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Pétrole irakien

Par leo-paul-lauzon

George W. Bush et les Américains ont envahi l’Irak sous le prétexte fallacieux des liens tricotés de Saddam Hussein avec Al-Qaeda, de son arsenal d’armes de destruction massive et de sa bombe nucléaire en phase d’élaboration. En prime, les bons yankees voulaient rétablir la démocratie et la liberté en Irak. Tant de bonté désintéressée m’émeut aux larmes. Les invasions américaines partout dans le monde sont avant tout des guerres humanitaires qu’ils disent tel que titré dans La Presse du 1er avril 2003: «Les guerres américaines servent les droits de l’homme, selon un rapport de Washington». Vraiment touchant! Mais, comme vous le savez sans doute, tout ça n’était que mensonges grossiers comme nous le signale La Presse du 24 janvier 2008: «Les 935 «mensonges» de l’administration Bush sur l’Irak». Au moins, il ne s’est pas rendu à 1000 menteries, d’où l’expression «Plus menteur que Bush tu meurs».

Comme toujours et ailleurs, le seul but des Américains était purement hégémonique et visait à s’emparer du pétrole et des autres biens en Irak que les transnationales américaines se sont d’ailleurs appropriés sans aucune gêne. Même l’Américain Alan Greenspan, qui a présidé la Réserve fédérale pendant plus de 18 ans et qui se définit lui-même comme un républicain libertaire très à droite, l’a dit tel que rapporté dans La Presse du 17 septembre 2007: «Cela m’attriste qu’il soit politiquement inopportun de reconnaître ce que chacun sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole».

Ayoye! Même l’ancien premier ministre libéral du Canada, Jean Chrétien, l’a répété dans La Presse du 26 novembre 2007: «Bush a envahi l’Irak pour le pétrole, croit Chrétien». Malgré tous les travers que l’on peut lui reprocher, Chrétien a toujours refusé de suivre Bush et d’embarquer le Canada dans cette sale guerre. Dans un autre article de La Presse du 27 juin 2008 intitulé: «Les bases militaires et le pétrole. Des enjeux majeurs en Irak» et signé par l’excellent journaliste Jooneed Khan, malheureusement parti à la retraite, lui qui était un des meilleurs journalistes au Québec avec évidemment Louis-Gilles Francoeur du Devoir, il est écrit: «Le pays a été détruit, des centaines de milliers de civils ont été tués, des millions se retrouvent comme déplacés ou réfugiés». Tous ces morts et toute cette détresse extrême pour assouvir les intérêts impérialistes des States. Et dire que Stephen Harper, notre très cher premier ministre conservateur canadien, trouve ça correct et aurait envoyé des forces armées canadiennes en Irak pour appuyer ses amis, s’il avait été premier ministre au moment de l’envahissement de même que le chef du parti libéral du Canada, Micheal Ignatief qui trouvait ça très bien d’attaquer l’Irak. Allô intellectuel!

Faut dire mes amis que l’Irak détient les troisièmes réserves pétrolières mondiales prouvées et extrait un pétrole de très haute qualité à coûts d’extraction et de production peu élevés que nous signale cet article du Journal de Montréal du 24 août 2006: «Un marché risqué convoité. Les pétrolières salivent (sic) à la perspective de l’ouverture du secteur de l’or noir». Ces pétrolières sont évidemment les Américaines Exxon Mobil, Chevron Texaco, BP Amoco et d’autres. Et le ministre irakien du pétrole, un porte-queue infâme des Américains, nous dit le plus sérieusement du monde: «Il y a eu une sélection naturelle (sic) des pétrolières retenues. Ceux qui ont fait connaissance avec nous (sic) seront en bien meilleure position». C’est-à-dire ceux qui ont fait partie de l’invasion de l’Irak et qui l’ont financée.
«Un proche de Bush sera chargé des privatisations» de toutes les entreprises publiques en Irak que nous dit le Devoir du 9 août 2008. Après le bradage aux étrangers occidentaux des banques et du pétrole vint évidemment tout le reste. Et, c’est Bush lui-même qui décida des heureux élus, soit ceux qui allaient hériter des biens publics et des ressources naturelles de l’Irak. Prenez un numéro… les copains d’abord que chantait George Brassens. Dans tout ça, dites-moi elle est où la liberté des irakiens et la démocratie en Irak? Le «proche» choisit par Bush fut Thomas Foley, un homme d’affaires prospère ayant recueilli d’importants fonds pour les républicains et pour la campagne électorale de Bush. Un service en attire un autre comme le dit la maxime. Tiens, tiens: «À qui appartiendra le pétrole irakien? La loi sur les hydrocarbures retirerait la majorité des gisements de pétrole du contrôle de l’État» que nous signale Le Devoir du 19 mars 2007. Ce qui devait arriver s’est finalement concrétisé en 2008, tel que nous le signale La Presse du 20 juin 2008: «Irak. Retour des pétrolières», article dans lequel il est écrit que: «Les principales compagnies pétrolières mondiales s’apprêtent à faire leur retour en Irak à la faveur de contrats attribués sans mise en concurrence (sic)».

La meilleure est pour la fin, tirée d’un article du Journal de Montréal du 28 août 2008: «Eau et assainissement. L’Irak va emprunter 332M$ au Japon». Très intéressant. Premièrement, ce sont les Irakiens qui vont payer pour leurs aqueducs détruits par les Américains. Deuxièmement, comment se fait-il qu’un pays si riche en pétrole soit dans l’obligation d’emprunter avec gros intérêts, 332M$ au Japon? Il est où au juste l’argent du pétrole irakien? Je vous le demande. Tout simplement révoltant. Moi je vomis de tout mon être les Américains qui ont commis tous ces crimes. Au Canada, ils n’ont même pas eu à nous envahir pour s’approprier notre pétrole et notre gaz naturel. Tout simplement merveilleux. Nous sommes, et de loin, les plus colonisés de la planète. C’est dans l’allégresse la plus totale qu’on leur en ont fait cadeau. Nous sommes des exploités consentants. De vrais petits caniches.

Mais le plus répugnant est le contenu de cet article du journaliste Jooneed Khan, oui encore lui, paru dans La Presse du 14 décembre 2002 et intitulé «Des sanctions funestes pour les enfants» dans lequel on mentionnait qu’en douze ans, 700 000 enfants irakiens de moins de cinq ans (ça comprend pas les autres) sont morts suite aux sanctions imposées par l’ONU et les États-Unis contre l’Irak. Et l’ancienne secrétaire d’État américaine sous Bill Clinton, Madeleine Albright, devenue par après ambassadeur des États-Unis à l’ONU, d’affirmer en ondes sur le réseau NBC que: «la mort des enfants d’Irak, même si le bilan dépassait celui d’Hiroshima et de Nagasaki était «un prix justifié» pour obtenir ce que les États-Unis voulaient en Irak». Les mots me manquent pour qualifier la madame et son pays. Comme je suis chrétien pratiquant je vais faire preuve de retenue, ce que l’homme de Nazareth n’aurait certainement pas fait et m’aurait probablement traité de tiède. Je crois que le Nazaréen aurait littéralement explosé. Qu’il me pardonne ma retenue. Peu de personnes sont au courant de ce drame humain et les médias en parlent très peu. Mais, les événements du 11 septembre 2001 survenus à New-York on en parle et en reparle abondamment à chaque année. On sait bien, la mort d’enfants irakiens et d’Américains ce n’est pas pareil…

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