Un cas de la maladie débilitante chronique du cervidé dans les Laurentides

Le 10 septembre dernier, un premier cas québécois de maladie débilitante chronique (MDC) du cervidé est confirmé dans un élevage de cerfs rouges des Laurentides.
Un cas de la maladie débilitante chronique du cervidé dans les Laurentides
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Véronique Piché, collaboration spéciale

Pour la toute première fois au Québec, la maladie débilitante chronique du cervidé est détectée. Les autorités sont à pied d’œuvre pour endiguer le problème.

Un mouton tremblant. Une vache folle. Un chevreuil débile. Le 10 septembre dernier, un premier cas québécois de maladie débilitante chronique (MDC) du cervidé est confirmé dans un élevage de cerfs rouges des Laurentides. Une situation prise au sérieux par nos instances gouvernementales.

Programme de détection

Joint au téléphone, Yohan Dallaire-Boily, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), explique qu’un programme provincial de détection de cette maladie était déjà en place depuis une quinzaine d’années. «La MDC existe aux États-Unis depuis les années 1960 et elle est présente ailleurs au Canada. Le Québec avait déjà décidé d’en faire le suivi.» En ce sens, c’est à l’abattoir, lors de l’examen de la carcasse, que le cas a été découvert. Immédiatement, les autorités ont réagi.

L’élevage des Basses-Laurentides, d’où provient ce cerf, est en quarantaine. Outre le MAPAQ, l’Agence canadienne d’inspection des aliments y effectue des analyses. Au Canada, la MDC est une maladie à déclaration obligatoire en vertu de la Loi sur la santé des animaux. Selon M. Dallaire-Boily, l’abattage du troupeau reste possible. En effet, la maladie est contagieuse entre cervidés, notamment par la salive.

La MDC, c’est quoi?

Au même titre que la maladie de la vache folle ou la tremblante du mouton, cette infection cause une dégénérescence mortelle du système nerveux central de l’animal. Nicolas Bégin, porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), souligne la difficulté de détecter le porteur : «Le cerf infecté prendra de 18 à 48 mois avant d’en présenter les symptômes.» Ainsi, les signes cliniques tels les tremblements de la tête ou la maigreur excessive seront surtout observés en phase terminale de la maladie.

Les services fauniques ont eux aussi été dépêchés aux environs du site d’infection. «Nos biologistes veulent s’assurer qu’il n’y a pas de propagation en milieu naturel», dit M. Bégin du MFFP.

Au moment de publier cet article, le Ministère avait déjà annoncé la fermeture de certaines zones de chasse ainsi que l’enregistrement et la boucherie obligatoires pour tous les cervidés abattus dans un rayon de 45 km de l’élevage infecté.

Principe de précaution

Les données scientifiques actuelles n’appuient pas l’idée que cette maladie pourrait être transmise à l’humain, par contact ou consommation des tissus. C’est ce qu’a tenu à souligner le porte-parole du ministère de la Faune.

Mais dans ce dossier, toutes les instances appliquent le principe de précaution et déconseillent de manger d’une telle viande. La MDC, autrefois à nos portes, maintenant chez nous.

Témoin d’une activité de chasse dans les zones interdites ou d’un cerf présentant des signes de MDC:

Composez le 1 800 463-2191 ou visitez centralesos@mffp.gouv.qc.ca.

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