DOSSIER EXCLUSIF: L’HUMANITAIRE DANS LES LAURENTIDES

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«J’ai appris à faire des tresses avec des mauvaises herbes, il n’y avait pas de poupée chez-moi…» – Cadie Tou

Je me souviens…

Chignon sur rue à Saint-Sauveur, avec des services capillaires tels: tresses, extensions de cheveux, postiches et perruques, Cadie Tou et sa cousine Fatou ont un sens développé de l’esthétique, mais elles ont en commun quelque chose de beaucoup plus grand. En effet, une vocation humanitaire s’active autour de l’enseigne Passion noire, il s’agit de l’aide concrète aux enfants Sénégalais et Ivoiriens. C’est sur les bases de ce salon unique que furent jetées les bases de ce projet unique.

Don de soie…

Respectivement de Côte d’Ivoire et du Sénégal Cadie et Fatou procèdent depuis deux ans à la collecte de vêtements, fournitures scolaires, nourriture sèche, jouets, accessoires et vélos, qu’elles acheminent en Afrique. Quand ce ne sont pas elles qui traversent l’océan, elles ne ratent pas l’occasion de confier à des parents, clientes ou amis, une ou deux valise remplies de vêtements. Chacun de ces envois représente un pas de plus vers un enfant en difficulté. Depuis qu’elles font des valises, l’intégralité des bénéfices dégagés sont directement attribués à des familles vulnérables. On imagine bien que ces deux jeunesses auraient très bien pu se conforter dans l’abondance occidentale pour vite oublier la pauvreté et le passé difficile, et il eût été à la limite légitime pour elles d’agir ainsi, mais non… Cadie épaulée par sa cousine, s’organisent – et c’est là que le terme organisme prend tout son sens – pour supporter leurs familles, amis, compatriotes…

Prêt-à-porter…

Ainsi grâce à cette chaîne de solidarité plusieurs fillettes et garçons ont revêtu des habits d’ici et ont pu remplir des cahiers à colorier… Cadie Tou, la propriétaire de Passion noire, est elle-même issue d’une famille pauvre: «Je sais d’où je viens, de quoi je suis faite, et justement je connais réellement les besoins. J’ai appris à faire des tresses avec des mauvaises herbes car on ne pouvait acheter de poupée chez-moi». Elle ajoute qu’elle comprend très bien la méfiance des gens par rapport aux dispositifs et organismes de type caritatif, quand il s’agit de faire des dons, «dans le passé des argents ont été détournés à des fins personnelles au détriment des démunis, et c’est bien triste, mais moi ça fonctionne de main à main, vraiment rien à craindre, même que parfois je suis gênée de ne pouvoir offrir davantage». Et qui plus est! Si le concept de développement durable est galvaudé et n’est qu’un gadget supplémentaire pour des campagnes publicitaires Cadie ne se sent pas interpellée, «je ne fais pas cela parce que le terme «durable» est dans le ton. Mon œuvre est bien réelle, elle est avant tout pratique et concrète, si elle contribue au développement durable tant mieux ». De toutes façons, la démarche de Cadie s’inscrit résolument dans une logique de consommation éthique.

Cadie Tou est présentement en démarche pour l’obtention du statut d’organisme au sens de la loi afin de pouvoir récolter des dons. Une fois ce volet administratif réglé, et les moyens logistiques efficients, elle souhaite trouver un conteneur. Celui-ci permettra des envois plus importants, ponctuels, et moins onéreux en bout de ligne. En attendant, Cadie demande à tous de commencer à faire des dons à partir du printemps 2007 ou encore de s’informer au salon. «Je sais, ça fait drôle d’autant plus que nous sommes plus généreux à l’approche des fêtes, l’ennui c’est que pour l’instant je n’ai pas de lieu où storer le matériel donné».

Pas de sot-vêtement

Quoiqu’il en soit, partout la coiffure fait sens et même lorsqu’on la réduit uniquement à un critère esthétique, elle continue malgré tout à véhiculer un discours sur soi et sur sa culture. Chaque coiffure est bien plus qu’une mode, elle est un élément de sens pour comprendre une culture. Chez Passion noire l’atmosphère est rythmée, un filet d’encens parfume le lieu calme où des idées généreuses prennent naissance. Les filles parlent d’éventuels défilés bénéfices, d’activités de levées de fonds etc…À la recherche d’un relooking qui vous révélerait? Un je ne sais quoi d’exotique? Passion noire est ce genre d’endroit où la coiffure devient liberté. Elles vous parleront de leur besoin d’aider dans leur pays. Elles vous diront que le peu, le très peu que vous pouvez faire, faites-le quand-même. Le sentiment est irremplaçable. Cadie et Fatou, ambassadrices d’espoir et de dignité.

Passion noire

27 A, de l’Église

Saint-Sauveur

450-227-6437

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