie avant d’émettre le permis. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de développement. En fait, les nouvelles constructions amènent de l’eau au moulin », précise-t-elle.

Quant à l’état du réseau, M. Filiatreault a admis que certains segments ont besoin d’entretien rapidement. « On est acculés devant une nécessité, pour laquelle on ne peut pas attendre. Mais on n’est pas non plus au point de rupture, où l’eau pourrait être coupée pour un quartier », nuance-t-il.

Égout pluvial

« Dans le moment, le problème n’est pas vraiment l’aqueduc. Ce sont les égouts », précise la mairesse. Le directeur général explique : « Les eaux pluviales, de ruissellement et sanitaires se retrouvent dans la même conduite. Quand on refait une portion du réseau, on sépare les deux. Comme ça, les eaux pluviales et de ruissellement ne sont pas amenées à l’usine d’épuration, mais dans des bassins de décantation, avant d’être rejetés dans la nature. »

Cette idée de séparer les eaux est assez récente, et permet de réduire les débordements lors de fortes pluies ou durant la fonte des neiges, lorsque l’usine d’épuration ne peut pas gérer le flot accru. Beaucoup de municipalités au Québec ajoutent présentement des égouts pluviaux à leur réseau, mais cela représente une dépense majeure. « C’est un travail à long terme, qu’on fait étape par étape », indique Mme Lalonde.

Sites d’assainissement des eaux

La Ville reprend également la gestion de ses sites d’assainissement des eaux. La mairesse explique qu’avant, il était plus avantageux de la laisser à des sous-traitants. « Aujourd’hui, avec les coûts qui augmentent, ce n’est pas plus cher avec notre personnel. Et l’avantage, c’est qu’on peut faire une surveillance continue en s’en occupant nous-mêmes. On vient à connaître très bien nos infrastructures. »

Cette gestion par la Ville est possible grâce aux Services techniques, qui sont « uniques dans le coin », précise la mairesse. L’équipe d’ingénieurs est bien équipée, autonome, et permet à la Ville de développer une expertise, ajoute-elle.

Réfection des routes nationales

Le PTI prévoit aussi la réfection de la route 117 et du chemin Pierre-Péladeau (route 370), en 2023-2024. Comme il s’agit de routes nationales, ces projets sont faits conjointement avec le MTQ. Pendant que le provincial refait la route, la Ville en profite pour refaire ce qu’il y a en-dessous, comme l’aqueduc et les égouts, et autour, comme les trottoirs, les lampadaires et le mobilier urbain.

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1 Comment

  1. Normand Lemieux

    Plusieurs municipalités québécoises font face aux mêmes défis que ceux énoncés dans cet article.
    Le MELCC n’autorise pas le prolongement d’un réseau d’égouts qui a connu des non-conformités de débordement.
    La séparation des réseaux d’égouts pluviaux et sanitaires est une bonne solution à long terme.
    À plus court terme, un diagnostic des réseaux d’égouts peut permettre de détecter des problématiques comme le captage des eaux de surface et l’infiltration des eaux de la nappe souterraine par le réseau d’égouts sanitaire.

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