(Photo : Archives)
Le dossier de la Croix de Sainte-Adèle, qui oppose la Ville et le Groupe Lupien depuis 14 ans, se poursuivra devant les tribunaux.
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Croix de Sainte-Adèle : Nouvel échec de la conciliation

Par Simon Cordeau

Pour une quatrième fois en 10 ans, une conférence de règlement à l’amiable (CRA) a eu lieu entre le Groupe Lupien et la Ville de Sainte-Adèle, au palais de justice de Laval, le 18 août. Et pour une quatrième fois, la tentative de conciliation judiciaire a échoué. Le dossier de la Croix de Sainte-Adèle, qui dure depuis 14 ans, se poursuivra donc devant les tribunaux.

Joint au téléphone, Marc Lupien espérait que cette nouvelle tentative règle le dossier. « Ç’a été initié par le juge coordonnateur qui a ces dossiers depuis plusieurs années, et donc qui connaît très bien ces dossiers et les demandes. […] C’était une dernière tentative du juge. S’il peut y avoir une entente, c’est lui le mieux placer pour savoir quelle serait cette entente. »

Toutefois, la CRA s’est soldée par un nouvel échec. Comme les deux partis sont liés par une entente de confidentialité, il n’est pas possible de savoir les détails des négociations qui ont eu lieu. Cependant, Simon Filiatreault, directeur général de la Ville de Sainte-Adèle, a résumé les choses ainsi : « L’écart entre les demandes et les offres était trop grand pour s’entendre. »

Des positions irréconciliables

M. Filiatreault précise que cette démarche de conciliation concerne un dossier connexe à la Croix. « La question de la servitude pour la Croix a été réglée en 2014. Ce qui reste comme litige, c’est le Groupe Lupien qui poursuit la Ville en dommages et son refus de se conformer au jugement de 2014. C’est M. Lupien qui poursuit la Ville, et non pas le contraire », souligne-t-il.

Le Groupe Lupien intente une poursuite de 13 millions de dollars contre des membres présents et passés de l’administration municipale et du conseil municipal. M. Lupien souhaite aussi être exproprié de ses propriétés (tout en étant compensé financièrement), puisque, selon un rapport d’experts, celles-ci ont perdu de la valeur, affirme-t-il. « Les propriétés sont devenues invendables, à cause des tentatives par la Ville de détruire les barrières, de détruire le bâtiment principal, de détruire l’aménagement paysager […]. Si je ne suis pas capable de vendre à cause de la Ville, la Ville est la seule qui peut vendre. »

À cela, M. Filiatreault répond : « Une expropriation, c’est un litige qui se décide devant les tribunaux. On ne règlera pas un litige en en créant un autre. Et si M. Lupien veut se débarrasser de sa maison, il n’a qu’à la mettre en vente, ce qu’il n’a jamais fait jusqu’à maintenant. »

Un dossier qui dure

Si le dossier traine devant les tribunaux depuis si longtemps, M. Lupien croit que c’est en raison de l’avocat de la Ville dans le dossier. « En réalité, ce n’est pas la Ville qui mène. Le trait commun, depuis le début, c’est Me Gervais. Il a facturé au-dessus de 4 millions de dollars en honoraires. C’est lui qui garde le litige en vie, parce que c’est payant. »

M. Filiatreault a défendu avec force l’avocat de la Ville. « Me Gervais fait un excellent travail, et c’est la raison pour laquelle M. Lupien voudrait le faire enlever du dossier. Le seul qui se plaint de son travail, c’est M. Lupien. » Le directeur général soutient quant à lui que le litige s’étire en raison de M. Lupien. « Depuis que je suis à la Ville, il y a eu 3 maires différents; et 5 ou 6 depuis le début du dossier. Personne n’a jamais réussi à régler. Tout le monde à la Ville a changé au complet, plusieurs fois. La seule variable qui reste la même, c’est M. Lupien. »

Réaction de la mairesse

Jointe au téléphone pendant ses vacances, la mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière, a commenté le dossier ainsi : « Je termine mon mandat le cœur gros puisque, en 15 ans, le gouvernement du Québec n’a jamais souhaité venir en aide aux élus qui subissent du harcèlement et une pression incroyable dans ce dossier par de tierces personnes. Un élu ne devrait pas avoir à se faire dire comment voter et quoi faire comme résolution sous peine d’avoir peur d’être poursuivi personnellement. Bref, je souhaite bonne chance au prochain conseil de ville dans le dossier. Il est temps qu’un jugement soit prononcé afin que les citoyens regardent la Croix sans amertume. »

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2 Comments

  1. Alain Daviault

    Un dossier qui entache la vie de toute la population de la MRC. Une demande au gouvernement provincial devrait être transmise afin d’intervenir. Une coalition des Maires et Mairesses devrait obliger la MRC à se positionner au dossier.

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  2. Martin Verronneau

    Ce qu’affirme Me Filiatreault est FAUX. Un très grand nombre d’Adélois(e)s se plaignent du travail de Me Francis Gervais. Rappelons qu’il avait été congédié par le Maire Claude Descôteaux!
    En novembre 2009, le Maire Réjean Charbonneau négociait une entente déjà amorcée par le Maire sortant Claude Descôteaux et la compagnie d’assurance. C’est le conseil de ville à l’unanimité qui a voté CONTRE un retour en CRA. Inutile de dire que Mme Nadine Brière n’a JAMAIS consulté ses concitoyen(e)s du District 1 avant de voter en notre nom.
    En mai 2016 le Maire (minoritaire) Robert Milot avait une entente. C’est le conseil de ville à la majorité qui a voté CONTRE. Et devinez quoi… Mme Nadine Brière n’a JAMAIS consulté ses concitoyen(e)s du District 1 avant de voter en notre nom.

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