«L’affaire Guy Laleur – Le Palais du parjure»

«L’affaire Guy Laleur – Le Palais du parjure»
Actualité

Quand j’étais étudiant à la Fac de Droit – puis jeune avocat à Montréal, j’ai vite perdu mes illusions. Surtout en matières criminelles et familiales où le parjure était le lot quotidien des juges siégeant sur le Banc. Pour faire une histoire courte: le Tribunal doit départager le vrai du faux dans le cadre d’un processus que l’on veut contradictoire. Faut-il donc s’étonner qu’un Juge doive être à la recherche de la «Vérité» et trancher lorsque confronté à deux versions. En matière civile, devant des témoignages opposés (comme le dit le dicton: c’est ma parole contre la tienne…), on nous enseigne que le Juge doit prendre en compte le témoignage le plus crédible. Un principe «poli» pour nous dire qu’une partie est donc généralement non-crédible, donc mensongère.

En ce sens, le dossier de Guy Lafleur n’a rien de surprenant.

Le pauvre homme s’est contredit d’une audience à l’autre. Il a voulu protéger son fils, Mark. Le tintamarre autour de ce dossier est beaucoup trop gros. Pas que j’encourage les faux témoignages ou le parjure. Pas que j’encourage les parents à couvrir les erreurs de leurs enfants. J’ai – moi aussi – mon lot de problèmes avec mes ados, et jamais je ne couvrirai une action fautive.

Par contre, le traitement de la nouvelle en cette ère de l’infotainment m’écoeure royalement. Certains chroniqueurs s’en donnent d’ailleurs à cœur joie depuis la diffusion de la nouvelle. J’ai même lu cette semaine qu’au fond, Mark Lafleur n’est qu’une crapule… syndrome de la Tourette ou pas!

Et Vlan! Le tout écrit dans un grand quotidien de Montréal. Mark Lafleur… une crapule?

L’an dernier, un jeune garçon dans l’adolescence est passé par l’Hôtel de Ville. Il voulait que Monsieur le Maire l’introduise auprès d’humoristes. Il rêvait de faire carrière. Il était aussi affecté du Syndrome de la Tourette.

Difficulté à fonctionner dans la société, déconnection avec la réalité, bref: un cas à vous déchirer le cœur. Quand il m’a raconté sa jeune vie, j’ai appris qu’il avait été abandonné par le système. Ses parents – faute de moyens et de support dans cette épreuve – avaient lancé la serviette. Puis, je l’ai revu sur la Grand’Rue un matin, drop-out du secondaire. On l’avait expulsé pendant 5 semaines à cause d’un joint à l’école. La DPJ l’avait réprimandé, et l’école, expulsé. Dans la rue, à Huntingdon.

Ce jeune n’est pas une crapule.

Mark Lafleur n’est pas une crapule.

On a beau s’appeler Guy Lafleur ou Madame Y, le grand modèle Culbécois de sécurité sociale n’est plus là pour supporter et aider les personnes souffrant de problèmes de santé mentale. La désinstitutionnalisation est à l’agenda.

Il faut sauver de l’argent. Ce n’est pas Mark Lafleur qui est crapule mais le système de sécurité sociale du Cul-bec.

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