Deux MRC dénoncent les compressions en transport collectif

Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)

La MRC des Laurentides et la MRC des Pays-d’en-Haut dénoncent les compressions récemment imposées par le gouvernement du Québec au Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC), des coupes qui menacent directement le maintien des services offerts par Transport adapté et collectif des Laurentides (TACL), dont elles assument conjointement la responsabilité.

Selon les deux MRC, le financement accordé dans la nouvelle mouture du programme est inférieur aux attentes. Pour la période allant du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027, un manque à gagner de 750 000 $ est anticipé. Cette situation compromet la capacité de maintenir l’offre actuelle de transport collectif, alors même que la demande est en croissance sur le territoire.

Un financement réduit et imprévisible

Les MRC soulignent aussi le caractère tardif de l’annonce du gouvernement. La nouvelle version du PADTC a été rendue publique au début de décembre 2025, soit après l’adoption des prévisions budgétaires 2026 des deux MRC.

« Quand on fait des budgets, ce qu’on a besoin, c’est de la prévisibilité », a expliqué la préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut, Catherine Hamé, en entrevue avec Accès. Elle rappelle que le milieu municipal ne peut faire de déficit, ce qui rend les ajustements en cours d’année particulièrement complexes.

Selon Mme Hamé, ces compressions accentuent la pression financière sur les MRC et forcent les élus à envisager des décisions difficiles. « Il va falloir trouver d’autres sources de financement si on ne veut pas couper le service », affirme-t-elle, tout en précisant que la réduction de l’offre est difficilement envisageable. Le transport collectif est, selon elle, « absolument essentiel » dans la région, notamment pour les étudiants qui doivent se rendre dans les établissements d’enseignement, les travailleurs et les aînés.

Conséquences pour la population

Les deux MRC estiment que ces compressions vont à l’encontre des besoins réels de la population et des objectifs gouvernementaux en matière de mobilité durable. Elles rappellent que leurs territoires font face à des enjeux particuliers, tels que le vieillissement de la population, l’isolement social, les changements climatiques et la mobilité des villégiateurs et des touristes.

« Le transport collectif est essentiel à l’inclusion sociale, à la vitalité économique et à la transition écologique de nos territoires », a déclaré le préfet de la MRC des Laurentides, Marc L’Heureux, dans le communiqué. De son côté, Catherine Hamé insiste sur les impacts humains des compressions. « En région, on vient encore s’en prendre aux plus vulnérables », soutient-elle, évoquant les risques accrus d’isolement social et les difficultés d’accès à l’emploi et aux services.

Les MRC déplorent par ailleurs l’absence de leviers financiers adaptés à leur réalité. Une part importante des usagers du réseau est composée de villégiateurs, d’excursionnistes et de touristes, sans que des mécanismes permettent actuellement de les faire contribuer au financement du transport collectif. Des modes de financement alternatifs, comme ceux liés aux plaques d’immatriculation, pourraient être réexaminés.

Les deux MRC demandent donc au gouvernement du Québec de rétablir les sommes coupées et d’ouvrir le dialogue sur des solutions de financement durables. Elles insistent sur leur volonté de collaborer avec le ministère des Transports et de la Mobilité durable afin d’assurer la pérennité d’un service jugé essentiel à la population.

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