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Les Laurentiens méconnaissent les plantes qui les entourent

Par Éric-Olivier Dallard

Pour le commun des mortels, hors du gazon, point de salut. Tout ce qui pousse sans qu’on le veuille est considéré comme de la mauvaise herbe. Deux herboristes de la région entendent prouver le contraire et faire découvrir à la population les vertus des plantes médicinales grâce entre autres, à des ateliers d’identification en forêt.
«Que ton aliment soit ton remède», disait Hippocrate, le père de la médecine. Mais les herboristes Johanne Morin et Danielle Trudeau seraient plutôt tentées de dire «Que ton terrain soit ta pharmacie». La première ne jure que par son «kit santé», un trio d’herbes composé d’ortie, de trèfle rouge et d’avoine, un mélange minéralisant qui peut tout aussi bien chasser les blues de l’hiver que faire diminuer les symptômes d’allergies. C’est d’ailleurs cette mixture qui a conduit les deux femmes à fonder le Grimoire aux herbes. Formée en 2001 par l’herboriste réputée Marie Provost (la Clef des champs), Johanne a tôt fait de susciter la curiosité chez sa nouvelle amie. «J’étais en plein déménagement, les enfants partaient en appartement, j’avais un nouveau conjoint, bref, je vivais beaucoup de choses en même temps», confie-t-elle. Élevée dans le confort de la pharmacopée traditionnelle et de son lot de pilules, celle-ci venait de découvrir un continent nouveau. «Pourtant, ma grand-mère nous guérissait avec du jus d’oignon», se remémore Danielle.

Du gros bon sens

Sans avoir la prétention d’être des thérapeutes ou des cliniciennes, les deux herboristes espèrent rendre les gens davantage autonomes par rapport à leur santé. «Avec le gros bon sens, disent-elles, on peut déjà faire beaucoup.» Danielle Morin a répertorié pas moins de 85 plantes médicinales qui poussent à portée de main. «Avec un peu plus de recherche, dit-elle, je suis convaincue que je pourrais en trouver trois fois plus.» Et la nature aime à rire. L’herbe à puce croît aux côtés de l’Impatiente du cap, qui en guérit les symptômes. Plus loin, une plante favorisant une prostate en santé en côtoie une idéale pour le système reproducteur de la femme… De l’identification à la préparation de mixture, en passant par des ateliers de cuisine impliquant des fleurs, racines, tiges et fruits, les deux herboristes aimeraient bien ramener les remèdes de grand-mère au goût du jour. «Quand tu apprends ce qu’il y a dans ton entourage, tu redeviens ami avec la nature», confie Danielle Trudeau. Des clubs de plein air et des groupes de femmes ont déjà bénéficié du savoir des deux femmes. «Il y a un de mes petits voisins qui voulaient faire quelque chose de spécial pour son père. On est allé cueillir des plantes pour son mal de dos et il a lui-même fait l’onguent pour le soulager. Il n’y a pas de mauvaise herbe et cet enfant-là l’a compris», lance Johanne Morin. À quand des ateliers dans les écoles?

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