(Photo : Courtoisie)
Les pellicules plastiques, ou PEBD, sont utilisées tant dans le secteur agricole que dans le domaine récréotouristique.
|

Détourner 838 tonnes de plastique des sites d’enfouissement

Par Simon Cordeau

Synergie Économique Laurentides (SEL) croit que 838 tonnes de plastique, par année, pourraient être détournées des sites d’enfouissement dans les Laurentides. « C’est seulement un potentiel », indique Diane Croteau-Labouly, chargée de projets, précisant qu’à terme, encore plus de plastique pourrait être recyclé.

SEL, qui promeut l’économie circulaire, s’est penché sur les plastiques orphelins dans la région : ces plastiques qui n’ont pas de débouchés et se retrouvent au dépotoir. L’organisme à but non lucratif (OBNL) a découvert l’omniprésence des pellicules souples et moulantes. Les polyéthylènes basse densité (PEBD) sont utilisés tant dans le secteur agricole, pour emballer les balles de foin, que dans les magasins à grande surface et les quincailleries, pour maintenir en place les marchandises sur les palettes, en passant par l’hivernisation des bateaux chaque automne. Et les recycler peut être un vrai casse-tête pour les entreprises.

Un défi logistique

SEL travaille d’abord avec les ICI : les industries, les commerces et les institutions. Les PEBD représentent 50 % des plastiques générés par les ICI au Québec. Pas en volume, précise Mme Croteau-Labouly. En poids. « En volume, c’est encore plus énorme. »

C’est ce qui rend ces plastiques si difficiles à recycler. « Ils ne pèsent pas beaucoup, donc ils sont très volumineux. Pour un conteneur plein, le tonnage va être beaucoup moins élevé qu’avec un autre type de plastique », explique la chargée de projets. « Dès que les quantités sont importantes, les entreprises ne peuvent plus les recycler. Le bac déborde. Elles ne veulent pas les jeter, mais ce n’est pas facile pour les entreprises de trouver des solutions. Elles ne peuvent pas juste appeler le recycleur. »

Par exemple, l’entreprise Modix à Lachute recycle ces pellicules plastiques en granules. « Mais ça prend une certaine quantité de matière, et elle doit être mise en ballots. Les entreprises n’ont pas de presses [pour faire les ballots], ni la capacité à entasser des tonnes dans leur entrepôt. » Mme Croteau-Labouly précise qu’il y a aussi un enjeu concernant la contamination, qui ajoute à la complexité de recycler ces plastiques.

Accompagner

C’est pourquoi le prochain objectif de SEL est d’accompagner les entreprises afin de leur simplifier la tâche. Par exemple, des transports mutualisés pourraient être organisés, pour rendre plus efficace le transport des plastiques et, par la même occasion, réduire les émissions de gaz à effet de serre. « On envoie les plastiques à un endroit commun où ils sont mis en ballots et entreposés. Et quand il y en a assez d’accumulés, on les transmet au recycleur », illustre Mme Croteau-Labouly.

« Notre projet était vraiment d’identifier le potentiel, pour ensuite passer à l’action. » C’est pourquoi l’objectif de recycler 838 tonnes additionnelles de plastique par année est conservateur. Seulement dans le milieu agricole, 635 tonnes sont générées dans les Laurentides. Là-dessus, SEL estime qu’entre 85 et 100 tonnes de plastique pourraient être recyclées en 2022.

« Qu’est-ce qu’on priorise en premier? On est conscient qu’on ne peut pas aider tout le monde. Donc on veut mettre en place un système, faire un changement de paradigme, et inspirer », soutient Mme Croteau-Labouly.

Plusieurs entreprises laurentiennes ont déjà manifesté leur intérêt. Le premier avantage pour elles est, bien sûr, la réduction des coûts. Mais il y a aussi un intérêt social. « Quand on sollicite des entreprises, plusieurs nous disent que l’intérêt vient des employés. Ce sont eux qui sont confrontés à tous ces déchets, tous les jours. Si chez moi, je fais l’effort de remplir mon bac, mais que mon entreprise jette tout, c’est décourageant. Ils veulent voir des changements. »

Au Canada, seulement 9 % du plastique est recyclé. Le reste se retrouve dans les sites d’enfouissement, est brûlé pour créer de l’énergie ou est tout simplement perdu dans l’environnement. « C’est une matière très problématique », insiste Diane Croteau-Labouly.

 

Photo : Courtoisie

NOUVELLES SUGGÉRÉES

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et les politiques de confidentialité et conditions de service de Google s'appliquent.