(Photo : Nordy - Sébastien Fleurant)
Les étangs aérés à Piedmont arrivent à capacité, et de nouvelles infrastructures seront bientôt nécessaires.

Égouts à pleine capacité : Saint-Sauveur impose un moratoire

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Après que Piedmont eut tiré la sonnette d’alarme, Saint-Sauveur suspend à son tour plusieurs projets pour protéger un réseau d’assainissement partagé.

À l’été 2025, la Municipalité de Piedmont avait déjà imposé un moratoire sur les nouvelles connexions à son réseau d’égout municipal, invoquant des inquiétudes quant à la capacité de l’usine d’épuration qu’elle partage avec Saint-Sauveur par l’entremise d’une régie intermunicipale. Ce premier geste visait à éviter que la croissance immobilière ne dépasse les limites d’un système déjà sous pression.

Saint-Sauveur freine à son tour

Le 18 février, le conseil municipal de Saint-Sauveur a adopté un règlement provisoire suspendant, dans son périmètre urbain, toute intervention susceptible d’augmenter les rejets d’eaux usées. Sont notamment visés la construction de nouveaux bâtiments, l’ajout de logements, certains agrandissements, les changements d’usage ainsi que le prolongement de réseaux d’égout et de rues.

La décision fait suite à une étude commandée en 2025 à la Régie d’assainissement des eaux usées Saint-Sauveur et Piedmont. Les résultats montrent que les infrastructures fonctionnent à 97,5 % de leur capacité, alors que les normes d’ingénierie recommandent de ne pas dépasser 95 % afin d’éviter des dommages au réseau et à l’environnement.

« Les gens viennent s’établir à Saint-Sauveur pour la qualité de notre milieu de vie. Ce règlement est un geste de prudence : nous refusons de prendre le risque de surcharger le réseau au détriment de la rivière du Nord, de nos quartiers et de notre environnement », a déclaré le maire Luc Martel.

Une approche harmonisée

À la suite de la séance du conseil municipal tenue le 2 mars, Piedmont a confirmé qu’elle se colle à la décision de Saint-Sauveur. La municipalité harmonise ainsi son approche avec celle de sa voisine afin d’assurer une gestion cohérente d’un réseau commun dont la marge de manœuvre est désormais très limitée.

La suspension adoptée par Saint-Sauveur peut demeurer en vigueur jusqu’à 24 mois, le temps d’exécuter les études nécessaires et de planifier les travaux requis pour augmenter la capacité de l’usine. Des exceptions demeurent possibles pour certains travaux n’entraînant pas d’augmentation du débit d’eaux usées.

Une consultation publique se tiendra le 23 mars à 19 h à la salle du conseil de la Ville de Saint-Sauveur.

Dans un contexte de croissance soutenue dans la région, les deux municipalités choisissent ainsi de ralentir le développement pour préserver un maillon essentiel de leur qualité de vie : leurs infrastructures.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *