Défendre nos forêts: plus qu’un enjeu, une nécessité

Vue aérienne du territoire de Wentworth-Nord entouré de terres publiques non protégées.
Défendre nos forêts: plus qu’un enjeu, une nécessité
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Protection des terres dans les Laurentides

Françoise Le Guen – Le promoteur du Domaine du lac St-Victor, Gino Ramacieri, tire la sonnette d’alarme quant au choix du gouvernement de protéger des terres dans le nord, inaccessibles, au détriment de celles du sud. Il en reste peu dans les Laurentides alors qu’elles sont vitales sur bien des points, notamment la protection de la nature et de la faune, et essentielles à l’équilibre humain, particulièrement celui des jeunes.

« On travaille depuis 15 ans pour que les terres publiques d’ici soient protégées. Dans la MRC des Pays-d’en-Haut, Wentworth-Nord et Saint-Adolphe-d’Howard sont les rares endroits où il y a encore des terres exploitées par les ressources naturelles. Il y a urgence d’agir », indique-t-il.

M. Ramacieri a développé un projet écoresponsable à Wentworth-Nord dans lequel il a fait don d’une partie de ses terres pour le transformer en parc et a regroupé le reste de ses terrains en plus grands lots, au lieu de les fractionner pour augmenter les profits. de les fractionner pour augmenter les profits. Inaccessibles Le gouvernement s’était engagé à atteindre des objectifs de 17% de terres protégées d’ici 2020, un objectif canadien que les autres provinces satisfont alors que le Québec en est à 9,4% (selon le dernier bilan).

Or, il apparaît que le gouvernement protège des terres, oui, mais la majorité est inaccessible, car située dans le nord. « Cette tentative du gouvernement d’atteindre les pourcentages est une aberration d’autant plus grande que les forestiers ne soumissionnent pas aux appels d’offres et que sur le plan économique, la rentabilité des coupes forestières dans notre secteur est minime. Et cela n’apportera rien à la population des Laurentides », déplore M.Ramacieri.Rappelons par ailleurs qu’en juillet dernier, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec dénonçait « l’attitude et les agissements du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), qui mettent en péril l’atteinte de l’objectif de protéger 17% du territoire au Québec. »

Gino Ramacieri, l’intendant des terres et promoteur du Domaine du lac St-Victor à Wentworth-Nord. PHOTO: Courtoisie

Un document interne obtenu par la SNAP Québec démontre en effet que « le MFFP travaille en coulisses à éviter la création d’aires protégées dans le sud du Québec et à reléguer la quasi-totalité des nouvelles aires protégées dans les seules régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec. »

Pour les générations futuresProtéger les terres, ce n’est pas seulement générer des ressources de bois et protéger la faune. C’est aussi les préserver du développement abusif. C’est surtout la source de l’équilibre humain, notamment celui des enfants.

« On a travaillé très étroitement avec la communauté pour développer des éco-écoles au Québec. Le but est que les enfants aient une accessibilité à la nature, et des terres dans le nord ne vont pas nous aider à lutter contre les problèmes graves de société comme le syndrome de déficit en nature, un fléau mondial documenté par des études », avance Gino Ramacieri.Des éco-écoles sont mises sur pied partout dans les autres provinces et dans le monde, mais n’existent pas encore au Québec. « Et sans les forêts, elles deviendront impossibles. Les enfants des grands centres n’auront aucun moyen de retrouver leur équilibre. »

Protection des terres sur le plan local De son côté, l’organisme Éco-Corridors Laurentiens, organisme à but non lucratif qui a pour mission de favoriser la protection des milieux naturels dans la région des Laurentides, travaille à faire avancer les choses.

« Ici, on veut faire reconnaître au moins 12% du territoire comme aires protégées, parce qu’en ce moment, on est aux alentours de 7,8%, un retard majeur qui aura de graves conséquences », rappelait la biologiste Kim Marineau, présidente de l’OSBL qui, lors du dernier colloque Rendez-vous conservation Laurentides, sonnait l’alarme quant à la protection des terres.

L’organisme souhaite relier le parc national d’Oka au parc national du Mont-Tremblant par un réseau d’écocorridors et d’aires protégées interconnectées, traversant le territoire des Laurentides.

Du côté du gouvernement Interpellée récemment, Isabelle Melançon, ministre de l’Environnement, soutenait que « les projets étant de plus en plus avancés, la cadence s’accélère afin qu’on puisse atteindre nos cibles partout dans le territoire québécois ». Cette dernière ajoutait cependant que « le travail est plus difficile dans le sud parce qu’il y a plus d’enjeux économiques, mais les engagements qu’on a pris sont des objectifs gouvernementaux. Les ministères concernés travaillent ensemble à l’atteinte des objectifs. »

Une question se pose à l’approche des élections: que feront les députés élus pour défendre leur région et préserver leur patrimoine naturel?

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