«Blogueurs» mis en demeure par Sainte-Adèle: censure et intimidation?

«Blogueurs» mis en demeure par Sainte-Adèle: censure et intimidation?
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Les carnetiers signifient leur appui à André Bérard

C’est la consternation dans le monde virtuel du blogue: deux carnetiers («blogueurs») laurentiens sont visés par une mise en demeure de la municipalité de Sainte-Adèle.

L’un de ces deux internautes, ****André Bérard****, à qui il est reproché des propos libelleux et diffamatoires qu’il aurait diffusés sur internet dans son blogue à l’encontre des conseillers municipaux et du maire de Sainte-Adèle Jean-Paul Cardinal, reçoit un appui tout spontané: c’est au tour de la communauté virtuelle de la libre expression de signifier son mécontentement.

Démontrant leurs appuis à André Bérard au moyen d’une affiche à l’effigie d’un bâillonné dont le slogan est «NON à l’intimidation et la censure», les blogueurs ne cessent de dénoncer l’intimidation dont le journaliste est victime. Quant au principal concerné qui a décidé de ne pas retirer ses billets et les commentaires émis par les internautes, il a réagi en disant de ne jamais avoir «dépassé les bornes»: «La mise en demeure ne stipule rien. Elle est très générale et ne pointe rien de particulier. Selon les deux avocats que j’ai consultés, il s’agirait simplement d’une tentative d’intimidation, explique André Bérard. «La question que je me pose maintenant est, pourquoi la Ville de Sainte-Adèle a décidé de dépenser les fonds publics pour cette mise en demeure? Tout cela se fait aux frais des contribuables quand même…»

Cette histoire rappelle étrangement celle du blogueur Français ****Christophe Grébert****, également bénéficiaire d’une mise en demeure en 2002 de la Ville de Puteaux pour avoir diffusé sur son site des articles puisés à même un journal d’information le Puteaux Infos. Pour avoir à nouveau récidivé en 2004, ce dernier sera rappelé en avril 2007 à la Cour d’appel de Paris.
«Cette action en justice du maire de Puteaux est grave pour tous les blogueurs, qui passent leur temps à citer d’autres sources. Si elle faisait jurisprudence, c’est la liberté d’expression sur internet qui serait mise en danger», souligne le Français mis au courant de l’affaire Saint-Adèle contre André Bérard et Luc Millette.

Sujet d’actualité sur de nombreux blogues depuis les derniers jours, la censure et la libre expression ont été à l’origine de nombreux débats. Même si aucune loi ne régit actuellement les blogues au Canada, la Californie a statué il y a quelques mois que les blogueurs ne pouvaient pas être poursuivis pour des propos diffamatoires publiés par d’autres internautes.

Soulignons que l’autre carnetier, Luc Millette, a décidé de se plier aux exigences de la Ville de Sainte-Adèle en gommant billets et commentaires émis sur son site.
«Toute cette histoire n’est en fait qu’une petite chicane commerciale, arrêtez d’en faire une cause mondiale. Une chicane entre la compagnie Maerix et la corporation municipale de la Rolland», écrit Luc Millette sur son blogue le Carnet de Ste-Adèle. « M. Bérard est un journaliste, il écrit dans un vrai journal. Je suis un simple blogueur qui parle d’une ville extraordinaire, avec des voisins super. Je n’aime pas les chicanes qui servent à rien. Et je n’ai rien à faire, je me souviens même pas d’en avoir parlé, de la chicane Maerix-Rolland. Maintenant que vous connaissez les acteurs principaux, la Corporation Rolland, Maerix, et le Blogue-Notes; SVP OUBLIEZ-NOUS moi et mon blogue!!!».

Notons qu’une lettre d’appui électronique réalisée par un internaute circule actuellement sur le Web via l’adresse du site du «gros bon sens»: www.grosbs.com.

****Le maire Cardinal n’acceptera pas les propos mensongers****

Catégorique et déterminé, le maire de Sainte-Adèle, ****Jean-Paul Cardinal****, a réitéré son intention de ne pas accepter les propos mensongers qui figurent sur le blogue d’André Bérard: «Je n’en veux pas après les articles de M. Bérard. Ce sont les commentaires mensongers qu’on peut lire à mon égard. En tant que blogueur, M. Bérard a le devoir de les filtrer. Que l’on me traite de voleur, je ne l’accepterai jamais », souligne le maire. « J’ai toujours répondu aux questions de mes citoyens et si ces derniers ont des interrogations à mon sujet, ils peuvent venir me voir. Identique pour M. Bérard. S’il veut s’adresser à moi, qu’il vienne à l’Hôtel-de-Ville»

Quant au principal concerné, André Bérard, il a souligné vérifier déjà les commentaires diffusés sur son blogue: «À plusieurs reprises, j’ai supprimé des opinions et des jugements que je trouvais mal adaptés au contexte de mon blogue.»

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