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« Mission accomplie » pour le premier Sommet des sentiers patrimoniaux

Par Simon Cordeau

Le premier Sommet sur les sentiers de ski patrimoniaux s’est tenu le 28 mars, à l’hôtel Far Hills de Val-Morin. « C’est la conclusion de la première grande étape. On a planifié le projet de pérennisation des sentiers, rallié tous les acteurs, mobilisé la communauté et on s’est préparé à commencer la pérennisation elle-même. Donc c’est un moment charnière entre les préliminaires et le coeur de l’action », se réjouit Daniel Bergeron, président de Plein Air Sainte-Adèle (PASA) et idéateur du projet.

En 2021-2022, on a identifié 13 grands sentiers patrimoniaux, dont la Maple Leaf, la MOC, la Gillespie, la Johannsen, la Western et la Canadienne, qui forment l’ossature de base du vaste réseau qui faisait plus de 1 600 km à son apogée. L’objectif est maintenant de pérenniser ces grands sentiers et d’assurer la connexion entre les différents pôles du territoire, les municipalités et les lieux d’hébergement.

Mobiliser

Près d’une soixantaine de personnes ont assisté au Sommet. « La salle est tellement multisectorielle : la Fédération de ski, des gens des sociétés d’histoire, Tourisme Laurentides, des élus, divers fonctionnaires, des clubs de plein air, des organismes écologiques et de conservation… Et j’en oublie ! », indique André Goulet, de l’Institut des territoires (IDT). « Pour moi, c’est mission accomplie. »

Pour sa première édition, l’événement était sur invitation seulement, afin de concentrer les discussions sur les aspects plus techniques du projet et de mobiliser la communauté qui est déjà très active dans le domaine. « Mais il y aurait eu un grand intérêt à avoir un public beaucoup plus large. La communauté des skieurs était très intéressée. Mais on voulait apprendre dans un premier temps et en faire une petite réussite, pour faire croître l’événement éventuellement », explique M. Bergeron.

Informer

La première partie du Sommet se concentrait surtout à informer les participants sur l’historique des sentiers patrimoniaux, la teneur du projet de pérennisation, ainsi que les outils urbanistiques et légaux disponibles pour sa réalisation. Cela a aussi permis de partager « ce qui se fait de mieux » avec les autres acteurs de la région, explique M. Goulet.

Toutes ces informations seront accessibles au public sur un nouveau site web, sentierspatrimoniaux.ca, qui sera lancé sous peu, afin de la « démocratiser », souligne M. Bergeron. Les « techniciens de sentiers » auront aussi accès à des outils concrets, comme la cartographie des sentiers, les droits de passage, les blocages, un tableau de bord des progrès pour chaque sentier, etc. « Ça va instrumenter la collaboration », souligne M. Bergeron.

Celui-ci rappelle d’ailleurs que, toujours, il s’agit de travailler avec les propriétaires où passent les sentiers. Sans leur collaboration, la pérennisation est impossible.

« Les municipalités et les MRC, je crois que ce sont les acteurs les plus déterminants pour nous aider. Ils peuvent protéger par le haut, par les schémas d’aménagement et les plans d’urbanisme, en donnant un corps, une existence légale à ces sentiers-là », ajoute quant à lui M. Goulet.

S’engager

En après-midi, un atelier était dédié à la conception collaborative d’une première charte sur les sentiers de ski patrimoniaux. « C’est le vrai premier départ, en fait », souligne M. Goulet. Il compare l’initiative à la Charte des paysages naturels et bâtis des Laurentides, adoptée il y a 20 ans.

L’idée est de faire une déclaration politique, pour amener des changements réglementaires structurants. « Et nous, on la voulait citoyenne aussi. Donc on n’est pas arrivé avec un fait accompli : «Voici la charte. Êtes-vous d’accord avec ça ?» On va plutôt valider des choses ensemble », explique M. Goulet juste avant la tenue de l’atelier.

La Charte sera finalisée dans les prochains mois, puis sera signée par différentes organisations afin de concrétiser leur engagement envers la sauvegarde de ce patrimoine.

Financer

Enfin, plusieurs sommes d’argent ont été annoncées afin de financer le projet de pérennisation. Dans la MRC des Pays-d’en-Haut, le programme Signature & Innovation permettra de financer divers projets de pérennisation et d’interconnexion avec 1,6 M$, dont 1,3 M$ du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) et 300 000 $ de la MRC. La MRC a aussi créé une réserve de 125 000 $ par année minimum pendant 10 ans.

L’Institut des Territoires a annoncé qu’il ajoutera 100 000 $ à un fonds de dotation qui assurera la protection à perpétuité des terrains pérennisés par des organismes. Tourisme Laurentides a aussi profité de l’événement pour annoncer son Plan montagne, qui rendra également des sommes disponibles pour la pérennisation des sentiers.

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