Incendie à Saint-Sauveur : un service qui se spécialise et s’ouvre à la région
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Avec l’arrivée d’une couverture 24 heures sur 24, le service incendie de Saint-Sauveur amorce un virage qui dépasse la simple protection locale.
À compter de la fin mai, le service incendie de Saint-Sauveur assurera une présence en caserne 24 heures sur 24. Une transformation majeure qui explique en grande partie la hausse de 23 % du budget du service incendie prévu au Budget 2026.
Pour le directeur du service incendie de Saint-Sauveur et de Piedmont, Lucka Plouffe, cette décision repose d’abord sur des enjeux opérationnels clairs. « Quand les pompiers doivent se rendre à la caserne avant de partir, on parle facilement de 8 à 12 minutes de plus avant le départ du camion », explique-t-il. « Quand il y a une intervention urgente et que la vie est en danger, chaque minute compte. » Avec une équipe déjà en caserne, le temps de réponse se trouve considérablement réduit.
Des spécialités coûteuses, mais stratégiques
Au-delà de la réponse aux feux, le service incendie de Saint-Sauveur s’est doté au fil des ans de plusieurs compétences spécialisées, notamment en sauvetage nautique, sauvetage sur glace et sauvetage en hauteur. « Offrir ces spécialités-là, ça a un coût. Il y a le coût de la formation, le coût du matériel et le coût des interventions », souligne Lucka Plouffe. « Mais ce sont des expertises qu’on est en mesure de maintenir parce qu’on va être en caserne en tout temps. »
Une expertise appelée à servir d’autres municipalités
Cette capacité accrue ouvre aussi la porte à une collaboration plus large avec les municipalités voisines. Des discussions sont en cours afin que certaines d’entre elles puissent contribuer financièrement et avoir accès à ces services spécialisés lorsque requis. « Ce qui est envisagé, ce n’est pas de partager le budget global du service incendie », précise le directeur. « On parle plutôt de facturation par intervention ou par spécialité, selon les cas. »
Une seule démarche est officiellement sur la table pour l’instant: l’intégration éventuelle du service incendie de Sainte-Anne-des-Lacs à celui de Saint-Sauveur, ce qui permettrait de répartir la facture entre trois municipalités.
Un nouveau cadre provincial à l’horizon
Lucka Plouffe rappelle aussi que le nouveau schéma de couverture de risques, attendu vers la fin de 2026, viendra modifier la répartition des appels d’urgence. « Le principe, c’est que ce soit la caserne la plus apte à répondre qui intervienne, peu importe la municipalité », explique-t-il. « Si on est en caserne et qu’ailleurs il n’y a personne la nuit, c’est Saint-Sauveur qui va répondre. »
Des revenus pourraient découler de cette nouvelle réalité, surtout à partir de 2027. « Pour l’instant, ce sont des discussions. Rien n’est encore officiel », résume Lucka Plouffe. « Mais clairement, le service incendie de Saint-Sauveur entre dans une nouvelle phase. »