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Le projet de la Rolland en péril

Par Luc Robert - Initiative de journalisme local

Antoine et Joseph Maalouf auraient procédé en décembre dernier à un « acte de délaissement volontaire », concernant la propriété de l’usine de la Rolland et des quelque six terrains avoisinants, à Sainte-Adèle. Les immeubles ont à nouveau changé de mains depuis ce temps.

Un dénommé Laurent Lévy, qui dispose d’une adresse à Dollard-des-Ormeaux (Montréal), avait repris les immeubles, selon le rôle d’évaluation de la Ville de Sainte-Adèle. Il a transigé via une compagnie à numéro : 9222-9889 Québec Inc.

« La Rolland est déjà revendue à un autre développeur. Merci et bonjour », a brièvement commenté le courtier en prêt hypothécaire Lévy, de Centura Finance, au téléphone.

Les Maalouf s’étaient procuré la Rolland pour 2 M$ en 2015. Un méga projet récréotouristique de 250 millions de dollars était projeté sur le site. Mais après divers problèmes et retards, M. Joseph Maalouf avait ramené à 220 millions de dollars le coût du possible aménagement, lorsque cité en mars 2021 dans nos pages.

Les terrains étant de nos jours répertoriés « récréotouristiques », un nouvel acheteur devra effectuer des démarches de plusieurs mois pour espérer faire changer le zonage, s’il compte y édifier des habitations, a informé une source fiable à l’urbanisme.

En décembre 2021, Accès révélait que M. Maalouf devait près de 370 000 $ en retard hypothécaire. La Rolland disposait alors de 60 jours pour rembourser la somme impayée, le prêt étant déjà échu depuis le 10 septembre 2021. Un acte de délaissement volontaire était une des avenues étudiées pour régler le dossier.

M. Maalouf n’a pas retourné les appels d’Accès, pas plus que son avocat, Me Guy Dancosse.

Patate chaude

Avant l’achat de la Rolland par M. Maalouf, aucune offre d’achat valable n’était parvenue à la Ville de Sainte-Adèle, pendant plus de 3 ans.

En 2009, la ville injectait 600 000 $ par année au groupe de gestion La Rolland, afin qu’il ne fasse pas faillite. La Ville était alors cautionnaire pour 5 M$. La vente aux Maalouf aura permis à la Ville de récupérer annuellement près de 65 000 $ en taxes foncières.

Cependant, la Ville était sans nouvelles tangibles depuis plus d’un an des Maalouf, jusqu’aux développements de décembre 2021.

« Notre directeur général (Simon Filiatrault) me confirme que nous n’avons aucune nouvelle information, sinon qu’il a eu vent que M. Maalouf n’est plus propriétaire », s’est limitée à dire Mme Anouk Deveault, directrice des Communications et du Développement durable à la Ville de Sainte-Adèle.

Deux prêteurs

Le projet de M. Maalouf était financé par deux prêteurs, selon d’autres sources crédibles. L’un d’entre eux était M. Louis Massicotte.

« Depuis 2020, j’ai investi massivement dans un autre projet. J’ai mis la main sur 6 millions de pieds carrés de terrains des Maalouf, du mont Olympia en allant vers Sainte-Adèle, en longeant le Parc linéaire du P’tit Train du Nord. J’avais de l’intérêt pour l’usine et les autres terrains, mais j’ai préféré me concentrer sur notre projet innovateur, La Metsä », a-t-il précisé.

Rappelons que la Rolland représenterait près de 3 M$ sur la dette de la Ville. Il s’agit d’un projet coûteux, qui possède un historique de plus de 18 ans. Les récentes administrations municipales ont dû composer avec des décisions prises souvent bien avoir été élues.

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2 Comments

  1. Eric Veilleux

    C’était écrit dans le ciel depuis le jour un… Le retour des condos va enterrer l’esprit industriel et entrepreneurial collectif qui a fait de cet endroit une fierté pendant près d’un siècle. Quelle tristesse !

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  2. Guy Latendresse

    Encore Louis Massicotte, son nom sort souvent a Sainte Adele relié a des projets qui n’aboutissent pas !

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