Avoir le printemps en tête, à l’automne

Par Marie-Catherine Goudreau

Mi-septembre. Ça dort tellement bien! J’adore cette période de l’année. Et pour travailler au jardin, cette saison est non seulement magnifique mais aussi très importante. C’est l’heure de remettre de l’ordre dans le jardin, et de planter ou diviser, réorganiser, tailler, etc.

En fait ce qu’on veut, c’est de préparer son printemps! Mais pourrait-on justement attendre au printemps pour tous ces travaux d’automne?

Bonne question. En fait il y a deux écoles de pensée face à la fermeture du jardin à l’automne. L’une prône de laisser les végétaux tels qu’ils sont, donc de laisser les fleurs mortes des arbustes ayant fleuri tardivement, de laisser également le feuillage des vivaces qui mourra (sauf pour les feuillages persistants) et, du coup, protègera la plante. Et je dois dire que ce n’est pas bête du tout. Rappelez-vous quand on parle des bulbes de tulipes au printemps, on vous suggère fortement de laisser jaunir complètement le feuillage avant de le tailler. Cela aide le bulbe à refaire son énergie et en prolonge la vie. Et en fait quand on y pense, les feuilles des arbres, on les laisse tomber… on patiente, quitte à racler son terrain plus d’une fois. Alors pourquoi ne pas laisser la nature suivre son cours au jardin aussi?…

Bon, vous aurez compris que je suis un disciple de la deuxième école de pensée: une «pro» ménage à l’automne. Mes raisons sont fort simples. D’un point de vue horticole, plusieurs insectes se cherchent un domicile pour passer l’hiver. Un amas de feuilles flétries de hostas ou autres vivaces est souvent fort invitant… Aussi, il arrive de temps à autre, que certaines de nos plantes soient atteintes de maladies fongiques durant l’été. En laissant en place les feuilles «malades», on risque de propager la maladie, non seulement d’année en année mais aussi de plante en plante. Fermer le jardin à l’automne ça implique aussi d’attacher les arbustes, et certains conifères pour éviter que le poids d’une neige trop mouillée ne vienne casser des branches. C’est bon pour les bonshommes, moins bon pour les végétaux… En fait, finalement, en plus de toutes ces raisons valables, et même si elles ne l’étaient pas, j’aime ça un jardin propre pour l’hiver. Tout simplement. Ça me déprime de voir le jardin mal entretenu quand la neige tarde à venir ou au printemps quand elle commence à fondre.

Profitez-en aussi pour diviser et replacer, et planter si vous avez des trous! Tout est en vente, chez nous comme ailleurs. Par contre si l’inspiration ou le temps vous manque, ça pourrait définitivement être fait au printemps. Personnellement je préfère le faire à l’automne, parce qu’on voit mieux où on s’en va. On voit exactement non seulement la grosseur de la plante qu’on divise et qu’on relocalise, mais pour plusieurs il est drôlement plus facile d’identifier les plantes quand leur feuillage est là. Au printemps, il faut parfois attendre avant de savoir à quelle plante on a affaire!

Comment faire pour diviser: creuser pour sortir la plante, la coucher sur le côté et avec une pelle à tourbe ou coupe-bordure bien affûté, on divise d’un coup franc du talon! Je favorise le coupe-bordure ou la pelle carrée à tourbe parce qu’ils sont droits et non courbes comme la pelle qu’on utilise pour creuser; ça endommage moins les racines. Ensuite on détermine son nouvel emplacement, on creuse, nouvelle terre de plantation, mycorhize pour les racines, et ensuite on coupe le feuillage, à moins que vous ne l’ayez coupé avant même de la sortir de terre évidemment. Et surtout ne pas oublier d’arroser. Si l’automne est sec, vous auriez d’ailleurs avantage à arroser vos arbres, arbustes et surtout vos conifères. Ils passeront ainsi un meilleur hiver.

Et quand le ménage sera fait, vous pourriez ajouter du compost à vos plates-bandes et haies si vous prévoyiez ne pas en avoir le temps au printemps. La seule restriction quant à moi est de ne pas le mettre trop tôt. Attendez la deuxième moitié d’octobre voire le début de novembre tout simplement parce que le compost stimule la croissance des végétaux. En mettre à ce temps-ci de l’année envoie un mauvais message aux végétaux. Plus tard en saison, les plantes auront commencé leur dormance, et le compost n’agira pas mais sera par contre disponible plus tôt au printemps, vous donnant ainsi une longueur d’avance…

Et parlant de printemps, n’oubliez pas les bulbes! On les plante dès la mi-octobre, et ils sont déjà arrivés. Beaucoup de gens trouvent le printemps long, surtout quand la neige a fondu tôt. Mais quand dans le jardin pointent des petits crocus, des jacinthes parfumées, ou des bouquets de jonquilles ou de tulipes, je ne sais pas pour vous, mais pour moi c’est thérapeutique! Je suis convaincue que si on plantait plus de bulbes un peu partout, nos urgences seraient moins pleines au printemps.

Enfin, encore faut-il prendre le temps de les regarder, les fleurs…. Ça, je vous le souhaite, et vous le suggère.

Chantal Rochette

Au Coin du Jardin

www.aucoindujardin.com

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