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Juana Laurin retrouve ses parents au Guatémala

Par Luc Robert

La quête identitaire de Juana Laurin, dont Accès avait publié la primeur en mars 2021, a connu un dénouement heureux cet automne, alors qu’elle a pu retrouver ses parents biologiques en Amérique latine.

Née Juana-Iris Escobar, la Jérômienne participait à l’émission Enquête, de Radio-Canada, dont les recherchistes ont effectué des démarches pour plusieurs cas d’adoption douteux au Guatemala, survenus dans les années 1980 et 1990.

« Ça faisait plus de quatre ans de démarches personnelles intenses que j’effectuais. J’étais découragée et je me disais que ce serait mes dernières recherches pour retrouver mes parents biologiques. Ils m’ont appris chez moi, le 9 juin, les avoir retracés là-bas et qu’ils étaient disposés à me rencontrer. Ça a chambardé mon petit monde en une fraction de seconde », a avoué celle qui étudie en graphisme.

Retrouvailles

Rendu sur place en septembre, Juana et son conjoint Hugo Verrette ont pu faire connaissance avec l’entourage de sa famille d’origine. « Ça a comblé un vide. Mis à part mes accouchements, ça a été le plus beau jour de ma vie. Ce fut une première rencontre remplie d’émotions. Nous sommes demeurés chez ma mère biologique pendant notre séjour, du 12 au 25 septembre. On était huit en tout aux retrouvailles, avec mon demi-frère et mes demi-sœurs, en plus de mes parents, qui ne vivent plus ensemble. J’ai une sœur biologique, Ingrid, qui est deux années plus âgée que moi. Je veux prendre mon temps à les connaître. On demeure en contact. »

Juana a perfectionné son espagnol au cours des derniers mois. Sur place, l’amie de cœur de son frère, qui parle le français, a facilité les conversations.

« On s’est bien compris. Je voulais des réponses sur mes origines. L’anxiété et la joie s’entremêlaient. Je suis chanceuse d’avoir pu renouer avec eux, parce que les autres adoptés de l’épisode d’Enquête n’ont pu retrouver les leurs. »

Adoption internationale

Juana Laurin a retrouvé ses parents biologiques.

Retour vers le passé

Juana a évidemment demandé la grande question, à savoir pourquoi elle a fini en adoption, avant d’être accueillie par une famille québécoise.

« Être élevée par une bonne famille d’ici a aidé à calmer mes angoisses. Je suis reconnaissante d’avoir eu de l’affection de mes parents, de mon conjoint et de mes enfants. Mes parents étaient jeunes et non-éduqués à ma naissance. Ma sœur avait deux ans. La famille était pauvre et il était difficile de subvenir à nos besoins. L’État ne leur a pas donné le choix et j’ai été placée à l’orphelinat. Je comprends le contexte difficile auquel ils ont été confrontés. Mais je trouve ça triste que les autorités ne voulaient pas que ma mère me voit. »

Une autre alternative, voulant qu’elle soit ensuite élevée par ses grands-parents, n’a pu déboucher sur du concret. « À 8 mois, je me suis retrouvée à l’hôpital avec un fémur et un bras brisé, ainsi qu’une commotion cérébrale. On ne sait pas ce qui est arrivé. Mes parents biologiques ne seraient pas impliqués. Cela m’a causé des problèmes de santé. Je souffre de fibromyalgie (douleurs aux muscles et aux nerfs), j’ai un TDAH et je manque de concentration. »

Si la pandémie peut s’estomper, Juana espère retourner au Guatémala avec sa famille élargie dès 2022.

« Encore de nos jours, mon cerveau a tendance à effacer les souvenirs. J’ai ressenti le rejet et il me protège. Mais rencontrer mes parents m’a réconcilié avec le passé. Ça sera plaisant d’y revenir avec mes enfants et ceux de Hugo. On ne peut rattraper 35 ans de vie, mais on se forge des nouveaux souvenirs pour le futur. »

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